‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 149 sur 190 · LES CLASSES OUVRIERES · texte numérisé non relu

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dans rhisioire économique, que paraissait la journée maxima générale. Cette mesure radicale ne reçut d'ailleurs aucune application. Dès le 9 septembre, elle était abrogée, et un nouveau décret se bornait à fixer à douze heures la durée de la journée de iravail pour les adultes, uniquement dans les manufactures et usines. Mais aucune autorité n*ayant été chargée d*en surveiller Texécution, ce décret demeura, comme le précédent, lettre morte. Il en fut de même de la suppression du marchandage, décrétée aussi à la demande des ouvriers.

La législation ouvrière sous le second Empire. — Le Gouvernement provisoire disparu, les classes ouvrières cessèrent d'occuper le premier rang dans les préoccupations gouvernementales. Les dangereuses utopies de quelques-uns de leurs défenseurs firent tort à Téquité d*un grand nombre de leurs réclamations. L'Assemblée nationale, puis le second Empire, ne purent cependant écarter de parti pris les graves questions résultant de la transformation industrielle, et que la crise récente de 1847 avait si vivement mises en lumière. Il devenait d'autant plus nécessaire de s'en inquiéter que les classes ouvrières, jusque-là tenues à l'écart du gouvernement, venaient d'acquérir à leur tour le droit de vole.

En 1791, le droit de coalition avait été supprimé pour les patrons comme pour les ouvriers. Cependant la loi s'était montrée plus dure pour les ouvriers que pour les patrons. En 1849, l'égalité de répression était établie. Mais cette égalité était devenue insuffisante. La concentration des entreprises, eCTet des inventions nouvelles, avait rendu plus faciles qu'autrefois les ententes entre patrons, ententes à l'égard desquelles, d'ailleurs, le gouvernement ne savait garder l'impartialité. La situation était tout autre pour les ouvriers, qui ne pouvaient dissimuler les réunions nécessaires pour arriver i une entente commune; sans le droit de s'unir, ils se trouvaient donc désarmés et dans une situation d'infériorité réelle vis-à-vis des patrons, pour la discussion du contrat de salaire. Le droit de coalition et le droit d'association étaient ceux qui leur tenaient le plus à cœur. Le premier leur fut enfin accordé, après beaucoup d'hésitation, en 1864. Quant au second, le gouvernement le leur refusa obsti-

nément, mais il dut se résigner à faire preuve de tolérance à ce sujet.

En 1848, on complaît déjà à Paris onze syndicats de patrons* dont le gouvernement tolérait Texistence, malgré la loi. Ces associations étaient à peu près inconnues en province ; à partir de 1852, sous Tinfluence de Tactivité industrielle et commerciale, elles se développèrent, et, en 1867, on comptait à Paris plus de cinquante chambres syndicales patronales. Les associations ouvrières, obligées d'user de plus de prudence, avaient généralement adopté la forme de sociétés de secours mutuels ; cependant, en 1867, il existait déjà quatre chambres syndicales ouvrières. A partir de cette date, leur nombre alla en aug-mentant, grâce à Tattitude nouvelle du gouvernement qui assura les ouvriers de sa bienveillance et autorisa la formation d'associations syndicales. Dans ce cas, comme dans la plupart des autres mesures qu'il prit vis-à-vis des classes ouvrières, l'Empire se refusa à leur donner une liberté qu'il redoutait, et préféra conserver à leur égard une sorte de patronage qui les laissait à sa merci.

En 1868, l'article 261 du code civil, qui donnait au maître le privilège exorbitant d'être cru sur son affirmation, en cas de discussion relativement au contrat de louage de services, fut abrogé, et le droit commun rétabli en celle matière. Vingt ans avant, le décret du 27 mai 1848 avait établi l'égalité dans les conseils de prud'hommes en décidant que le nombre des prud'hommes ouvriers devrait toujours èlre égal à celui des prud'hommes patrons, tandis que le décret de 1809 avait réservé à ces derniers la majorité.

Un des moyens dans lesquels les chefs du mouvement ouvrier de 1848 avaient le plus d'espoir pour améliorer le sort des classes ouvrières était le développement des associations de production. Ils entrevoyaient la possibilité d'arriver par elles à la suppression du salariat. Pour aider ce mouvement, l'Assemblée nationale accorda une subvention de trois millions, destinés à être répartis entre les associations ouvrières qui en feraient la demande. Cinquante-six sociétés furent admises à profiter de ce don généreux. Mais les résultats ne répondirent

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pas aux espérances conçues; en 1855, neuf d'entre elles seule* ment subsistaient. Un nouvel essor de la coopération eut lieu en 1863, et, pour le favoriser, la loi sur les sociétés commerciales de 1867 édicta des règles spéciales pour les sociétés coopératives, désignées sous le nom de sociétés à capital variable. Les effets en furent cependant peu appréciables.

En 1850, une loi avait créé, sous la garantie de TEtat, une caisse de retraites pour la vieillesse, afin de faciliter aux ouvriers les moyens de se constituer une modeste réserve pour leurs vieux jours, et, en 1868, il lui fut annexé, pour la compléter, une caisse d'assurances en cas de décès et en cas d'accidents résultant de travaux industriels ou agricoles.

Les salaires. — L'étude de la marche des salaires de 1850 à 1870 fait ressortir pour cette période une hausse moyenne de 30 à 40 p. 100. Ci'est, à première vue, une augmentation considérable, surtout si Ton tient compte de la tendance très sensible à une diminution de la journée de travail dans un grand nombre d'industries. Cependant à cette augmentation du salaire nominal ne correspondait pas une semblable augmentation du salaire réel. Le prix de la vie s'était en effet, dans son ensemble, parallèlement élevé. La diminution du prix des articles manufacturés, résultant du perfectionnement de l'outillage, avait été entravée à la fois par l'abondance de l'or et par le développement de la consommation; aussi, la baisse de prix des articles manufacturés ne dépassa pas 25 à 30 p. 100. Par contre, les prix de tous les produits agricoles augmentèrent beaucoup, ceux des comestibles végétaux s'élevèrent de 10 p. 100 environ, et ceux de la viande et des produits accessoires de la ferme, beurre, œufs, fromage, etc., de 50 p. 100. Les loyers, dans les villes, subirent aussi de fortes augmentations. En somme, tout en permettant aux ouvriers d'augmenter quelque peu leur bienêtre, l'élévation des salaires demeura, dans l'ensemble, proportionnelle a l'élévation des prix, et, comme elle ne s'est produite qu'avec beaucoup plus de lenteur que cette dernière, qu'elle a subi pendant les crises des temps d'arrêt, les ouvriers se sont trouvés souvent dans des situations difficiles, avec un salaire parfois insuffisant pour satisfaire aux besoins de l'exis-

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tence, donl le nombre allait d ailleurs croissant avec laugaientalion de la richesse générale. Cependant, vers la fin de ia période, Téquilibre s'est rétabli, et une partie au moins de rélévation du salaire nominal représente une augmentation réelle de revenu.

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