‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 141 sur 166 · I. Voir ci-dessus, t. VI, p. 918 et sniv · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessus, t. VI, p. 918 et sniv

près les Tourgoiites curent des suites. Tandis que les Occidentaux lultaient dans le sud de la Chine pour conserver leurs privilèges commerciaux, dans le nord les Moscovites essayaient de regagner les avantages perdus pour eux par le traité de Nerlschinsk. Sur la demande de K'ang-hi, le gouverneur général de la Sibérie lui envoya un médecin suédois, Lorenz Lange, cjui, de retour en 1718, fut de nouveau désigné pour accompagner à Péking une ambassade dirigée par le capilaine des gardes du tsar, Léon Vasiliévilch Ismaïlof, qui entra à Péking le 29 novembre 1720, accompagné d'une brillante escorte. Chargé d'aplanir les difficultés du commerce aux frontières des deux empires, Ismaïlof, qui séjourna dans la capitale jusqu'au 2 mai 1721, n'eut guère de succès, soit par suite de la désertion de quelques Mongols qui passèrent aux Russes, soit par suite d'intrigues des autres étrangers, soit par suite des désordres des marchands russes à Ourga. Lange lui-même, qui était resté pour veiller aux intérêts russes, fut obligé de quitter Péking le 12 août 1722. Le 20 août 1727, le comte Sava Vladislavilch signait un traité à Kiachta; Lange, qui était retourné à Péking quelque temps auparavant, était nommé comme conseiller de chancellerie. Yladislavitch avait eu comme prétexte de son voyage Taccession au trône de Russie de Catherine I". On remarquera que. dans toutes les circonstances, la Chine regarde la Russie comme sa vassale : le nom du monarque chinois précède dans les lettres de créance celui du tsar; l'avènement d'un nouveau souverain à Pétersbourg est immédiatement annoncé à Péking; les présents sont considérés comme un tribut et les ambassadeui^ sont soumis à des cérémonies humiliantes : parfois ils sont retenus à la frontière, parfois ils sont obligés de faire les neuf prosternations {Ko teou) en usage en Chine. Yladislavitch, qui n'avait pu aller à Péking, marque pourtant, par la conclusion d'un nouveau traité, la seconde étape des Russes dans leur conquête de l'Asie orientale. Ils obtenaient une meilleure délimitation de la frontière, la permission de bàlir une église à Péking, et de nouveaux arrangements pour les caravanes. Ce traité a été la base des relations de la Russie avec la Chine jusqu'au XIX* siècle. Un traité additionnel à celui du 20 août 1727

fut signé le 18 octobre 1768 par Ivan Kropotof. Lange, retourné encore une fois avec une caravane partie en 1736 de Sélinginsk, arriva à Péking le 10 novembre. Il y resta jusqu'au 10 mai de Tannée suivante, époque à laquelle il rentra définitivement par le désert de Gobi. Ses voyages, son courage, ses succès diplomatiques, lui valurent le titre de sous-gouverneur dlrkoulsk. Souvent de graves malentendus s'élevèrent entre les deux pays; mais, quoique la guerre fût en maintes occasions près d'éclater, par suite surtout de déserleuis passant aux liusses, les difficultés furent toujours pacifiquement surmontées jusqu'au xix® siècle.

Mission de Péking; suppression des Jésuites. — On a vu qu'une mission française avait été créée à Péking par les Jésuites qu'envoya Louis XIV *. Grâce à leur activité, le P. Charles Le Gobien put commencer à Paris en 1702 le recueil si important des Lettres édifiantes et curieuses^ continué depuis par Du Ualde et Patouillet.* Jean-Baptiste Du Halde put luimôme, grâce aux mémoires envoyés par 27 missionnaires, rédiger la Description de la Chine, parue en 1735 à Paris, en 4 volumes in-folio. Enfin les nombreux mémoires envoyés par le P. Amiot et ses compagnons à Berlin, secrétaire d'Etat, perniellent à Brotier, Bréquigny, etc., de compiler le fameux recueil des Mémoires concernant rHistoire, etc. des Chinois (Paris, 1776-1814, 16 vol. in-4) . Le xvni*' siècle chinois nous offre, comme présidents du Tribunal des mathématiques, à la place de Schall et de Yerbiest, Kœgler et Halierstein ; un historien, comme Antoine Gaubil, des grammairiens comme Gerbillon et Prémare, des artistes comme Atliret et Panzi. La suppression de la Compagnie de Jésus par Clément XIV (21 juillet 1773) eut le plus douloureux effet sur notre mission de Péking, dont elle causa la ruine, et parlant sur les éludes sinologiques. La nouvelle en parvint en septembre 1774 et le P. von Ilallerstein en mourait ainsi que le P. Benoit. Des Carmes allemands briguaient la suc-

1. Voir ci-dessus, t. VI, p. 911-912. Après le P. Jean de Fontaney, cUe eut pour supérieurs Gerbillon (1699), d'Entrecoiles (1706), Hervieu (1719), Lahbe (1736), encore Hervieu (1740), Châlier (1745), de Neuvialie (1747), du Gad (1752), encore de Neuvialie (1757), Le Fcbvre (1762), de la Roche (1769), et enfin François Bour- ^fM)is, le dernier de tous.

