LA BIRMANIE
était venu s'installer à la cour d'Ava. En 1837, le roi Sagain- Meng, au pouvoir depuis dix-huit ans, était détrôné par son frère Tharàwadi-Meng. La capitale fut transportée à Amarapoura en 1838; cette ville, qui avait été construite sur la rive gauche de llrraouaddy à une lieue et demie d'Ava, par Badoun- Meng (Bodoahprà), fils d'AIompra, sixième roi de la dynastie, et occupée par lui le 10 mai 1783, resta jusqu*en 1860 le siège du gouvernement, tandis qu'A va ou Awà, Ratanapoura (en pâli), la « ville des pierres précieuses », fondée en 1364 par Thadomenge-bya, sur Tlrraouaddy, à l'embouchure de la Mytnge, fut déchue de son importance. Ce ne fut qu'en 1860 que Mengdoun- Meng établit sa résidence à Mandalay. Tous ces changements avaient été très funestes au major Henry Burney qui, après avoir eu à Ava comme résident anglais un séjour fort pénible, dut se retirer à Rangoun, de là à Calcutta et finalement revint en Angleterre. En 1838, le colonel Banson était envoyé à Ava par lord Auckland comme nouveau résident; mais, n'ayant pas mieux réussi que son prédécesseur, il revint au Bengale en 1839. Le capitaine Mac Leod, son second, qui s'était retiré à Rangoun jusqu'en 1840 (moment où les Anglais avaient quitté cette ville pour n'y revenir qu'après 1852), avait voyagé dans le Laos birman et était parvenu à signer un arrangement avec un des chefs de ce pays.
Seconde guerre birmane. — Sous les administrations successives de lord Auckland, époque du grand désastre d'une première campagne afghane, de lord EUenborough (1842-1844), de lord Hardinge (1844-1848), l'attention des Anglais avait été détournée de la question birmane pour se porter presque exclusivement sur le nord-ouest de l'Inde. Lord Dalhousie devait s'occuper à nouveau des intérêts britanniques en Birmanie en annexant le Punjab, en défaisant encore une fois les Sikhs, et en devenant maître du Pcgou, de l'estuaire de rirraouaddy, du territoire d'Oudh, en 1856, et de quelques autres territoires. Le plus grand des gouverneurs généraux des Indes Orientales peut-être depuis lord Clive, Dalhousie, complétant l'œuvre de ses prédécesseurs, lord Hardinge et lord Amherst, remettait en 1856 le pouvoir à lord Canning, après
avoir admirablement administré l*Inde pendant huit années fécondes.
En 1852, le 10 janvier, les Birmans, malgré une lettre du gouvernement des Indes qui leur reprochait toutes sortes de vexations commises au préjudice du commerce anglais et de mauvais traitements infligés aux négociants britanniques, et qui demandait satisfaction à la cour d*Ava, conmiencèrent les hostilités à Rangoun. La ville malgré de vigoureux combats, le 12 et 14 avril, tombait aux mains des Anglais, ainsi que Bassein le 19 mai suivant. Le major Cotlon et le commandant Tarlelon attaquaient en juin 1852 la ville de Pegou, et, le 20 décembre, le royaume était déclaré annexé aux autres possessions anglaises par lord Dalhousie. Ce qui subsistait de la Birmanie était isolé du reste du monde. En février 1853, Mengdoun-Meng, demi-frère de Pugan-Meng, roi depuis 1846, détrônait ce dernier à Amarapoura. Lord Dalhousie n'imposa pas de traité au nouveau souverain; il se contenta de continuer l'occupation du Pegou et d'affirmer ainsi la possession de l'Angleterre.
Mlsision à Ava. — Le nouveau roi Mengdoun-Meng comprit l'intérêt qu'il y avait pour lui à demeurer en bonnes relations avec les conquérants étrangers de l'Inde. De leur côté, les Anglais, tenant le gage, se contentèrent de nommer le major Arthur Phayre gouverneur du Pegou, et n'exigèrent pas la signature d'un traité, qui, dans les circonstances actuelles, pouvait déterminer de graves complications, peut-être même une guerre comme celle d'Alompra. Mengdoun-Meng, en 1855, envoya donc une mission particulière à lord Dalhousie, pour lui présenter ses compliments et lui montrer par là sa bonne volonté. Lord Dalhousie, pour lui rendre sa politesse, lui expédia le 1" août 1855 une ambassade spéciale; cette dernière quittait Rangoun, ayant à sa tête sir Arthur Phayre. D'après la lettre de lord Dalhousie à Mengdoun-Meng, du 3 juillet 1855, la mission de Phayre avait pour objet, de < confirmer l'alliance amicale qui est souhaitée par les chefs des deux grands Etats ; d'écarter toutes les causes de discorde possible entre eux, et d'encourager et d'augmenter le commerce, qui doit être égale-
ment utile à Tun et à Taulre ». L*occasion ne se présenta pas de signer un traité, ainsi que le désiraient les Anglais. Sir A. -P. Phayre, le premier, était nommé commissaire principal de la Birmanie anglaise, le 31 janvier 1862.
Mission de Sladen. — Par leur prise de possession du royaume de Pegou, les Anglais étaient forcément amenés à chercher dans les provinces sud-ouest de la Chine, spécialement vers le Yun-nan, des débouchés pour leur commerce. Le capitaine Richard Sprye fut le premier, en 1858, qui émit Tidée d'un chemin de fer qui se dirigerait de Bangoun au Yun-nan avec embranchements sur le Siam, le Cambodge, le Tong-King et TAnnam. La Birmanie et TAngleterre signèrent en 1867 un traité de commerce, et une exploration sous les ordres du major E.-B. Sladen, agent A Mandalay, fut organisée en 1868. Sladen quittant Mandalay le 13 janvier, arriva à Bhamo le 21 janvier, où il séjourna jusqu'au 26 février. Après une station de sept semaines à Momein, et un séjour à Ta-li, son retour à Mandalay eut lieu le 20 septembre de la même année. Parallèlement avait lieu, à la même époque, le voyage de la commission d'exploration du Me-Kong avec Doudart de Lagrée et Francis Garnier, partie de Saigon le 5 juin 1866.
Organisation des Tokuga^va. — L'organisation que lyeyas donna au Japon devait durer depuis 1603 jusq'uà la révolution de 1868; le shogoun était un véritable monarque absolu. — L'administration centrale était répartie entre six principales autorités : le cabinet des ministres (Tôbeya); la haute cour de justice {Ifyôdjôsho) ; la chambre des intendants {Kandjôsho); le chef de Tadministration des cultes bouddhique et shintoïste (Jishabugyô) ; le préfet de la ville de Yedo (Matsibugyô), et enfin la préfecture de police {Metsnkejô). — On peut dire que l'administration provinciale était entre les mains des grands