‹ Histoire véritable des temps fabuleuxChapitre 86 sur 114 · IV. Boëthus suivi iinmëdiatement de Caeachôs ou Ghoûs · texte numérisé non relu

IV. Boëthus suivi iinmëdiatement de Caeachôs ou Ghoûs

Boëthus , dans la première dynastie de Manéthon , a pour successeur imipédiat , Kaiachôs ou Caeach6s ' , suivant Jule-Africain ; Choos , suivant Eusèbe.

Dans Choos , on peut aisément reconnoître le nom de Chus , frère aîné de Mesraïm , et nommé avant lui dans FEoriture *• Ce sont les deux premiers fils de Cham. Cœachôs ou Kaiachôs renferme aussi le même nom de Chus. Chus se trouve appelé Chum dans Eupolême cité par Eusébe * dans sa Préparation évangélique. Son nom y est traduit en grec Asbolos ^ , mot

■ Gènes. 11. 4* Civitatenti et turrim quam sedifîcabant fili& Adanu

* CSIfet adm, Adam. rîD*î&( adme ^ adamah, terra. ' Syncell. pag. 54* Kata^^ç pag. 55» Xoo(.

^ Gènes. 10% 6. Filii autem Cham : Chus et Mesraïm...

* Ëuseb. Praep. 1. 9, c. 17. Tov7ow ^t x^^/* ^*ov yma^ai Ao-ffoXo», 'KOLÏi^a $t Ai6(oitoy| à^cXyov è\ tov McapactfA, «a7cjpa ( forte 'Kalipoç) Acyvfr/iuv.

** AaSoioç, fuligo. tt?1D chux, chus, ffï^ urere. At9i«ip, facio exustâ.

37a MOERIS,

<jui signifie noir de fumée. Chus signifie en effet à peu près la même chose en hébreu. Eupoleme ajoute que Chus est frère de Mesraïm , père des Egyptiens.

Choos ou Chus , qui se trouve si près de Boëthus dans Manéthon , nous prouve donc ie plus en plus , que Boëthus est Mesr ou Mesraïm. Les Egyptiens ont pu les joindre à cause de la fraternité. Ce n'est cependant pas la seule raison ; ce n'est pas même proprement Chus ' qu'ils ont eu en vue ; c'est son fils Nemrod , dont l'Ecriture fait une mention spéciale , parce que ce fut le premier homme qui se rendit redoutable après le déluge. Les rabbins juifs , et les autres écrivains orientaux • , le mettent à la tête de l'entreprise de la construction de Babel. On voit pourquoi les Egyptiens ^ ont aussi fait une mention particulière.

Le nom de Kaiachôs ou Caeachôs , que Jule-Africain lui donne, est une preuve que c'est Nemrod, fils de Chus. « Cai , dit M. d'Herbelot * , en ancien persien , M signifie un géant et un grand roi. » On peut observer que ce mot approche de Gae, qui en hébreu signifie grand, élevé, superbe. Les Hébreux, qui ré pèlent le même mot , quand ils veulent exprimer le superlatif, disent * gae gae pour très-grand ; d'où vient que les Grecs ont aussi mis sous Ogygès , nom formé de gae gae , le déluge que Dieu envoya pour punir ïes crimes des hommes appelés géants.

L'Ecritui'e ^ dit que ces géants furent fameux anciennement , c'est-à-dire , avant le déluge. Le mot dont

■ Gènes, lo* 8. Porrô Chus genuit Nemrod ; ipse eœpit e«s«' potens in terra.

• Biblioth. orient* Voy. Nemrod.

3 Ibid. y^oy. Cai.

^ Ezod. i5. 3. nbtâ rt-KIl magnîGcando magnificatiis.

* Gènes. 6. 4'. Isti sunt potentes à seculo viri faïuosi.

MESRAÏM. Styl

elle se sert poui* exprimer cet ancien temps , est ' dubn^ qu'on prononce olam. Ce mot ressemble à dilm * ou Élam , ancien nom des Perses^. C'est sur ce fondement que les historiens Persans font régner en Elam ou en

Perse des rois géants , dès avant le déluge , conïme on le peut voir dans la Bibliothèque orientale.

