L'AGRICULTURE
40 millions de quinlaux. Grâce aux améliorations de la culture, le rendement moyen à Thectare a augmenté de près de 20 p. 100 en vingt ans.
La viticulture reçoit une grande impulsion par suite de la création des chemins de fer» qui ouvrent au vin des débouchés étendus à Tintérieur et à l'extérieur. La superficie cultivée en vignes s*élève vers 1865 à plus de 2 300000 hectares. La maladie de Toïdium, qui attaque la vigne vers 1850» réduit la production d'une manière considérable pendant quelques années; mais à partir de 1856 celle-ci va en augmentant, et finit par atteindre, dans les bonnes années, jusqu'à 65 et même 10 millions d'hectolitres. C'est une source de richesse considérable pour les pays qui peuvent s'adonner à cette culture, car, malgré le développement de la production, le prix du vin, loin de baisser, va en augmentant. L'exportation, qui n'était vers 1847 que de 1 million et demi d'hectolitres, dépasse, vers 1867, 2 millions et demi.
La sériciculture, dont les progrès avaient été si rapides à partir de 1840, continue à croître jusqu'en 1853; mais, à cette époque, elle est cruellement éprouvée par la maladie de la pébrine, qui ravage nos magnaneries. La France, qui s'approvisionnait elle-même de graines, doit les faire venir de l'étranger. Malgré tous les soins donnés, la production des cocons diminue considérablement; en 1856, elle est réduite à 7 millions et demi de kilogrammes, et elle ne se relève vers 1868 qu'à 9 ou 10 millions. En quinze ans, cette maladie a fait subira notre pays une perte de plus de 1 milliard de francs, perte d'autant plus sensible que cette industrie était entièrement localisée dans une région peu étendue : les bassins du Rhône et de l'Hérault.
L'élevage. — La consommation de plus en plus grande de la viande de boucherie pousse l'agriculture à développer l'élevage, dans lequel elle trouve une source de profils importants.
L'espèce bovine attire particulièrement l'attention des éleveurs. Le nombre des animaux s'accroît, en même temps que, par une étude continue, on développe en eux l'aptitude à produire de la viande. En 1866, la population bovine est évaluée à plus de 12 millions et demi de têtes.
L'espèce ovine, au contraire, est en diminution; elle ne
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compte plus, à la même dale, que 30 millions de tètes. Ce mouvement de recul, qui ira en continuant, a commencé vers 1850. Il est dû à la suppression graduelle des jachères et à la transformation en terres arables d*une superficie notable des lerres vaines et vagues, affectées autrefois à la nourriture de ces animaux. Mais leur diminution est compensée par ramélioralion des races, qui produisent plus de viande qu'autrefois et présentent un développement plus précoce. La production de la viande a désormais pris le pas sur la production de la laine.
Malgré celle augmentation des existences animales, excitée par Télévation continue du prix de la viande, ragricullure ne peut arriver à suffire à la consommation, et, à partir de 1850, la France fait un appel de plus en plus grand à l'étranger. Pendant la période 1862-71, nos importations nettes d*animaux de la race bovine s*élèvent à 138 000 tètes par an, en moyenne, celles de la race ovine a 872000, et celles de la race porcine à 116000. Pendant la période 1842-51, ces chiffres n'avaient été respectivement que 24 000, 73 000 et 75000.
L'élévation des prix qui se fait fortement sentir sur le lait, le beurre, le fromage, les œufs, procure des ressources nouvelles i l'agriculture, en lui permettant de tirer bon parti de ces produits accessoires, que la difficulté des moyens de transport empêchait auparavant beaucoup de régions, trop éloignées des grands centres de consommation, d'utiliser avantageusement.
La valeur totale du produit brut agricole est évaluée vers 1870 à 7 milliards et demi de francs environ. G*est une augmentation de 50 p. 100 en vingt ans.
La propriété foncière. — La propriété foncière profite à la fois du développement de la production et de l'élévation du prix des produits agricoles. La valeur moyenne de l'hectare de terre augmente de plus de 43 p. 100 dans l'espace de dix ans; évaluée à 1850 francs en 1862, vers 1870 elle avoisine le chiffre de 2000 francs. Cette augmentation ne s'est pas produite également sur l'ensemble du territoire. Les terres qui ont le plus profilé sont celles qui se prêtaient le mieux aux améliorations que permettaient les nouvelles découvertes de la chimie agricole. Ce sont les régions du nord-ouest et de l'ouest qui ont été le