RUSSIE ET CHINE
tchensk; sur Tautre rive de l*Ainour, cq face, à Aïgoun, il signait quelques jours plus tard (16-28 mai 1858) un traité avec Teuvoyé chinois le prince I-cban, commandant en chef sur l'Amour. Ce traité ratifié par l'empereur de Russie le 8 juillet 1858 et par l'empereur de Chine le 2 juin 1858, rédigé en russe, en mandchou et en mongol, ne comprend que (rois articles; les Russes obtiennent la rive gauche de FAmour depuis TArgo un jusqu'à son embouchure; les Chinois gardent la rive droite jusqu'à l'Ousouri; « les territoires et endroits situés entre la rivière Ousouri et la mer, comme jusqu'à présent, seront possédés en commun par l'empire Ta Tsing et TEmpire de Russie, en attendant que la frontière entre les deux Etats y soit réglée » ; la navigation de l'Amour, de l'Ousouri et du Soungari est réservée aux Russes et aux Chinois. La ville de Khabarovka était créée au confluent de l'Ousouri et de l'Amour; elle prend de jour en jour l'importance que nous avions prévue jadis. A la suite de ces succès, Mouravief reçut le titre de comte Amoursky.
Traité de Tien-tsin. — D'autre part, le contre-amiral Euthyme Poutiatinc signait avec Kouei Liang et Houa Cha-na un traité à Tien-tsin le 1/13 juin 1858. Ce traité, en douze articles, marque que dorénavant les relations entre la Russie et la Chine n'auront plus lieu « comme autrefois par l'intermédiaire du Sénat, et du Li-fan-yuen, mais par l'intermédiaire du ministre des Affaires étrangères de Russie, et du premier membre du conseil suprême de l'Empire (Kiun-ki-lchou) ou principal ministre, sur la base d'une parfaite égalité ». L'ouverture de ports au commerce russe, sur le littoral le séjour de la mission ecclésiastique russe à Peking, l'installation d'un service de postes aux lettres entre Kiachta et Peking, etc., sont les principales stipulations.
Traité de Peking. — Cependant la guerre de 1860 augmentait les appétits de la Russie; aussi un traité additionnel est-il signé à Peking (2/14 novembre 1860) par le général-major Nicolas Ignatiev et le prince Kong. Par ce traité en 15 articles, les territoires entre l'Ousouri et la mer, au lieu d'être communs aux deux empires, appartiendront à la Russie;
la frontière sera donc les rivières Ousouri el Son'gatcha, le lac Hin Kaï jusqu'au Tou Men-kiang, la frontière coréenne, etc. Le traité est ratifié à Saint-Pétersbourg le 20 décembre, et promulgué le 26 décembre 1860. Le 20 février /4 mars 1862, une convention relative au commerce par terre était sig-née à Peking par le ministre russe, M. de Balliouzek, et complétée dans la même ville par le général Vlangaly, le 15/27 avr. i 869.
///• — L'Annam.
Tu'-Du'c. — Massacres de missionnaires ^ — Tu*-
Du'c, en remplaçant son père Thieu-tri sur le trône (1847), eut à lutter contre son propre frère Hoàngbào, ou An-phong, qui prétendait à la couronne. Tu'-Du'c avait cependant reçu l'investiture impériale chinoise à Hué, tandis que ses prédécesseurs avaient été obligés d'aller jusqu'à Hanoï pour l'obtenir. Hoàngbào, capturé, fut coandamné à la prison perpétuelle : il s'y suicida. On profita de cette révolte pour y impliquer les chrétiens et les poursuivre. Un édit fut rendu le 21 mars 1851, pour mettre à mort les prêtres européens et indigènes. Augustin Schoeffler, le 1**^ mai 1851 ; Jean-Louis Bonnard, le 1" mai 1852, des Missions Etrangères, furent mis à mort; l'évèque José- Maria Diaz fut exécuté le 20 juillet 1857; le père Sampedro subit le même sort en 1858. La France ne pouvait rester indifférente. Le 16 septembre 1856, le Catinaty commandé par M. Lelieurde Ville-sur- Arce, paraissait dans la baie de Tourane, mais Tu'-Du'c refusait d'entrer en communication avec lui; à son tour, le 23 janvier 1857, M. de Montigny arrivait à Tourane; il échouait également.
L'amiral Rigault de Genouilly. — Cependant la France ne perdait pas de vue ses intérêts en Cochinchine, et en 1857 une commission s'était réunie à Paris, présidée par le baron Brenier, pour examiner le traité signé par Tévêque d'Adran en