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BARRICADES DANS LE Y" ARRONDISSEIMENT

Jeudi 4.

Mairie du v^ — Vers 11 heures on commence les barricades. — On avait renversé deux cabriolets, mais sur les instances des cochers, on leur rend leurs deux cabriolets et on ne prend que des charrettes et des camions. En même temps la barricade de la rue des Petites-Ecuries et de la petite rue Saint-Jean, faubourg Saint-Denis, au coin du café Aubert. — Plus de troupes, plus rien, tout est retiré 5 s'étonnent de n'avoir aucune opposition. — On vient les écraser quelques heures après. — Le poste de la garde nationale est commandé par un nommé Vigoureux, marchand de vin, rue de la Fidélité, non démocrate, savoyard faisant de l'ordre, propriétaire, lieutenant. — Sommés de rendre les armes, les gardes nationaux rendent leurs armes sans violence. — On prend leurs fusils. — En tout 30 à 35 fusils. — Les camarades qui étaient là étaient Maillard, le fabricant de billards, Artaud son frère, père de quatre enfants, déporté à Cayenne, Longepied et son jeune fils, deux hommes de l'association des marchands de vin de la rue Sainte- Apolline, 10. — Doliger, d'Abbeville, homme de cœur, ami de Vasbenter et de Darimont, harangue au coin de la rue des Petites-Ecuries. — A ii h. 1/2 trente vont tambour en tète désarmer le poste Saint-Lazare. — Ils tirent seulement trois coups de feu, reçoivent cinq coups de fusil. — La troupe se retire. On prend le poste sans fusils, on en casse la porte à coups de crosse. Guérite abandonnée. — Il y avait dans la cour de Saint-Lazare, qui est un monde, deux cents sergents de ville et un bataillon d'infanterie.

Barricade élevée rue des Vinaigriers avec les pièces de bois du chantier. — Bien faite. Pouvait se défendre. — 25 ouvriers la défendaient, des tisseurs de la fabrique Dauphinot, quelques mécaniciens du chemin de fer du nordj des fusils pris à la garde nationale. Assaillis vers 3 heures 1/2, une demiheure avant la nuit. Se sont bien défendus. Ont lutté, même la barricade prise, de porte cochère en porte cochère. — 14 ou 16 ont été passés là au fil de la bayonnette. Crucifiés sur les pièces de bois de la barricade j teintes horriblement de sang encore trois jours après.

Les chasseurs de Vincennes ont cassé tant de vitres qu'on les a surnommés tout de suite les vitriers.

''> L'original contient un plan de la mairie et des rues adjacentes.

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