‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 111 sur 176 · A. Chuquet, La Guerre de 1870-71, pp · texte numérisé non relu

A. Chuquet, La Guerre de 1870-71, pp

Moscou et du Point-duJour; Ladmirault, à Amanvillers; Canroberty à Saint-Privat. Comme au 1 6 août, la gauche des Français était solide, fortement appuyée, et, en outre, défendue par des tranchées-abris qu'elle eut le temps de construire. Mais leur droite était en lair : venu le dernier à Tarmée du Rhin, Canrobert avait moins d'hommes et de canons que les autres chefs de corps, et il ne put élever d'ouvrages de campagne parce que son génie ne l'avait pas rejoint.

Le 18 août, à midi, après s'être convaincu que les Français voulaient, non se retirer sur Briey, mais se maintenir sur les hauteurs de RozérieuUes et d' Amanvillers, Moltke assaillit leurs positions : il avait réuni presque toutes les forces de la I*" et de la II* armée.

Les Allemands furent repoussés à notre gauche par Frossard et Le Bœuf. S'ils prirent Saint-Hubert, ils ne purent emporter ni Moscou ni le Point-du-Jour. Au soir, le VP corps reculait, saisi de panique, et le IP corps de Fransecky, qui venedt à son aide, échouait dans ses tentatives.

Au centre, Ladmirault tint ferme dans Amanvillers et ne perdit pas un pouce de terrain.

Mais, à droite, Canrobert fut tourné et complètement battu. S'il écrasa la garde royale sur la pente découverte de Saint- Privât, il dut, à la tombée de la nuit, sous l'épouvantable canonnade de vingt-quatre batteries saxonnes et prussiennes, sous un véritable ouragan de fer et de feu, se replier vers Metz dans un affreux désarroi, et cette déroute entraîna celle de Ladmirault.

Bazaine n'avait pas paru sur le champ de bataille. Il ne sortit de son quartier de Plappeville que pour se rendre sur le mont Saint-Quentin, où il passa deux heures à pointer des canons vers l'extrémité de sa gauche sur un point inabordable à l'ennemi. II n'envoya ni instructions ni renforts à ses lieutenants, et dans cette grande bataille où Moltke et le roi Guillaume disposaient de iSOOOO hommes et de 700 pièces, il n'engagea ni la réserve générale d'artillerie ni la garde impériale, qui eût changé le sort de la journée si elle ayait secouru Canrobert. Le maréchal craignait évidemment de compromettre sa réputation. Aussi nommait-il cette bataille, non pas une bataille, mais une défense

de lignes, la « défense des lignes d*Amanvitlers > : c était, selon lui, une simple action où il ne s*agissait que de conserver ses positions, et le commandant en chef n*avait pas à intervenir. Saint-Privat coûtait 20000 hommes aux Allemands et 13000 aux Français. Mais Bazaine était rejeté sous Metz, et Moltke le fit aussitôt bloquer par les trois corps de la V armée et par quatre corps de la IF qui formèrent une armée de 160000 hommes commandée par Frédéric-Charles. Lui-même et le roi Guillaume rejoignirent le prince royal de Prusse qui se dirigeait avec 137 000 hommes sur Paris par Nancy et Bar-le-Duc. Une nouvelle armée, dite armée de la Meuse, eut mission de marcher sur Paris par Verdun et Sainte-Menehould ; elle était aux ordres du prince royal de Saxe et comptait 86 000 hommes.

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