‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 131 sur 176 · VII. — Les classes ouvrières · texte numérisé non relu

VII. — Les classes ouvrières

Les classes ouvrières et la Révolution de 1848. —

La Révolution de 1848 fut une révolution sociale. Pour la première fois, les classes ouvrières, telles que la grande industrie avait commencé à les modifier, pouvaient, à la faveur des événements politiques, espérer faire entendre avec quelque chance

de succès leurs revendicalioDS. Des hommes qui avaient pris à cœur la défense de leur cause et se flattaient d'avoir trouvé des remèdes efficaces à leurs maux, étaient portés au pouvoir au moment le plus inattendu. Pendant quelques jours, les classes ouvrières, confiantes dans le nouveau gouvernement, purent se bercer de Tespoir de voir réaliser leurs désirs.

La crise violente de 1845 avait durement accusé un des maux nouveaux, un des plus redoutables, apportés par la grande industrie : le manque de travail pour des hommes qui ne pouvaient compter que sur leur salaire. Celui-ci faisant défaut, c'était la misère inévitable avec tout son cortège de souffrances. Une des demandes les plus vives des ouvriers était celle de Torganisation du travail. Ils voulaient que TEtat intervint pour régulariser la production industrielle, et atténuer ces à-coups el ces heurts qui rendent leur vie si incertaine et contre lesquels les plus laborieux et les plus rangés se trouvent impuissants.

Audacieusement, le Gouvernement provisoire s'engagea i satisfaire à cette demande, et, dans sa proclamation du 5 février, il reconnut < le droit au travail », qui devait se transformer, dans la Constitution, en un simple devoir d'assistance pour la société. Trois jours après, une commission permanente était créée sous la présidence de Louis Blanc, avec mission d'étudier les moyens de réaliser cette promesse. Mais les ouvriers, que la crise avait privés de travail, ne pouvaient attendre les résultats de l'enquête, et, dès le 26 février, le gouvernement décrétait l'organisation d' « ateliers nationaux », où les sans-travail pourraient trouver à occuper leur activité, et seraient assurés de recevoir une rémunération pour leurs services.

Malheureusement, celte solution par trop simple ne put résoudre le problème. Moins d'un an après leur ouverture, les ateliers nationaux étaient dissous. Ils avaient causé au gouvernement de nombreux ennuis, et ne s*étaient montrés qu'une forme coûteuse et peu efficace de la charité. Quant à la Commission du travail, elle n'aboutit à aucun résultat.

Pour répondre à une autre demande des ouvriers, le décret du 2 mars limita à dix heures à Paris, et à onze heures en province la durée de la journée de travail. C'était la première fois,

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