I. Voir ci-clessus, t. X, p
période de dix ans, seraient accompagnées d'une traduction chinoise, la Corée pouvant employer la langue chinoise. En dehors de Cho-riang-hang, dans Fousan» deux ports devaient être ouverts au commerce sur la côte; les articles supplémentaires furent signés entre les deux pays (24 août 1876, 30 janvier 1877, 3 juillet 1877, 20 décembre 1877). Dès le 30 août 1879. le port de Yuen-san, dans la province de Han Kiang, devait être ouvert; en réalité, les employés chinois des Douanes impériales prenaient la direction dans les trois ports ouverts au commerce de Jen-tchuan, Yuen-san et Fou-san. Il était évident que la Chine, se considérant comme suzeraine de la Corée, ne voulait pas se laisser supplanter par sa rivale. Beaucoup de désordres avaient déjà été amenés par une garnison chinoise et une garnison japonaise casernées à Séoul depuis 1882; par suite de leurs jalousies, le 4 décembre 1884, il y eut des troubles sérieux dans cette ville et sept ministres furent assassinés; la lutte se déclara le lendemain entre les deux garnisons. Les Japonais eurent leur légation brûlée, leurs hommes massacrés et durent fuir sur la cote. Palk-keum-moun-youi, Kim-ok-kyoum, Sayekoum-pou et Hong-yeng-syelri étaient les auteurs de celte révolution, qui amena un résultat contraire à leurs espérances, puisque croyant travailler pour les Japonais, ce fut le jeu des Chinois qu'ils firent. Quelque temps après, Kim-ok-kyoum, réfugié au Japon, fut persuadé par son compatriote Hong-Tjongou, qui avait passé quelque temps à Paris, de venir à Chang-hai avec lui. Le 28 mars 1894, Kim-ok-kyoum était assassiné à coups de revolver dans celle ville par son ami, lequel prétendit avoir agi par ordre du roi de Corée. Transporté en Corée, le corps du malheureux Kim-ok-kyoum fut coupé en huit morceaux lesquels furent distribués aux huit provinces du royaume. La guerre ne pouvait pas tarder à éclater, et les hostilités commencèrent aussitôt. Le 20 juillet, le capitaine Galsworthy, commandant le navire anglais le Kowshing, parlait de Takou pour transporter des troupes à Assan en Corée; il fut coulé près des îles Shup-sinto; seuls le capitaine Galsworthy, le capitaine allemand Hannecken, et 40 hommes sur 1500 purent se sauver. Les résultats des premières attaques des Japonais sur terre contre
la ville fortifiée d'Asan, en juillet, ne furent pas importants, car aussitôt après, sous la conduite de leur général comte Yamagata, ils s'engagèrent sur la route de Péking par la Mandchourie; le 15 septembre ils se rencontraient avec les Chinois à Ping-yang. Le général Tso fut laissé seul par ses collègues chinois Yeh et Wei, qui avaient battu en retraite le 16, les Japonais étaient vainqueurs et les Chinois se sauvèrent à Yi-lcheou, sur le Yalou, fleuve qui sépare la Corée de la Mandchourie et sert de frontière. Les Japonais étaient, deux jours plus tard, le 17 septembre, aussi heureux sur mer que sur terre et attaquaient victorieusement, à l'entrée du Yalou, la flotte de Tamiral chinois Ting, dont les vaisseaux transportaient des troupes à Yi-tcheou. Ce qui restait de la flotte eut grand'peine à se réfugier à Port-Arthur. Pendant ce temps, les Japonais se rendaient (8 octobre) maîtres de Yi-tcheou et, franchissant le Yalou, sous la conduite de leur général Nodzu (24 octobre), après quelques engagements, arrivaient à Founghouang-tcheng, d'où partent les trois routes de Moukden, de Nieou-tchouang et de Port-Arthur. De là, au lieu de se diriger sur Moukden, ils se dirigèrent vers le sud. L'attaque simultanée des troupes de terre et de la flotte permit aux Japonais d'emporter Port-Arthur (novembre 1894).
