IV. — La Nouvelle-Zélande de i83g à i8jo
La Nouvelle-Zélande se compose de deux Iles qui ont ensemble la môme superficie que l'Italie. L'ile nord renferme des volcans, des geysers, des sources thermales : l'Ile sud est traversée par de hautes montagnes, les Alpes néo-zélandaises (sommets de plus de 3 000 mètres), couvertes de neige et de glaciers. Le climat est tempéré et plus humide que celui de l'Australie. Les indigènes (Maoris), de race polynésienne, plus intelligents que les Australiens, groupés en clans et habitués à la guerre, ont pu résister longtemps aux colons. Ils étaient environ 80 000 au moment de l'annexion. Le plus grand nombre habitait l'Ile nord.
L'annexion : le gouverneur et la Compagnie. — L'Angleterre avait depuis 1833 un résident, sans pouvoirs bien définis, dans la Baie des Iles, à la pointe nord de Tile septentrionale. La prise.de possession effective date de janvier 1840. A cette date, Hobson, envoyé de Sydney comme lieutenantgouverneur, débarqua dans la Baie des Iles. Le 6 février, il réunit à Waïlangi, près de la baie, plusieurs chefs maoris du voisinage, leur fît accepter un traité par lequel ils cédaient à la
reine : 1^ tous leurs droits et pouvoirs de souveraineté; 2^* un droit de préemption sur leurs terres s*ils désiraient les vendre; ils conservaient tous leurs droits de propriété, de pèche et de chasse. Les indigènes devaient avoir « tous les droits et privilèges des sujets britanniques ». c Nous avons, disait un d'entre eux, cédé Tombre et gardé la chose. » On obtint ensuite Tadhésion de quelques autres chefs, et, le 21 mai 1840, Hobson proclama la souveraineté de la reine sur les deux lies. Pour établir le siège du gouvernement, Hobson choisit un point où rtle du nord se rétrécit en un isthme mince de quelques kilomètres, de sorte qu*on peut y créer un port à Touest et un autre à Test; le sol fut acheté aux indigènes et on y construisit les premières maisons d*Auckland. Le 16 novembre 1840, la Nouvelle-Zélande fut érigée en colonie à part et Hobson en devint gouverneur avec un Conseil exécutif et un Conseil législatif de fonctionnaires.
L*année précédente, une Compagnie privée, fondée sur Tinitiative du célèbre Wakeiield, avait réuni des colons en Angleterre, les avait débarqués à Port-Nicholson, au sud de Tile septentrionale, et avait fondé la ville de Wellington (1839). Vers ce moment, une compagnie française réunissait à Bordeaux des émigrés pour les conduire en Nouvelle-Zélande. La Compagnie de Wakefield réussit a la devancer, et son succès détermina le gouvernement anglais à faire proclamer par Hobson l'annexion de la Nouvelle-Zélande. La Compagnie, d*abord simple entreprise par actions, obtint un privilège du gouvernement en 1841 ; elle devait amener et établir des immigrants : le gouvernement lui rembourserait ses dépenses en terres à raison d'un acre par 5 shillings. Pour les autres acquéreurs, le prix officiel des terres publiques avait été fixé par l'acte de 1842 à une livre l'acre. Le gouverneur Hobson ayant essayé de vendre les terres 5 shillings, le gouvernement le rappela au respect de la loi et lui interdit de faire concurrence à la Compagnie.
Les Maoris et les terres. — La grande question en Nouvelle-Zélande fut celle des terres maories. Le gouvernement anglais avait dans celte île, comme dans toutes ses colonies, déclaré que les terres vacantes appartenaient à la Couronne et