LE COMMERCE
en Italie et en Suisse, pays qui avaient adopté le système monétaire français, et amena la conclusion, en 1865, d*une convention monétaire entre ces puissances. UUnion latine, nom donné à Tunion qui en fut le résultat, composée des quatre pays déjà cités, auxquels devait se joindre la Grèce trois ans plus tard, adoptait un système monétaire commun basé sur la loi française de Tan XI; mais toutes les pièces d'argent, à Texception des pièces de 5 francs, qui conservaient un pouvoir libératoire illimité, devenaient des monnaies d'appoint, et étaient frappées au titre réduit de 0.835.
Les principes de liberté commerciale du gouvernement impérial ramenèrent à supprimer successivement les restrictions qui pesaient sur les commerces de la boucherie et de la boulangerie, et le monopole des courtiers en marchandises.
Le commerce extérieur. — Le commerce extérieur va en se développant avec une rapidité extraordinaire pendant cette période. Le total du commerce général, de 2 555 millions de francs en 1850, à la veille de Tadoption des premières mesures libérales, s*élève à 5412 en 1859 et dépasse 8 milliards en 1869. Cette dernière année, le chiffre du commerce spécial est de 6228 millions, ayant presque quadruplé depuis 1847. Dans ce chiffre, les importations entrent pour 3153 millions, dont 979 d'articles destinés à la consommation et 2 173 de matières nécessaires à Tinduslrie; en 1847, ces dernières ne figuraient que pour 542 millions. Dans les exportations, qui s'élèvent à 3 075 millions, les produits naturels figurent pour 1 435, et les objets manufacturés, dont nous n'exportions en 1847 que pour 528 millions, figurent pour 1 640 millions.
VIL — Les classes ouvrières.
Les classes ouvrières et la Révolution de 1848. —
La Révolution de 1848 fut une révolution sociale. Pour la première fois, les classes ouvrières, telles que la grande industrie avait commencé a les modifier, pouvaient, à la faveur des événements politiques, espérer faire entendre avec quelque chance
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(le succès leurs revendications. Des hommes qui avaient pris à cœur la défense de leur cause et se flattaient d avoir trouvé des remèdes efficaces à leurs maux, étaient portés au pouvoir au moment le plus inattendu. Pendant quelques jours, les classes ouvrières, confiantes dans le nouveau gouvernement, purent se bercer de Tespoir de voir réaliser leurs désirs.
La crise violente de 1845 avait durement accusé un des maux nouveaux, un des plus redoutables, apportés par la grande industrie : le manque de travail pour des hommes qui ne pouvaient compter que sur leur salaire. Celui-ci faisant défaut, c'était la misère inévitable avec tout son cortège de soufl^rances. Une des demandes les plus vives des' ouvriers était celle de roi^nisation du travail. Ils voulaient que TÉtat intervint pour régulariser la production industrielle, et atténuer ces à-coups et ces heurts qui rendent leur vie si incertaine et contre lesquels les plus laborieux et les plus rangés se trouvent impuissants.
Audacieusement, le Gouvernement provisoire s^engagea à satisfaire à cette demande, et, dans sa proclamation du 5 février. il reconnut « le droit au travail », qui devait se transformer, dans la Constitution, en un simple devoir d'assistance pour la société. Trois jours après, une commission permanente était créée sous la présidence de Louis Blanc, avec mission d'étudier les moyens de réaliser celle promesse. Mais les ouvriers, que la crise avait privés de travail, ne pouvaient attendre les résultats de Tenquôle, et, dès le 26 février, le gouvernement décrétait Torganisalion d' « ateliers nationaux d, où les sans-travail pourraient trouver à occuper leur activité, et seraient assurés de recevoir une rémunération pour leurs services.
Malheureusement, celte solution par trop simple ne put résoudre le problème. Moins d'un an après leur ouverture, les ateliers nationaux étaient dissous. Ils avaient causé au gouvernement de nombreux ennuis, et ne s'étaient montrés qu'une forme coûteuse et peu efficace de la charité. Quant à la Commission du travail, elle n'aboutit à aucun résultat.
Pour répondre à une autre demande des ouvriers, le décret du 2 mars limita à dix heures à Paris, et à onze heures en province la durée de la journée de travail. C'était la première fois.