‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 2)Chapitre 85 sur 190 · LES COLONIES DE L'AFRIQUE AUSTRALE DE 1847 A · texte numérisé non relu

LES COLONIES DE L'AFRIQUE AUSTRALE DE 1847 A

satisfaction leur est donnée sur ce point en 1853. On leur accorde des institutions représentatives, mais non un gouvernement responsable. La colonie a un Conseil législatif et une Assemblée législative, tous deux élus par des censitaires; le pouvoir exécutif reste confié à des chefs de service nommés par le gouverneur. Les assemblées du Gap ont réclamé un ministère pris dans la majorité du parlement. Elles Tout obtenu à la suite d*un conflit avec un gouverneur sur une question de finances. En 1867, le gouverneur Wodehouse, partisan de la politique d'annexion, a proposé aux Chambres une augmentation d*impôt, qu'elles ont repoussée en répondant par un projet de réducion des dépenses. Le gouverneur a dissous les Chambres, et après de nouvelles élections sous la pression officielle il a essayé de faire voter un projet qui réduisait les deux Chambres à une seule composée de 36 membres seulement et qui augmentait les prérogatives des fonctionnaires chargés de Texécutif. Le nouveau parlement a répliqué en demandant le gouvernement responsable. Le ministère impérial, mécontent de la politique annexioniste de Wodehouse, Ta rappelé et Ta remplacé par un gouverneur venu d'Australie et chargé de préparer un projet de constitution parlementaire pour le Cap (1810). La nouvelle constitution a été appliquée en 1872. Les Chambres du Cap, suivant l'exemple australien, ont payé par des indemnités la retraite immédiate des fonctionnaires qui détenaient le pouvoir exécutif; depuis lors le gouverneur a pris son ministère dans la majorité du parlement.

Lia Cafirerie britannique incorporée au Cap. Annexions du Basoutoland et du Griqualand-Ouest. — La colonie de Cafrerie britannique avait été organisée d'abord sur le modèle de Natal; on avait laissé les chefs indigènes en fonctions, mais on les avait amenés à se laisser contrôler et guider dans leur administration par des résidents européens, à laisser ceux-ci prononcer les amendes et les confiscations, en échange d'une rente. On avait supprimé les tortures, les supplices cruels, les condamnations et exécutions pour crime de sorcellerie; les écoles et les missions s'étaient développées dans le pays. La tranquillité fut troublée par un chef cafre et

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par un sorcier mécontents du nouveau régime; ils se mirent à annoncer que tous les héros cafres morts allaient ressusciter si les indigènes sacrifiaient tout leur bétail et leurs réserves de grain. 150 000 bœufs furent tués. Quand le jour de la prétendue résurrection arriva, les Cafres étaient ruinés, afTamés et prêts à piller pour vivre. Le gouverneur évita cette solution en appelant 30 000 Cafres dans la colonie du Cap pour les employer à des travaux publics; 20 000 autres moururent de faim. La Cafrerie se dépeupla de noirs et le gouverneur y installa des blancs organisés en confins militaires ; il fit venir à cet effet les restes d*un corps irrégulier employé pendant la guerre de Crimée. Toutes ces mesures étaient coûteuses. Le gouvernement métropolitain voulut s*en décharger sur la^ colonie du Cap. Il lui demanda si elle consentait à s'incorporer la Cafrerie, et comme le parlement colonial s*y refusait, l'incorporation lui fut imposée par le gouverneur Wodehouse (1865).

Le même gouverneur mit fin par des annexions aux difficultés que soulevaient les territoires indigènes restés indépendants

entre le Cap et TOrange. L'Etat d'Orange était alors la plus importante des deux républiques boers. Le Transvaal s'était, il est vrai, étendu jusqu'à sa limite septentrionale actuelle, le fleuve Limpopo, dès 1864-65. Mais il n'avait presque pas d'habitants. L'Orange, au contraire, avait reçu beaucoup d'émigrants; il comptait, vers 1865, 35 000 habitants presque tous occupés à l'élevage. Ils cherchèrent a étendre leurs terrains de pâture aux dépens des Basoutos. Le Basoutoland, « la Suisse de l'Afrique australe », est un pays de vallées et de montagnes dont plusieurs dépassent 3 000 mètres, bien arrosé et très propre au pâturage. Les Basoutos sont comme les Cafres des éleveurs de bœufs. Ils étaient au nombre de 175 000, presque tous soumis au roi Mochéh. Entre eux et les Boers d'Orange, une première guerre éclata en 1858. Les Boers se plaignaient qu'on leur eût volé des bœufs, les noirs qu'on usurpât leurs terres. Les missionnaires anglais établis en grand nombre dans le Basoutoland prirent en main la cause des indigènes. Le gouverneur du Cap intervint et fît respecter le territoire basouto. En 1866, la guerre recommença. Malgré

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