‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 37 sur 190 · Voir ci-dessous, t. XIÎ, chap. Angleterre · texte numérisé non relu

Voir ci-dessous, t. XIÎ, chap. Angleterre

que personne. Or la majorité anglicane n'aurait jamais voté ce plan radical. On imagina donc un moyen terme : la lecture de la Bible par Tinsiituteur, et renseignement dogmatique donné par le ministre du culte dans Técole, mais en dehors des heures de cldLSse.U Education AcIsl ouvert la porte à de longues querelles, non sans réaliser un immense et incontestable progrès.

Lies grades dans Tarmée (1871). — Jusqu'alors l'officier, en se retirant de son régiment, cédait son grade à l'un de ceux qui venaient immédiatement après lui, comme chez nous une charge de notaire, et également à prix d'argent : il l'avait du reste acquis de cette façon, et rentrait dans ses débours avec la plus forte plus-value possible. Ce système entretenait l'esprit aristocratique, ou pour mieux dire ploutocratique dans l'armée anglaise, et décourageait l'officier pauvre. Le ministre de la Guerre Cardwell proposa la suppression de celte pratique et le libre accès des grades sans autre condition que la capacité. Le budget supporterait la dépense des indemnités légitimement réclamées par les titulaires. Difficilement acceptée par les Communes, la réforme échoua devant la Chambre des Lords.

Gladstone prit alors un parti fort grave, celui de se passer du Parlement. La couronne, disait-il, avait réglementé la matière sans faire voter de loi par les Chambres^ elle pouvait donc défaire son propre ouvrage. Le premier ministre obtint de la reine cet exercice imprévu de la prérogative royale.

Le scrutin secret (1872). — Un autre abus, bien pittoresque, bien national, c'était la publicité du suffrage. Il était impossible de conserver cetle mise en scène depuis qu'une série de réformes — on en prévoyait une troisième et prochaine — conféraient le suffrage à des milliers d'électeurs dépendants. Plaisanterie amère de faire un ouvrier électeur pour qu'au lendemain de son vote public son patron, du parti contraire, lui retranche son gagne-pain ! L'historien Grole combattait depuis longtemps cette vieille pratique avec un acharnement digne de Wilberforce.

Le Ballot Act institua le scrutin secret, l'entourant d'un luxe de précautions pour qu'il fût vraiment secret. On adopta le

système imaginé par la colonie démocratique de Vicloria, en Auslralie. Un buUelin commun, imprimé par le bureau électoral, contient les noms des divers candidats. L'électeur reçoit un exemplaire de ce bulletin et marque au crayon, dans un local où personne ne peut le voir, le nom ou les noms de son choix. Tous les efforts contre cette loi importante échouèrent dans les deux Chambres. Le grand ministère libéral avait en peu de temps démocratisé Técole, Farmée, les élections.

BIBLIOGRAPHIE

Aox recueils et ouTrageâ indiqués dans les volumes précédents, ajouter : 1^ Sur Disraeli et Gladstone, les publications de Kebbel, historien tory : Selected speeches of lord Beaconsfield, Londres, 1882, 2 vol. i— History of toryigm^ Londres, 1886. — Life of lord Beaconsfield^ 1888. — Fronde, Lord BeaconsfUd (dans la série des Prime minvtters ofQueen Victoria). — CucheTal- Clarigny, Lord Beaconsfield et son temps, 1879. — Une bibliographie complète sur Gladstone se trouve dans Marie Dronaart, William-Ewart Gtadstone, Paris, 1893.

2» Sur les autres hommes d'État : Kebbel, Ufe of the earl of Derhy, Londres, 1890. — Baznett Smith, The Ufe and speeches of John Bright, Londres, 1881, 2 vol. — Aahley, Life of viscount Palmenton^ Londres, 1876, 2 vol.. résumé par Laugel (Rev. des Deux Mondes, 15 août 1876). — Trevelyan, Life of Macaulay, et Reid, Life of Porster. — Lord Ifalmesboiy. Mémoires d'un ancien ministre, trad. franc., 1885.

3<' Sur les questions ouvrières : Sidney Webb et Béatrice Webb, The his'ory of Trade Unionkm, Londres, 1894, trad. franc., Histoire du Trode Unionisme, 1897. — Hodder, Biographie de lord Ashley, comte de Shaftesbury, trad. franc., 1890.

4<> Sur les institutions : outre les ouvrages déjà cités ci-dessus (t. X), A. Todd, On parliamentary govemment in England, Londres, 1887 (2« éd.), 2 vol. — Ward (avec de nombreux collaborateurs très compétents), The reign of Queen Victorin, 1887, 2 vol.

Page 1