‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 133 sur 203 · Voir ci-dessus, t. X, p · texte numérisé non relu

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des Musulmans dans le Kan-sou, le fils de Djihanghir, Bouzourk Khan, se révolta contre les autorités chinoises, aidé par un soldat de fortune, Yakoub Beg.

TakoubBeg. — Mohammed Yakoub, fils dePir Mohammed Mirza, était né vers 1820, dans la petite ville de Piskent, dans le khanat de Khokand. Il s'était distingué dans les guerres contre les Russes à l'époque de Perovski, et de sa campagne sur le Syr-daria. Son chef Bouzourk, adonné à tous les vices, ne tarda pas à être déposé par lui (1866). Les Dounganes avaient pris le fort de Yarkand, à l'automne de 1863. Ce ne fut que Tannée suivante que commence la guerre; d'année en année, il remporte de nouveaux succès : hiver de 1864-1865, prise de Kachgar; printemps de 1865, prise de Yarkand; janvier 1867, prise de Khotan; été et automne de 1867, prise d'Aksou, de Kou-tche, etc.; janvier 1869, prise de Sarikol, etc. Les Russes ne pouvaient voir cette puissance nouvelle s'établir au cœur de l'Asie centrale, et un envoyé arrivait à la cour de Yakoub à Tautomme de 1868. Depuis lors, menacé d'un côté par les Russes, d'un autre par les Chinois, Yakoub chercha des appuis. Conslanlinople, impuissante à se défendre, ne pouvait naturellement que lui accorder des honneurs stériles : on lui permit de prendre le litre d'Emir El-Moumeneim, Commandeur des Croyants; son voisin, l'émir de Boukhara, le nommsi A Ualik- Ghazi, Chef des Champions de la Foi; l'Angleterre, qui avait vu avec plaisir s'affermir son pouvoir dans l'Asie centrale, n'accorda à Yakoub que des encouragements platoniques; des montagnes infranchissables l'empêchaient d'être un allié vraiment utile dans le cas où les Indes seraient menacées. Néanmoins elle envoya, en 1870 et 1873, à Yarkand, une mission spéciale sous la direction de Sir T. Douglas Forsyth.

La meilleure défense de Yakoub était son armée exercée i l'européenne; abandonné à ses propres ressources, il dut s'en servir d'abord pour consolider sa puissance dans son propre pays, ensuite pour essayer de lutter contre la Chine. Le règne éphémère de Yakoub aura eu pour résultat, comme nous allons le montrer, de mettre les Russes en contact direct avec les Chinois dans les Tien-chan et de compléter par l'annexion d'une

partie du territoire d*Ili leurs possessions de Ferghana et de Semiretchie.

Fin de la rébellion musulmane. — La Chine, débarrassée des musulmans du Yun-nan par la prise de Ta-li, avait pu diriger toutes ses forces vers le nord-ouest de TEmpire. L'ancien vice-roi du Fou-Kien, Tso Tsoung-tang, célèbre dans la guerre des T'aï-ping, et depuis vice-roi du Kan-sou et du Chen-si en 1867, fut nommé généralissime des troupes envoyées contre Kàchgar. Il se rendit maitre de la ville de Manas, se signala par un horrible massacre, et marchait contre Yakoub lorsque celui-ci mourut, miné par la fatigue et la maladie. L'œuvre de Yakoub finissait avec lui : les Chinois, contre lesquels ses successeurs ne pouvaient lutter, s'emparèrent successivement de la capitale de Témir, Aksou, le 19 octobre 1877, de Yarkand 1q 21 décembre, de Kachgar le 26 décembre et enfin de Khotan le 4 janvier 1878.

Affaire de Kouldja. — En 1871, les Chinois avaient accepté l'offre des Russes d'occuper la ville de Kouldja et le nord des Tien-chan jusqu'à pacification complète du pays; il était convenu que les frais d'occupation seraient remboursés par la Chine. Mais quand l'empire de Yakoub eut sombré et que le Céleste Empire voulut reprendre les Tien-chan, il fallut entamer des négociations avec la Russie. On fit choix de Tchoungheou, celui qui avait été envoyé en Europe après le massacre de Tien-tsin. Arrivé en Russie, ïchoung-heou signait à Livadia, en octobre 1879, un traité dont les conditions étaient tellement léonines que, vaincue, la Chine ne les aurait même pas acceptées, et qu'à son retour Tchoung-heou fut condamné à mort (non exécuté) et que ses biens furent confisqués. La Russie rendait une partie du territoire de Kouldja, mais en gardait la partie la plus florissante ; c'est-à-dire la vallée de la Tekkes au pied des Tien-chan, et les passes, particulièrement celle de Mouzarte, allant de Kouldja à Aksou, et qui coupe la route militaire faite par Kien-loung, mettant Kouldja en communication avec Kachgar. On comprend le rapport fulminant du censeur Tchang Tchi-long contre le malheureux diplomate.