De la péninsule de Liao-toung, les Japonais portèrent leur attaque sur l'autre côté du Pet-che-li, sur le golfe du Chantoung, où Wei-hai-wei fut pris le 2 février 1895; enfin une autre flotte s'emparait des îles Pescadores et débarquait un corps de troupes à Formose. A la suite de ces revers, la Chine, représentée par Li Houng-tchang et Li Tching-fong, et le Japon, représenté par le Comte Ito Hirobumi et le Vicomte Mutsu Munemitsu, signaient à Shimonoseki, le 17 avril 1895, un traité en onze articles, par lequel l'Empire du Milieu cédait à son rival heureux la portion sud de la province de Feng-tien (Cheng-king, Mandchourie), l'île de Formose et les îles Pescadores. La Chine devait payer une indemnité de 200 000 000 de taêls.
Les villes de Cha-si dans la province de Hou-pé, Tchoung- King dans le Se-tchouen, Sou-tcheou dans le Kiang-sou, Hang tcheou dans le Tché-Kiang, étaient ouvertes au commerce japo-
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nais et des consuls pouvaient y être installés. La navigation élait libre pour les navires portant pavillon japonais sur le haut Yang-tse entre I-tchangetTchoung-king; sur la rivière de Wousong et le Grand Canal jusqu'à Sou-tcheou et Hang-tcheou; les Japonais pouvaient occuper Wei-hai-wei jusqu'à Texécution du traité. L'action combinée de la Russie, de la France et de TAllemagne empêcha le Japon de profiter des avantages qui avaient été consentis par la Chine sur le continent : il gardait Formosc et les Pescadores, mais la Russie le remplaçait en Mandchourie et l'Angleterre à Wei-hai-wei.
Les Russes. — L'intervention de l'Allemagne dans le Chan-toung devait amener des revendications russes; la Russie demandait la cession de tous droits souverains sur Port- Arthur et Ta-lien-ouan, sur la côte mandchourienne, pour la même durée et les mêmes conditions que celles accordées à TAlIcniagne pour l'occupation de Kiao-tcheou, ainsi que la concession pour un chemin de fer de Petuna à Moukden et Port- Arthur. Le gouvernement chinois (à la date du 20 mars 1898) accéda en partie à cette demande : Port-Arthur et Ta-lien-ouan furent donnés à bail pour vingt-cinq ans à la Russie, mais la Chine se réserva les droits souverains sur ces deux ports. Les concessions de chemins de fer ont, malgré le port ouvert de Nieou-tchouang, fait en pratique de la Mandchourie une province russe.
Les Allemands. — L'Allemagne, dont les intérêts commerciaux n'avaient cessé de grandir de jour en jour en Chine, ne pouvait rester indifférente aux progrès faits par les autres nations; à différentes reprises, cherchant à imiter l'exemple de l'Angleterre, elle avait essayé de créer sur les côtes de Chine un établissement durable en dehors des ports ouverts aux intérêts internationaux. Un point, sur la côte du Fou-Kien, un autre à Lappa, sur la côte du Kouang-toung semblaient être désignés par les manœuvres des navires de guerre allemands pour atteindre le but désiré. Il en fut tout autrement. Négligeant un protectorat sur les Missions catholiques qui a été jadis le grand moyen d'action de la politique française dans l'Extrême-Orient, nous avions, en 1882, laissé les Franciscains italiens de la pro-
vince de Chan-toung céder à des prêtres allemands du diocèse de Munster (Wesiphalie), couverts du nom de leur maison de Steyl en Hollande» une portion de leur territoire. Le Père J.-B. Ânzer, de Ratisbonne, fondateur de celte nouvelle Mission^ devint rapidement vicaire apo&lolique (1886). Le 1" novembre 1897, deux Pères appartenant à la nouvelle mission, Nies et flenle, étaient massacrés à Tchang-Kia-tcbouang (chan-toung) : le châliment de ces meurtres ne se fit pas attendre. Le 14 novembre 1897, Tamiral Diederichs se présenta avec les croiseurs IrèTie^ Kaiser, Princess Wilhelm et Arcona dans la baie de Kiao-lcheou où il débarqua sans la moindre difûculté. Après des pourparlers, le 5 janvier 1898, un contrat était signé entre TAllemagne et la Chine, par lequel cette dernière puissance accordait à la première la possession du bassin de la baie de Kiao-tcheou, avec quelques îles et un périmètre continental de 50 kilomètres, par un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans.
