‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 144 sur 190 · V. — L'agriculture · texte numérisé non relu

V. — L'agriculture

Progrès généraux. — L'agriculture contiDue également à progresser, bénéficiaut^ de même que Tindustrie, de Taug^ mentation générale de Taisance, qui a pour effet un accroissement de la consommation, et de Tamélioralion des moyens de de transport, qui ouvre à des régions demeurées jusqu'alors presque complètement isolées du reste du pa;ys des débouchés nouveaux. Les chemins de fer donnent naissance, au moment de leur création, à quelques craintes dans les provinces voisines des grands centres urbains, dont elles avaient pour ainsi dire le monopole de Tapprovisionnement. Elles redoutent la concurrence que vont pouvoir venir leur faire maintenant sur ces marchés des provinces éloignées. Ces craintes sont vite dissi* pées. Certaines de ces provinces trouvent, par le fait même du développement des communications, des débouchés à l'étranger; la Normandie et la Bretagne, par exemple, voient augmenter leurs relations avec l'Angleterre. Les autres bénéficient de ce que, en France même, la consommation se développe plus vite que la production.

La culture. — Jusque vers 1862, les améliorations agricoles se manifestent surtout par l'extension des cultures, due aux défrichements opérés sur les terres incultes; c'est la continuation du mouvement déjà existant pendant la période précé^ dente. A partir de 1862, les progrès sont dus principalement au perfectionnement du système de cullure, à l'amélioration des terres par le drainage, et à l'emploi des engrais, qui augmente de plus en plus.

L'agriculture reçoit, comme l'industrie, un grand secours de la chimie. Un Allemand, Liebig, s'attaque résolument, vers 1840, à la doctrine alors régnante suivant laquelle l'humus seul donne la fécondité au sol. Il prouve que pour entretenir sa fécondité, il faut lui rendre les aliments minéraux cédés par lui aux récoltes. Or, le rôle que joue le fumier à cet égard n'est qu'un rôle indirect et insuffisant; s'il a une action, c'est

simplement parce qu*il aide à la dissolution des éléments minéraux du sol, et par suite facilite leur absorption par les racines de la plante. La conséquence de cette théorie était la possibilité de remplacer le fumier par des engrais artificiels, doués d*une action plus efficace. La découverte de Liebig n'entra que lentement dans la pratique. Elle trouva cependant quelques ardents propagateurs en France, et rabaissement du prix des produits chimiques et des frais de transport en facilita l'adoption. Vers la même époque, Tagriculture est dotée d*engrais naturels nouveaux. Le guano, importé du Pérou, à partir de 1850, et dont la consommation en France s*élëve, en 1869, à près de 100 millions de kilogrammes; le phosphate de chaux fossile, dont les gisements découverts en 1856 dans les départements des Ardennes et de la Meuse sont bientôt exploités industriellement; enfin les résidus des sucreries de betteraves, qui fournissent à Tagriculture des engrais très appréciés.

L'amélioration de Toutillage en quantité et en qualité, grâce à rabaissement du prix du fer, est très sensible aussi {)endant cette période.

L'étendue du sol arable, en 1862, est évaluée 26 millions et demi d'hectares. Les céréales en occupent un peu plus de 15,6 millions, les farineux alimentaires et les cultures industrielles 2,6, les prairies artificielles 2,7. Tous ces chiffres sont en augmentation marquée sur ceux donnés par Tenquête de 1852. Par contre, l'étendue des jachères mortes a encore diminué; elle ne s'élève plus qu'à 5 millions d'hectares environ.

La culture du froment continue à s'étendre, au détriment de celle du seigle et du méteil. Le rendement par hectare s'accroit aussi, de sorte que, vers 1865-70, la récolte moyenne varie entre 95 et 100 millions d'hectolitres. Malgré cette augmentation de la production, la France doit faire appel à l'étranger pour se procurer la quantité de blé nécessaire à sa consommation, et, pendant la période 1866-70, elle importe annuellement 6 millions d'hectolitres de blé en moyenne.

Parmi les cultures industrielles, celle qui s'est le plus développée est la culture de la betterave à sucre; elle occupe maintenant plus de 135 000 hectares, produisant plus de

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