L'ANNAM
1787. Il fallait chàlier Taudace des Annamites et venger le meurtre des missionnaires français et espagnols. Le 31 août 1851, le vice-amiral Rigault de Genouilly paraissait devant Tourane, à la tète de quatorze bâtiments Le corps de débarquement comprenait des compagnies de marins, deux bataillons d*infanterie, une batterie d'artillerie de marine, plus un corps de tagals commandé par le colonel espagnol Lanzeroti. Le 1" septembre, les deux forts de Tourane étaient pris; Tamiral eut le très grand tort de s'attarder sur cette côte malsaine, où il perdit une partie de son effectif; il finit par comprendre que Tourane n'était pas le point vulnérable où il fallait frapper Tu'-Du'c, aussi quittait-il cette baie le 2 février 1859. Sept jours plus tard, il mouillait à Tembouchure du Donnai, et le 18 février Saigon tombait entre ses mains. Laissant dans celle ville le capitaine de vaisseau Jauréguiberry, Rigault de Genouilly retourna à Tourane, dont il obligeait les Annamites à lever le blocus (15 septembre 1859), puis il remettait le commandement au contre-amiral Page (1" novembre 1859).
L'amiral Page. — Les instructions laissées au contreamiral Page étaient des plus conciliantes : ne demander aux Annamites ni conlributions de guerre ni cession de territoire; liberté du culle, et nomination de trois consuls et d*un chargé d'affaires à Hué. Cependant, pour sa propre sécurité, Page était obligé do détruire les forts de Kien-chang au nord de la baie de Tourane. C'est dans celle affaire que fut tué le lieutenantcolonel Dupré Déroulède sur la Némésis (18 novembre 1859).
Nguyôn-tri-phuong. — Cependant la seconde guerre avec la Chine réclamait la plus grande partie de nos forces; Tourane était évacué le 3 mars 1860, et l'amiral Page ralliait l'amiral Charner, nommé commandant en chef des forces navales de Chine, laissant derrière lui à Saigon 800 hommes commandés depuis 1"' avril 1860 par le capitaine de vaisseau Dariès, successeur de Jauréguiberry; le colonel espagnol Palanca commandait en second. Nous occupions entre Saigon et Cho-lon quatre pagodes désignées sous le nom de Cayma, les Mares, les Clochetons et Barbet. Le général annamite Nguyèn-tri-phuong s'était établi entre les deux villes avec ses forces; dans la nuit
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du 3 au 4 juillet 1860, il attaqua avec 3 000 hommes les Clochetons occupés par les Espagnols, mais il fut mis en fuite.
Les amiraux Ghamer et Page. — La fin de notre g^uerre avec la Chine allait rendre libre notre escadre et Tamiral Charner était désigné pour en prendre le commandement contre la Cochinchine; avec le contre-amiral LafTon de Ladébat, comme chef d'état-major général, et le chef d'escadron d'élatmajor de Cools, comme chef d*élat-major des troupes, il concentrait 474 bouches à feu à Wou-song, qu'il quittait à bord de Y Impératrice le 24 janvier 1861. Il jetait lancre à Saigon le 7 février, et les 24 et 28 février il délogeait Nguyên-tri-phuong des lignes de Ki-hoa. Mais fatigué de sa double campag-ne, Charner laissait le commandement à Page, qui s'emparait de Mylho (13 avril 1861). A son tour celui-ci rentrait en France et le contre-amiral Bonard était nommé commandant en chef en Cochinchine le 8 août 1861.
L'amiral Bonard et le traité de Saigon. — L'amiral Bonard envoie le Narzagaray occuper Poulo-Condor, puis il complète la conquête de la basse Cochinchine par la prise de Bien-hoa (9 décembre 1861) et de Vinh-long (23 mars 1862). Ses succès obligèrent les Annamites à signer un traité à Saigon (5 juin 1862). La France était représentée par l'amiral Bonard, l'Annam par Phan Thanh-giàn et Lam Duy-nghia. La ville de Poulo Condor et les trois provinces de Gia dinh (Saigon), Dinh tuong (Mytho) et Bien-hoa nous étaient cédées; trois ports devaient être ouverts au commerce étranger : Cù-a-hân (Tourane), Ba-lat et Quàn-yen ; une indemnité de 4 millions de pias. très mexicaines devait nous être payée ; nous obtenions la liberté du culte, et l'Annam nous cédait ses droits sur le Cambodge. L'amiral Bonard s'embarqua le 30 avril 1863 pour la France, en laissant pour lui succéder l'amiral de La Grandière.
Exploration du Me-Kong. — La possession de Saigon devait fatalement nous conduire à explorer le grand fleuve qui arrose la péninsule indo-chinoise sous le nom de Me-Kong et le sud de la Chine sous le nom de Lan-tsan-kiang. Francis Garnier, sous le pseudonyme de G. Francis, avait lancé une brochure faisant ressortir l'importance de cette grande voie déjà