‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 45 sur 203 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

De 1870 à nos jours.

L'histoire intérieure de la Roumanie et de la Grèce présente, de 1870 à nos jours, un assez faible intérêt. Ces deux pays s'étaient donné des constitutions, la Grèce en 1864, la Roumanie en 1866; leur mise en vigueur ne produisit d'abord qu'une stérile agitation parlementaire, des lutles d'ambitions et d'égoïsmes, des rivalités personnelles. Les partis, surtout en Grèce, n'étaient que des coteries, et l'on se disputait le pouvoir moins pour appliquer un programme et réaliser des idées que pour satisfaire des appétits.

Il n'en fut pas de même en Serbie, où de vrais partis se sont organisés et où la constitution rédigée en 1869 ne donnant pas satisfaction à la majorité du pays, l'opposition entama contre le souverain une lutte dont elle sortit victorieuse en 1889. La lutte, reprise en 1894, parait aujourd'hui tourner à l'avantage du souverain.

La guerre russo-turque et le traité de Berlin ont amené la création d'un nouvel Etat chrétien, la Bulgarie. Là aussi des partis se sont constitués, luttant pour délivrer le pays de toute tutelle et de toute influence étrangère, travaillant victorieusement à compléter l'unité du nouvel Etat par l'adjonction de la Roumélie. En sorte que la vie politique intérieure a été très active et présente un réel intérêt chez les Serbes et chez les Bulgares.

Dans les quatre Elats on a travaillé à mettre en valeur leurs ressources naturelles, à développer leur puissance économique;^ de là les grands travaux et les constructions de chemins de fer. Pour se mettre au niveau des Etats voisins à civilisation ancienne, on a créé des écoles et des établissements scientifiques. Pour pouvoir faire respecter une indépendance tardivement acquise, on a organisé des armées sur le modèle des grandes puissances militaires. Toutes ces créations ont nécessité beaucoup d^argent et des emprunts qui pèsent parfois lourdement sur les jeunes Etais.

/. — La Serbie.

La Régence. La constitution de 1869. — Le lendemain de Tassassinat du prince Michel (10 juin 1868) S sou cousin Milan Obrenovitch fut proclamé prince, conformément à la loi successorale de 1859. Le nouveau prince n*ayant pas quatorze ans, la Skoupchtina élut régents le général Blasnovats, Gavrilovitch et Ristitch. Ce dernier avait joué un certain rôle dans les négociations de 1864 relatives à Tévacuation des citadelles par les Turcs. D*esprit souple et délié, il avait Tintelligeuce nette, une grande ambition, beaucoup de confiance en lui-même. Plus jeune que ses collègues, il prit cependant dans le conseil de régence une influence prépondérante.

Depuis qu elle élait libre, la Serbie vivait en fait sous le régime du bon plaisir princier. Le paysan, qui est toute la nation serbe, ne marchandait pas sa confiance à Miloch et au prince Michel. Mais, des écoles serbes et des universités étrangères commençaient à sortir des hommes désireux de participer au gouvernement du pays. Sous leur influence, la Skoupchtina émit le vœu « qu'il fût procédé à une organisation du pouvoir législatif telle que la nation prit une part active et légitime à la direction de ses affaires ». Les régents préparèrent une constitution qui fut votée le 29 juin 1869.

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