Les historiens de Perse parlent beaucoup en partiçu-' lier de Caïcaous ^ second roi de leuï' seconde dynastie. Le nom de Caïcaous ressemble bien à celui de Gaïacôsy second roi de la seconde dynastie des Egyptiens.

Suivant quelques-uns de ces historiens , « on a im** 9 puté à Caïcaous la folie de vouloir escalader le ciel ^ >• ce qui convient assez bien, dit Jt. d'Herbelot ^^ avçd M le dessein extravagant de Nembrod et des autres con-^ M structeurs de la tour de Babel , de la manière qu'il e$t » touché difcns les livres saints. »

Aussi M. d'Herbelot observe-t-iï que , suivant un auteur persan , Nembrod est le même que Caïcaous. On peut également voir que c'est le Cseachôs des ^^f'' tiens , lequel ôe trouve immédiatement après Boëthu», C*est-à-dire , après Btsr, ou Mtsr, qui est Mesraïm.

Les Arabes dans leurs listes de rois d'Egypte *^ disent aussi que « Beisar , fils de Cam ^ étant assisté par Can- » cahendi ou Cancah l'Indien , personnage fameux par » son grand savoir, et surtout par son habileté en archî- » têcture , construisit plusieurs bâtiments superbes^ »

On peut voir que Beisar, fils de Cham ^ est Mesr ou Mesraïm ; et Cançahendi , Chachôs , ou Nemrod le Caflf ou géant , fils de Chus , à qui les orientaux attribuent

' tzh*\y SeculuAi.

• t3*?*y AElam, Persae.

* Bibl. orient. F"oy. Nemrodf.

4 HisU nniv. trad. tom. i, pâg. 5oà.

2yi MOEniS,

la construction de la tour de Babel. S^il est appelé Indien , c'est que les anciens ont confondu les noms de Chus , d'Indien et d'Ethiopien , à cause de leur couleur noire ) ou de leur visage brûlé *. Ces historiens arabes font deux rois différents de Beisar et de Mesr; c'est qu'ils ont eux-mêmes été trompés aux différentes pronciations du même nom , comme Diodore y a été trompé de son èoté , en mettant deux Busiris et un Myris , qui ne sont que le même Besr ou Mesr , c'est-à-dire, Mesraïm.

Matiéthon, dans la note qui nous reste sur Caeachôs •, dit que sous ce règne on mit au nombre des dieux les bœufs Apis à Memphis, et Méneus ou Mnéyis à Héliopolis y et le bouc de Mendës.

C'est en effet à Nemrod , qui est le Caï , ou géant fils dfe Chus , que les orientaux attribuent le commencement de l'idolâtrie , comme ou le peut voir à son article dans la Bibliothèque orientale '• Outre le nom même de * Nemrod , qui signifie rebelle, et que plusieurs interprètes entendent de sa révolte contre Dieu , il est dit dans l'Ecriture * qu'il commença à être puissant sur la terre , en hébreu gbr. Les mots ^ gbr, ahr ou abir, et chhr ou chbir, signifient tous , puissant. Les païens en ont fait des noms de dieux 7, comme on le voit par les dieux Cabires , adorés en Samothrace^ dont le nom est

' Usque coloratis amnis devexus ab Indis. Virgil.

• Syncell. pag. 54» Kaiax«5ç Iff îv ot ffotç ^iriç h BfcfA^t , xo!

-^ytv( ^y HXioviroXcc , xa) o Hey^K}V{0$ xpoéyo; /voftia6Y}9ay tlvac âUt.

• Bibl. orient, ^oy, Nemrod.

^ * T1D3 Nemrod. yHO rebellare.

' Gènes, lo. 8. Porrô Chus genuit Nomrod l ipse cœpit eue potens in terra.

• n3:i,n3K, 1M, potens.

7 Varo de ling. lot. lib. 4. In Augurum libris Diyi potes sunt> in Samothrace âtnl ^uva7ot.

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