Les Anglais. — L'occupation de Port-Arthur par les Russes avait fait désirer aux Anglais de trouver un point d'attache à l'entrée du golfe de Pet-che-li, qui leur servirait non seulement d'appui en cas de guerre, mais de lieu de surveillance. Seule, la côle du Chan-toung pouvait leur permettre de trouver l'abri désiré. On se rappellera que, pendant la campagne de 1860, les premières bases d'opération avaient été, pour les Anglais, leur propre territoire de Hong-Kong et pour les Français la ville de Chang Haï. Les secondes bases avaient été, pour ceux-ci, Tchefou, sur la côte nord du Chan-toung, pour ceux-là Ta lienouan, sur la péninsule de Liao-toung, près de Port-Arthur, qui n'existait pas alors. C'est de ces deux points que partirent les deux flottes pour débarquer à l'embouchure du Pe-Tang-ho et prendre à revers les forts de Ta-Kou. Après la guerre, Tche-fou devint un port ouvert au commerce international, aussi les Anglais durent-ils chercher sur la côte du Phan-toung un autre point d'appui. Ce point, ils le trouvèrent à l'est de Tche-fou, à Wei-hai-wei, qu'ils obtinrent à bail, lorsque les Japonais évacuèrent la place. Dans une autre région, c'est-à-dire dans le sud même de la Chipe^ une nouvelle^ portion de la péninsule ^e Kaou-loun, en face de Hong-Kong, iqui avait été cédée à TAq-
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gleterre par la convention de Péking du 24 octobre 1860, élait reportée plus au nord, de façon à mettre en communication Deep et Mirs Bay, et à faciliter ainsi les moyens de transport vers Canton.
Les Français. — La France obtenait un avantage semblable avec la cession à bail (5 avril 1898) de Kouang-tcheou-ouan, baie de la péninsule de Loui-tcheou, qui ferme à lest, avec File deHainan, le golfe du Tong-King, au fond duquel se trouve Pak-hoi, port ouvert au commerce étranger, que nous ne pouvions demander, mais d*où nous pourrons tracer un chemin de fer vers le Si-Kiang. L'assassinat récent des enseignes de vaisseau Koun et Gourlaouen (13 novembre 1899) a amené, à la fin de Tannée dernière, une intervention de la France dans la région et la demande d'une indemnité de 200000 francs, qui a été accordée par la Chine. La cession de chemin de fer de Lao-Kaî à Yun-nan-fou était également obtenue, ainsi que nous le marquons ailleurs. Nos réclamations au sujet de Taugmentation de la concession française de Chang-Haï viennent d'être admises, malgré l'opposition d'autres puissances occidentales. Le déplacement du dépôt mortuaire des gens de Ning-Po, que des raisons sanitaires, plus encore que des raisons politiques, nous faisaient désirer de transporter en dehors de notre concession de Chang- Haï, avait amené une émeute populaire des Chinois, le 3 mai 1874, émeute qui s'est renouvelée le 16 juillet 1898 : nous ne pouvons que dire que la question chinoise, au point de vue français, comporte l'examen complet de nos intérêts dans les provinces méridionales les plus rapprochées du Tong-King et du Laos, la mise en communication de ces provinces avec le Kiang par l'intermédiaire de nos industriels ; c'est-à-dire ne pas considérer ce grand fleuve comme rentrant dans la zone d'influence de la Grande-Bretagne, nos intérêts i ChangHaî, ceux des Russes à Han Keou, tenant suffisamment en balance ceux des Anglais. Il est nécessaire encore de ne pas oublier de relier cette région du Kiang soit commercialement, soit politiquement avec le nord de l'Empire qui, dans la pratique, est russe. Si la Chine doit être démembrée, The Break-up of ChinUy suivant l'expression de Lord Charles Beresford, la France ne doit pas
rester indifférente, ni se laisser arrêter dans ses desseins par des rivaux plus audacieux que scrupuleux.
Les Italiens. — Les intérêts italiens sont surtout représentés en Chine par les missionnaires capucins et les prêtres des Missions étrangères de Milan dans les provinces du Ho-nan, du Ghen-si, du Chan-si, du Hou-pé, du Hou-nan et du Chantoung septentrional. Les demandes des autres puissances poussèrent le ministre dllalie à Péking, M. de Martino, à adresser au Tsong-li-Yamen, le 28 février 1899, une demande de cession de la baie de San-men, dans la province de Tche-Kiang, entre Ning-po et Wen-tcheou. On se souvient que M. de Martino fut rappelé de Péking par son gouvernement. Le peu d appui donné par quelques puissances occidentales à l'Italie, Thostilité très marquée de la Chine dans cette circonstance, ne permirent pas au nouveau ministre plénipotentiaire, M. Salvago Raggi, d'obtenir la cession à bail du territoire convoité ; il est juste d'ajouter que le cabinet italien, depuis sa dernière crise, n'était pas favorable à des aventures dont le résultat était douteux.