Tchang Tchi-tong. — L'un des personnages qui ont pris

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une part très active à la politique de la Chine dans ces nières années est ce fonctionnaire important, aujourd'hui gouverneur général des deux Hou, dont la résidence officielle est Wou-tchang, sur la rive droite du Kiang, en face de Hankeou. Tchang Tchi-tong est un Chinois de Nan-p'i, dans la province de Tche-li, où il est né en 1835; juge dans la province de Canton en mars 1865; trésorier du Kiang-sou en mai 1868, il doit sa grande réputation au rapport qu'il fit comme censeur sur le traité signé par Tchong-heou avec les Russes à Livadia (1819). Depuis lors, il a été gouverneur du Chan-si (janvier 1882), gouverneur général des deux Kouang (août 1884), et enfin gouverneur général des deux Hou (8 août 1889). De lui dépendent en majeure partie les grands travaux entrepris à l'embouchure de la rivière Han, et le grand chemin de fer central qui doit relier le fleuve Bleu, à travers le Hou-pé, à Péking. Règlement de Taffaire de Kouldja. — La non-ratification du traité de Livadia était donc un casus belli. Tseng Ki-tse, fîls aine du vice-roi Tseng Kouo-fan, alors ministre à Paris et à Londres, fut envoyé à Saint-Pétersbourg pour reprendre les négociations sur de nouvelles bases. C'est le diplomate bien connu en Europe sous le nom de marquis Tseng; comme son père, il était originaire du Hou-nan, où il est né en 1837. Il est mort à Peking en 1890. Grâce à sa patience et à des conseils amicaux, il réussit dans une tâche qui paraissait impossible. Le 12-24 février 1881, Tseng signail à Saint-Pétersbourg, avec les plénipotentiaires russes Nicolas de Giers et Eugène Butzow, un traité en vingt articles qui rendait une grande partie du territoire contesté à la Chine; mais, par l'article VU : « La partie occidentale du pays d'Ili est incorporée à la Russie, pour servir de lieu d*établisscment aux habitants de ce pays qui adopteront la sujétion russe et qui, par ce fait, auront dû abandonner les terrains qu'ils y possédaient. La frontière entre les possessions de la Russie et la province chinoise dlli suivra, en parlant des montagnes Bédjin-taou, le cours de la rivière Khorgos, jusqu'à Tendroit où celle-ci se jette dans la rivière Ili et, traversant cette dernière, se dirigera au sud, vers les montagnes Ouzoun-laou, en laissant à Toucst le village de Koldjat.

Mariage impérial et audience. — 11 y a un certain parallélisme clans les événements qui ont précédé la majorité de Toung-tchi et celle de Kouang-Siu. Ce dernier, né le 2 août 1872, à Péking, s'est marié le 26 février 1889, à la fille de Kouei-siang, frère de Timpératrice Tse-hi, alors vice-lieutenant général, de la tribu Ye houa-la. Par un édit du 12 décembre 1890, l'empereur régla les audiences accordées désormais au corps diplomatique. C'était renouveler les traditions du règne précédent; mais, plus tard, les ministres d'Autriche et d'Angleterre demandèrent à être reçus dans une salle qui n'eût pas été attribuée aux réceptions des pays vassaux de l'Empire. Une nouvelle audience, en novembre 1894, fut accordée pour la première fois au Wen Hoa-tien, dans l'intérieur du palais impérial, aux ministres des Etats-Unis, de Russie, de France, d'Angleterre, de Belgique, de Suède et au chargé d'affaires d'Espagne.

Guerre sino-japonaise. — Les Japonais ont toujours émis de grandes prétentions sur la Corée depuis l'époque de l'impératrice Jin-go, et nous avons, dans un chapitre précédent*, parlé de l'invasion de ce pays par ïaico-sama. Des difficultés dans le genre de celles qui amenèrent l'intervention de la France

en 1866 et des Etats-Unis en 1871 furent le prétexte pour les Japonais de renouveler leurs prétentions sur la Corée. Le 20 septembre 1875, leur bâtiment de guerre V Cnyo/aiwan ayant été attaqué par les Coréens pendant qu'ils se livraient à des travaux hydrographiques, les Japonais forcèrent la Cour de Séoul à leur donner ample compensation et à signer à Kang-hoa un traité le 26 février 1876. Ni les Français ni les Américains n'avaient obtenu un résultat pareil. La Chine, soi-disant suzeraine de la Corée, comme de la Birmanie et de l'Annam, n'avait pris part à aucune des négociations. Le traité fut signé par le lieutenant-général Kuroda Kiyotaka, ministre des Colonies, et Inouye Kaoru, membre du Genroin, pour le Japon, et par Sin-Hon et In Jà-syng, pour le gouvernement coréen. Il était décidé que toutes les communications du Japon au gouvernement de Corée seraient écrites en japonais et, pendant une

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