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cession des Jésuites, qui auraient voulu voir à leur place des prêtres des Missions étrangères. Ce fut un autre Ordre toutefois, celui des Lazaristes, qui les remplaça. Les PP. Cibot et Amiot, ainsi que le P. de Venlavon, survécurent encore quelques années à la destruction de leur mission et à leur remplacement par les Lazaristes. Le dernier supérieur des Jésuites français à Péking, le P. Bourgeois, mourut le 29 juillet 1792. L*évêque de Nanking, Godefroy-Xavier von Laimbeckhoven , s*était éteint à Soutcheou (du Kiang-sou), le 22 mai 1787. Lorsque Pie VII eul rétabli TOrdre et que l'ancien secrétaire du P. Gabriel Gruber, le Polonais Thaddée Brzozowski, eul été élu général de la Compagnie (2 sept. 1805), des anciens Jésuites il ne restait plus à Péking que les PP. Joseph Bernard de Almeida et Aloys de Poirol, peut-être même le P. Jean-Joseph de Grammont, ancien interprèle du chevalier d'Entrecasteaux à Canton.

Les dernières aimées de K'ien-long. — Après un règne aussi rempli, K*ien-long, estimant qu'après soixante ans de gouvernement comme son grand-père K'ang-hi, qui lui servait de modèle, il était lemps de prendre sa retraite, abdiqua le 8 février 1796, en faveur de son fils. Celui-ci prit le nom de règne de K*ia-K'ing. K'ien-long mourut trois ans plus tard, le 7 février 1799. En dehors de ses conquêtes, K*ien-long signala son règne par une nouvelle division de Tempire. Un rouage important avait été ajouté vers 1730 par l'empereur Young-tching par la création du Ktoutt Ki-tchou^ grand conseil ou conseil d*Etat, dont le nombre de membres n'esl pas fixé. C'est en réalité le conseil de Tempercur; il se réunit tous les jours et n'emploie pas moins de 60 secrétaires. K'ien-long porta le nombre des provinces de Tempire de 15 à 18 : le Kiang-nan fut divisé en Kiang-sou et en Ngan-hoei ; le Hou-Kouang, en Hou-pe et en Hou-nan; le Kan-sou fut détaché du Chen-si. K'ien-long fut également un grand lettré. Le nombre de ses poésie scélébrant ses victoires est fort grand et quelques-unes ont même été traduites dans les M&inoires concernant les Chinois. La plus connue est YElotje de la ville de Moiikden^ berceau de sa famille, dont le P. Amiot a fait publier une transcription à Paris en 1770. K'ienlong fit paraître de nouvelles éditions d'ouvrages considérables.

LA BIRMANIE 93î>

roinme le Toung Kien Kancf mou, comme le Miroir ou Diclionnaire des mots mandchons et chinois. Il a mérité Testime des bibliographes par la compilation du Catalogue de la Bibliothèque impériale. Cet ouvrage considérable, commencé en 1772 et complété en 1790, appelé K*in ting se K'ou tsiotien chou tsoung mouy est divisé en deux cents chapitres, répartis sous quatre divisions se-'kou : livres classiques, histoire, philosophie et belleslettres. Sous ce règne, Tart chinois, par les navires de Canton, se répandit beaucoup en Europe. On en saisit Tinfluence dans la décoration des salles de quelques palais, comme ceux de Chantilly et de Wûrtzburg; dans les tapisseries de Beauvais (Func représente le P. Schall en costume officiel); dans les étoffes des robes et des habits dont de nombreux spécimens sont arrangés chronologiquement au Musée commercial de Lyon. — La porcelaine, moins belle que celle des Ming et de K*ang-hi, est revêtue souvent d'ornements de goût douteux, sous Tinfluence des commandes européennes.

//. — La Birmanie.

Avènement d'Alompra. — Les rois de la dynastie de T'àungù * descendaient de Bureng Naung, dont le fils Ngyaung Ram Meng prit le pouvoir en 1599. Cette dynastie birmane, qui régna à Ava et à Hansawadi, sur la rivière Ulaing (Rangoun), comprit onze princes. Le dernier, Mahâ Dhammâ Rajà Dibati, monta sur le trône en 1733. Sous le règne de ce prince, les Pégouans (Talaing) envahirent le royaume. Les Birmans, vainqueurs, obligèrent leurs ennemis à se retirer à Prome. Le roi du Pégou, Bouddha Ke thî Gwe meng, quitta sa capitale (1746), traversa le Laos et la Cochinchine, se réfugia en Chine, puis revint se fixer à Zimmé, où il mourut. On lui donna comme successeur un de ses généraux, Binya Dâla, qui était d'origine chan et reçut en montant sur le trône le titre de Phràmindi Rajâ Nava Dibati. Le nouveau souverain du Pégou

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