Missions commerciales. — Au lendemain de la guerre sino-japonaise et de la signature du traité de Shimonoseki (17 avril 1895), il était urgent d'étudier à nouveau l'état économique du Céleste Empire en général et de ses provinces moins connues en particulier. La Chambre de Commerce de Lyon prit l'initiative de cette enquête. La mission lyonnaise, dirigée par le consul E. Rocher (25 septembre 1895-3 mai 1896) et par M. Henri Brenier (3 mai 1896-28 novembre 1897), comprenait un médecin de la marine, le D** R. Deblenne, quatre délégués de la Chambre de Commerce de Lyon : MM. C. Métrai (soies et soieries), R. Antoine (soies), P. Duclos, ingénieur civil des Mines, L. Sculfort (commerce général et banque), des délégués des Chambres de Commerce participantes : Marseille^ MM. A. Grosjean (commerce général) ; Bordeaux, L. Rabaud (commerce général); Lille, A. Vial (filature de lin, constructions mécaniniques); Roubaix, A. Waeles (laines et lainages); Roanne, J. Riault (cotonnades), et un ingénieur hydrographe, M. A. Perre. On reprenait ainsi la tradition inaugurée en 1843 lors de l'ambassade de M. T. de Lagrené. Le Yun-nan, le
Kouei-tcheou et le Se-tchouen furent l'objet d'études approfondies, tandis que le Hou-nan, le Kouang-si et le Kouang-toung furent visités moins en détail. La Grande-Bretagne a imité l'exemple de Lyon ; le consul-général Byron Brenan a inspecté les ports ouverts de Chine et de Corée; la Chambre de Commerce de Blackburn a fait faire une enquête par le consul F.-S.-A. Bourne et deux autres personnes; les Japonais ont étudié Tchoung-king et le Kiang. Nous devons considérer la mission de Lord Charles Beresford, qui a quitté l'Angleterre le 25 août 1898, comme politique plutôt que commerciale : le résultat de cette mission a été la publication du gros volume intitulé : The Break-up of China.
Chemins de fer. — Le premier essai de chemin de fer en Chine eut lieu entre Chang-Haï et Wou-song, c'est-à-dire sur une étendue d'environ quatre lieues (1876). La guerre sino-japonaise et l'influence de Li Houng-tchang permirent de construire un réseau dans la province de Tche-li. Une nouvelle ligne a été commencée en 1897 entre l'arsenal de Kiang-nan et la ville de Wou-song. Un groupe franco-russe, représenté par la Banque russo-chinoise, a obtenu, par contrat du 21 mai 1898, la permission d'exploiter les mines de la partie nord de la province de Chan-si et de relier par un chemin de fer les villes de Tcheng-Ting et de Tai-youen-Fou. Des avantages accordés à un syndicat dit de Péking, composé de capitalistes anglais et italiens, en accordant à la même époque l'exploitation des mines du sud de la même province, puis plus tard, le 21 juin 1898, les mêmes avantages dans les préfectures du Ho-nan au nord du Fleuve Jaune, leur reconnaissaient également le droit de construire des chemins de fer.
