‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 3)Chapitre 142 sur 166 · I. Voir ci-dessus, t. V · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessus, t. V

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envahit la Birmanie : Ava fut prise en 1732; celle ville, fondée *n 1364 parTha-do-mcngbya, fut complètement brûlée. Son roi, Mahà Dhammà Rajà Dibati, conduit en captivité à Pégou, fut mis à mort deux ans plus tard par Binya Dàla, qui croyait qull <îonspirait contre lui. Le général pégouan, propre frère de ce dernier prince, avait reçu le titre de Yuva Raja, et s*étaît relire après cette brillante campagne.

Les Birmans ne devaient pas tarder à trouver un vengeur <lans la personne d*un guerrier connu sous le nom d*Alompra, européanisé d'Alaunghprâ (Bodisaliva), né vers 1714, dans le village de Mozzobo, à une vingtaine de lieues environ au nord d'Ava, à quelque dislance de llrraouaddy, sur la rive droite.

La retraite des Pégouans, qui d'ailleurs était menacée par les Siamois, permit à Alompra de prendre TolTensive. Le général birman Talabân, inquiet de ses progrès, et d*une proclamation <lans laquelle Alompra prétendait être le descendant de l'ancienne famille royale de Birmanie (mai 1752), attaqua le village d'Alompra. 11 fut obligé de faire retraite après un échec i)érieux. Le roi de Pégou rappela Talaban le mois suivant, pendant qu'Alompra, de jour en jour plus victorieux, continuait ses succès et transformait le petit village qu'il habitait en capitale, <]u'il appelait Ratanàlhinga. Alompra devait arriver à de hautes destinées. Aidé d'une flottille de bâtiments conquis sur l'ennemi, et de troupes conduites par son fils Thado Mengsoa, Alompra mit le siège devant Ava et s'en empara en décembre 1753. L'offensive fut reprise par les Pégouans, qui défirent les Birmans et assiégèrent pour la seconde fois Ava. En mai 1754, les Pégouans, forcés de se retirer, attaquèrent la ville de Prome, qui, par sa position militaire importante, était un obstacle fort sérieux pour la marche des Birmans. Alompra, venant au secours de cette ville, en fil lever le siège en 1755, et, continuant sa marche victorieuse, après avoir envahi le Pégou, fonda la ville de Rangoun. C'est dans le cours de celle expédition «qu'il trouve Syriam occupé par les Français, et nous verrons plus loin ce qu'il en advint. Toujours heureux dans ses entreprises, Alompra s'empare de la ville même de Pégou, affirme son autorité dans la partie ouest de l'Indo-Chine, occupe Tavoy

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et Marlaban, cl arrive au Siam, donjt il assiège Juthia la capitale, où régnait Phra Chao Thinang Souriya Marinthara, frère de Ghào Fa Dok-Ma-Dûa, qui s*était fait moioe. Là, atteint d'une maladie mortelle, Alompra, âgé de quarante-six ans, mourut le 15 mai 1760, après un règne de sept ans. Ce ne fut d*ailleurs pour les Siamois qu*un répit, car, après une guerre de près de deux ans, leur capitale fut prise et incendiée en avril nSl. Nous avons parlé plus haut de la guerre qui éclata entre la Birmanie et la Chine. Alompra est le véritable fondateur de la dynastie qui a régné depuis le xvni" siècle sur la côte occidentale de rindo-Chine jusqu'à l'annexion complète de tout ce pays par les Anglais au 1" janvier 1886 *.

Les Français au Pégou. — Nos difficultés avec la Birmanie datent de Tépoquc d'Alompra. La fondation de la loge de Balassorc en 1684, celle de Chandernagor en 1690 pguP Deslandes *, avaient déterminé presque en même temps la Compagnie des Indes Orientales à chercher à fonder un établissement dans le Pégou, entre le Bengale et le Siam. Elle fut autorisée à établir un comptoir à Syriam. Ce fut dii Pégou que vint le bois de teck nécessaire à nos navires, et-Dupleix choisit même cette ville pour y organiser les ateliers de construction de la Compagnie à cause du bon marché de la main-d'œuvre : de ces chantiers furent lancés nombre de navires employés par la Compagnie dans l'Océan Indien. Darrac, le chef de la loge de Dacca, dans son histoire manuscrite des établissements français en Asie, conservée dans les Archives du Département des atTaires étrangères, nous dit : « La Compagnie fit construire à Syriam des grands magasins à chaux et sable; elle introduisit même dans le pays, au moyen des ouvriers qu'elle y envoya de la côte de Coromandel, la manière de faire les briques, inconnue chez ces peuples. C'est dans ces ateliers que furent construits les vaisseaux que M. Dupleix employa dans le commerce d'Inde en Inde, de la mer Rouge et de Manille. C'est aussi de ces chan-

1. Alompra eut pour successeurs : Naungdoagyi (1160), Hsenghpyusheng (1763), Singgu Meng (1775), Maung Maung, Badoun Meng, Bodoahpra (1781), Sagaing Meng ou Phagyidoa (1819), Tharawadi Meng (1837), Pugàn Meng (1846), Mcngdoun Meng (1853) et Thibavv (1878).

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