MESRAÏM. S
a cependant plus de deux mille ans y il n'est point ai^ rivé de changement à cet égard : quinze ou seize coudées de cinie du Nil , suffisent encore pour arroser TE-» gypte î il n'est donc pas croyable qu'en moins de neuf cents ans , au compte d'Hérodote, le terrein se fût ainsi exhaussé de sept à huit coudées, car, à suivre la même proportion, il se seroit exhaussé depuis de vingt nouvelles coudées , et c'en seroit fait de la fertilité de l'Egypte.
D'où les prêtres égyptiens avoient-Ils donc pris ces huit prétendues coudées du temps de Mœris? car des assertions si précises ont presque toujours quelque fondement.
Nous avons vu dans l'article précédent que Mesraïm ou Mœris fut père de huit peuples ou nations s or le mot hébreu ' amuth, qui signifie nations, si-* gnifie aussi coudées. Les Egyptiens qui , en conséquence de leur bévue sur la thbe ou l'arche prise pour le pays de Thèbes,. avoient imaginé l'accroissement successif du terrein de l'Egypte, au lieu de huit nations descendues de Mœris, auront entendu huit coudées répandues de son temps ; et ils auront imaginé en conséquence, que sous son règne , le Nil ne s'élevoit que de huit coudées pour se répandre dans le pays.
Les huit nations d'un côté, qui descendoient de Mesraïm, suivant l'Ecriture ; de l'autre , le même nombre de coudées dont parloient les prêtres égyptiens ; le mot amuth , qui signifie nations et coudées ; la fausseté de l'assertion des prêtres égyptiens prouvée par une expérience de plus de deux mille ans^ tout nous
' flIDKnatioûesy tribui^ cubiti.
a8o MOEHTS,
indique que c'eat encore icî une bévue de leurs iaterprètes sur ce que dit l'Ecriture , et prouve en même temps de plu9 en plus , que leur roi Myris ou Mœris , est le Mesr ou Mesraïm de l'Histoire Sainte.