En 1895, la petite ligne du Tche-li, destinée i l'exploitation des mines de charbon de Kai-ping, rachetée par le gouvernepient impérial, fut étendue et forma la voie Tien-tsin-Péking, de 135 kilomètres, ouverte en septembre 1897. De Péking, une autre ligne va à Pao-ting, capitale de la province du Tche-li ; une ligne va de Tien-tsin à Chang-flaï-Kouan, première passe de la Grande-Muraille et route de la Mandchourie. Un grand chemin de fer, désigné sous le nom de Grand Central, devra relier Han-
Keou sur le Kiang, à-rembouchure du Han, à Péking, et doit être construit par un syndicat franco-belge; ce Grand Central doit être continué de Han-Keou à Canton par les Américains (contrat du 14 avril 1898). Une autre grande ligne sera celle qui doit relier Tien-tsin à Tchen-Kiang, sur le Kiang, en longeant la route du Canal Impérial, cédée aux Anglais, mais avec des avantages accordés aux Allemands, dans la traversée du Chantoung. Les Allemands, qui ne restent pas indifférents à là ligne précédente, ont obtenu dans le Chan-loung les lignes de Kiao-tcheou à Wei-h'ien et Tsi-nan avec retour au même point par Yi-tcheou. Depuis le mois d'août 1898, le chemin de fer marche à nouveau de Chang-Haï à Wou-song. Les chemins de fer mandchouriens reviennent à la Russie et le transsil)érien, au lieu de suivre la rive gauche du fleuve Amour, en coupera la boucle sur la rive droite, et une de ses branches passera à Moukden pour aller à Port-Arthur. La France avait obtenu (20 juin 1895) que les voies ferrées entre TAnnam et la Chine lui seraient concédées, c'est-à-dire celle de Hanoï à la porte de Chine, prolongée jusqu'à Long-tcheou, Nan-ning et Pesé, sur Tune des branches du Si-Kiang (juin 1896 et 1897); celle de Pakhoï au Si-Kiang, les villes de Wou-tcheou et Nanning pourront être choisies comme points d'arrivée sur ce fleuve (mai 1898); enfin, en avril 1898, nous obtenions le droit de construire un chemin de fer à partir de notre frontière du Tong- King à Lao-Kay, à travers le Yun-nan jusqu'à la capitale de cette province. Les Anglais cherchent à nous faire concurrence dans cette région par un projet qui permettrait de rejoindre Mandalay, capitale de la Birmanie, par Koun-loung-ferry, frontière chinoise, à Tching-tou, capitale du Se-tchouen.
Coup d'État de sept. 1898. — Les velléités de libéralisme de l'empereur, l'appui qu'il donnait aux idées progressives venues de l'Occident, des projets qui semblaient prématurés, permirent à l'impératrice douairière Tse-hi de reprendre, le 21 septembre 1898, les rênes du gouvernement. Voulant montrer en même temps que son attitude n'était pas hostile aux étrangers, le 15 décembre 1898, Tse-hi recevait en audience officielle les femmes des ministres accrédités à la Cour de
Péking. Tout récemment, nous avons entendu des bruits ^ue Tempereur avait abdiqué ou même s'était suicidé; en réalité, coutume qui n'a rien d'extrordinaire dans l'Empire du Milieu, on a choisi comme héritier présomptif le prince Pou-tsiun, âgé de neuf ans. Ce ne serait, d'après quelques rigoristes chinois, que la réparation de l'usurpation qu'elle commit pour avoir la régence, en faisant choisir comme empereur Kouang-Siu au détriment d'un autre prince Pou. Li Houng-tchang, pour lequel elle avait créé un ministère du Commerce, a été envové à Canton comme vice-roi des deux Kouang. Il serait prématuré de vouloir dire, dans les circonstances actuelles (1900), ce que réservent de surprises à la politique européenne les mystères de l'administration chinoise. Il nous est toutefois permis de penser actuellement — nous disons < actuellement » — que ni les intérêts de la France, s'ils sont bien conduits, ni surtout ceux de la Russie ne seront lésés.
//. — La Corée \
Le Narwal. — La côte coréenne a souvent été funeste aux bateaux étrangers, témoin le naufrage de VEpervier^xx xvn' siècle et celui de la Gloire et de la Victorieuse en 1847 ; une catastrophe de ce genre a donné l'occasion à nos fonctionnaires de se distinguer d'une façon trop remarquable pour que nous la passions sous silence. Dans la nuit du 2 au 3 avril 1851, un baleinier français, le Narwal, s'échouait sur les iles de la côte S.-E. de Corée et se perdait. L'équipage, sauf un homme, échappait au naufrage; le second, monté dans une chaloupe, vint à Chang Haï prévenir M. de Montigny, consul français, de ce désastre. Equipant un lortcha, et se faisant accompagner par le comte Kleczkowski, son interprète, M. de Montigny se rendit luimême auprès des naufragés et les rapatria.
Massacres de 1866. — Mgr Ferréol était mort le 3 février 1853; il fut remplacé comme vicaire apostolique par