CHAPITRE VII
/. — Victor -Emmanuel. Cavour et Napoléon III
État delltalle en 1850. — Âpres Texplosion révolutionnaire de 1848 et la réaction de 1849, Tltalie semblait être redevenue ce que le congrès de Vienne avait voulu qu'elle fût : une expression géographique. Pour n'avoir pas su marcher unie a la conquête de Tindépendance nationale et de la liberté politique, elle paraissait presque aussi éloignée qu'en 1815 do ce double objectif. Morcelée et garrottée comme au temps de Metternich, elle obéissait de nouveau presque tout entière à réfranger. L'Autriche, après avoir repris Venise et Milan, avait rétabli sa prépondérance dans la Péninsule, où les souverains étaient comme autrefois ses esclaves en même temps que les tyrans de leurs sujets. La terreur militaire régnait dans les provinces lombardes et vénitiennes, où les généraux de François-Joseph se comportaient comme en pays conquis et n'épai^naient pas plus les biens que les personnes. Le duc de Parme, Charles III, et le duc de Modène, François V, n'étaient que des espèces de podestats aussi durs pour leurs peuples que respectueux pour la cour de Vienne. En Toscane, Léopold II, moins violent pans ses vengeances, n'en avait pas moins aboli