‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 70 sur 190 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

/. — La métropole et les colonies de 1848 à i8yo.

Le régime parlementaire aux colonies. — Le parli libéral gouverne TAngleterre de 1847 à 1866, sauf deux courtes interruptions (1852 et 1858-59), et il reprend le pouvoir de 1868 à 1874. Dans cette période il continue Tœuvre qu'il avait commencée en donnant au Canada un parlement élu. Le Canada avait depuis 1840 un ensemble complet d'institutions parlementairesy c'est-à-dire une assemblée représentative, et un ministère responsable qui devait, en théorie, être pris dans la majorité de cette assemblée. Le gouvernement parlementaire fut accordé en deux morceaux aux autres colonies à population européenne. L'assemblée représentative élue en tout ou en partie fut établie, à partir de 1842 d'abord en Nouvelle-Galles, puis dans les autres colonies australasiennes, en 1853 au Cap. Le pouvoir exécutif restait entre les mains de fonctionnaires subordonnés au gouvenieur; il fut confié à un ministère responsable pris dans la majorité des Chambres, à partir de 1855 dans quatre colonies d'Australasie, à partir de 1872 au Cap. Le contrôle

du gouvernement métropolilain est toujours exercé par un gouverneur qui est souvent un personnage civil.

L'établissement du self government aux colonies est conforme à Tidéal politique des libéraux. Autonomie et économie sont pour eux des termes correspondants. La métropole ne demande rien a la colonie, mais elle lui impose, en échange de la liberté, l'obligation d'équilibrer son budget. On abandonne aux colonies toutes les sources de revenus que l'Angleterre avait conservées, la vente des terres, notamment. Mais on les laisse pourvoir elles-mêmes aux dépenses des travaux publics, de l'immigration, de l'instruction; tout ce que l'Angleterre consent à faire pour elles, c'est de garantir leurs emprunts. A la Gn de la période que nous étudions, on leur demandera de se défendre elles-mêmes. Les dernières garnisons anglaises sont retirées de la Nouvelle-Zélande en 1869, du Canada en 1871 et le ministère des colonies du cabinet libéral Gladstone déclare que la métropole ne dépensera plus rien pour les colonies autonomes et que celles-ci se passeront de régiments ou les entretiendront à leurs frais.

Naturellement ce régime n'est appliqué ni aux colonies de la couronne, qui continuent à être administrées directement par l'Angleterre suivant l'ancien système, ni au Cap, où les guerres sont nombreuses, ni à l'Inde où la révolte des cipayes, la suppression de la Compagnie et l'établissement du gouvernement direct par l'Ëtat, obligent l'Angleterre à des envois de troupes et à des dépenses considérables. Tout ce groupe de colonies coûte très cher et charge lourdement le budget impérial. Conformément à leur politique d'économie, les ministres libéraux, surtout vers la fin de la période que nous étudions, essayent d'arrêter les annexions et les guerres.

La grande émigration. — On a vu dans le tome précédent que le gouvernement anglais avait essayé plusieurs procédés pour peupler ses colonies et avait fini par s'arrêter à l'émigration suivant le plan de Wakedeld. Pour appliquer ce système, le gouvernement métropolitain s'est réservé la propriété et la vente des terres dans les colonies; il a fixé un prix de vente minimum. Le soin d'encaisser l'argent provenant

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