‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 4)Chapitre 9 sur 203 · LA FIN DU PREMIER MINISTÈRE GLADSTONE · texte numérisé non relu

LA FIN DU PREMIER MINISTÈRE GLADSTONE

stone se décida alors à dissoudre le Parlement; les élections (janvier 1874) envoyèrent à la Chambre 350 conservateurs, 244 libéraux et 58 Irlandais. Gladstone quitta le pouvoir, et il parut décidé à prendre une retraite définitive. En 1874 il parut encore à la Chambre pour soutenir l'intérêt de TÉglise d'Ecosse, puis pour défendre la Haute Église (anglicanisme aux cérémonies à la romaine) menacée par une loi sur le culte public. En janvier 1875 on publia une lettre écrite dix mois auparavant et par laquelle Gladstone informait un de ses amis qu'il renonçait à être leader du parti libéral. Le parti élut à sa place un whig aristocrate, lord Hartington, fils aîné du duc de De von shire. Gladstone vécut dès lors pendant deux années loin de la politique. Il écrivait des brochures contre l'infaillibilité du pape, commentait Homère, traduisait en vers la description du bouclier d'Achille, recevait Schlieman, l'initiateur des fouilles de Troie et de Mycènes. Il ne devait reprendre son rang dans l'opposition qu'au moment des massacres de Bulgarie.

Les deux partis et la législation des trade-unions. — Après la réforme électorale de 1867 qui donna le droit de suffrage à beaucoup d'ouvriers urbains, les trade-unions ou syndicats corporatifs commencèrent à jouer un rôle politique en Angleterre. Les unions étaient tolérées depuis 1825, mais le droit de coalition accordé i cette époque aux ouvriers était limité par la loi aux questions de salaires et de durée du travail, et les juges condamnaient toute action collective appliquée à d'autres objets. De plus les unions n'avaient pas la personnalité civile; en 1867, un secrétaire de syndicat ayant dissipé les fonds qui lui avaient été confiés, les tribunaux refusèrent de le condamner, sous prétexte qu'une trade-union n'avait pas qualité pour posséder une caisse ni pour ester en justice. Les ouvriers réclamaient que leurs associations corporatives fussent « incorporées », c'est-à-dire dotées de la personnalité civile comme l'avaient été les sociétés de secours mutuels. Ils demandaient encore l'abolition de la loi maître et serviteur qui imposait i l'ouvrier, dans le contrat de travail, des conditions beaucoup plus dures qu'au patron : si le premier rompait son engagement, il tombait sous le coup de la loi criminelle et était

lie LA GRANDE-BRETAGNE ET L'IRLANDE DEPUIS 1873

eondamhé à la prison; si le second renvoyait ses ouvriers, ceux-ci ne pouvaient lui réclamer que des dommages-intérêts. En une seule année (1863), lapplicalion de la loi inaîlre et serviteur avait été requise 10339 fois devant les tribunaux. Dans ces affaires il suffisait d*un seul juge pour prononcer une condamnation. Le témoignage du patron était reçu, celui de Touvrier n*était pas admis.

Les réclamations des ouvriers contre la loi maître et serviteur reçurent un commencement de satisfaction sous le ministère Disraeli (1867). Leurs demandes relatives aux trade-unions furent d'abord mal accueillies par les classes dirigeantes et par le gouvernement. On croyait encore à cette époque que les syndicats étaient des sociétés secrètes où Ton préparait la révolution sociale par les moyens les plus violents. Il arriva précisément qu'en 1866 des explosions de dynamite eurent lieu à Sheffield chez des ouvriers qui avaient refusé d'entrer dans les syndicats locaux ou de travailler au tarif fixé par eux. Le gouvernement fit instituer (1861) une commission parlementaire pour entreprendre une enquête sur l'action et les procédés de syndicats ouvriers depuis dix années. Cette enquête, qui venait d'un sentiment d'hostilité contre les unions, tourna à leur avantage, en révélant leur véritable esprit au public anglais : la commission conclut que les attentats de Sheffield étaient individuels, que les neuf dixièmes des unions se proposaient simplement d'obtenir des patrons, par des moyens pacifiques, des conditions avantageuses pour leurs membres. En conséquence, les commissaires proposaient au gouvernement d'accorder aux unions la personnalité civile, mais en leur imposant l'obligation de rester dans les bornes prescrites par la loi de 1825. Les patrons étaient fort mécontents et les ouvriers n'étaient pas satisfaits. Après quatre années de discussions et de polémiques, le ministère Gladstone fit voter la loi sur les trade-unions de 1871 qui donne à ces associations la personnalité civile; mais, en même temps, pour ne pas s'aliéner les industriels, en grande partie libéraux, il fit adopter un < amendement à la loi criminelle »,- par lequel la t molestation et l'intimidation » de la part des ouvriers étaient punies

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