‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 14 sur 176 · LES RESTAURATIONS · texte numérisé non relu

LES RESTAURATIONS

sions de ses défenseurs, succomba, dans tous les pays où elle avait triomphé, à Fintervention ou à Thostilité de l'étranger : et la période des restaurations succéda à celle des révolutions.

La réaction en Sicile. — La première et la plus facile s'accomplit en Sicile, où les troupes napolitaines n'occupaient encore que Messine. Encouragé par la nouvelle de la victoire de l'Autriche dans le nord, Ferdinand II rompit l'armistice conclu en septembre 1848 : Filangieri marcha contre les volontaires siciliens commandés par le Polonais Mierolawski, s'empara de Taormina le 4 avril 1849, de Catane le 6, et parut le 8 devant Palerme : la ville dut capituler le 15 mai, après une résistance acharnée. La Sicile était désormais soumise, et le régime absolutiste rétabli dans le sud de l'Italie.

La réaction en Toscane. — Restaient les trois républiques de Venise, de Rome et de Florence. Celle de Florence n'eut, grâce aux fautes de ses chefs, qu'une existence éphémère. Le premier acte de l'Assemblée constituante toscane, réunie le 25 mars, avait été de mettre fin aux pouvoirs du triumvirat, et de confier la dictature à Guerazzi : ce dernier ne s'en servit que pour essayer de la conserver, s'entoura de volontaires livournais qui se rendirent odieux au peuple par leur indiscipline, et provoqua par ses maladresses, à Florence et dans les campagnes, une double insurrection monarchique (11-12 avril). La municipalité florentine, composée de libéraux constitutionnels, s'empara alors du pouvoir au nom du grand-duc, qu'elle pria de revenir. Léopold II se fit précéder d'une armée de 18 000 Autrichiens qui occupa Florence et Livourne (15-22 mai) et lui permit de suspendre le statut, contrairement à ses promesses, et d'emprisonner les principaux chefs du parti démor cratique. La restauration s'était donc accomplie en Toscane, grâce à une perfidie, mais sans effusion de sang.

La réaction à, Rome. — Il n'en fut pas de même à Rome. Tout contribuait en effet à rendre longue et sanglante la lutte qu'allaient livrer les défenseurs. et les adversaires de la jeune république. D'une part c'était à Rome que s'étaient réfugiés les chefs ou les défenseurs du parti démocratique. italien, chassés de leur patrie par la. réaction. On avait vu successivement y

HltTOlU OtlIÉRALC. XI. 5

accourir Mazzini, qui n'avait joué qu'un rôle restreint dans les événements de 1848 et qui trouvait pourra première fois uq cham|) d'action favorable i ses idées; Garibaldi, jeune général génois que dé brillants combats contre l'Autriche avaient rendu populaire; enfin une foule de volontaires, toscans, génois où siciliens qui venaient défendre à Rome le dernier boulevard de l'indépendance. Les proscrits entretenaient l'enthousiasme du peuple et stimulaient le zële de la Constituante, qui sur leurs instances, ordonnait de sérieux préparatifs de défense et déléguait le pouvoir exécutif à un triumvirat composé de Mazzini, Saffi et Armellini.

D'autre part, Pie IX ne restait pas inactif et trouvait sans peine des alliés. Dès le 18 février il s'était adressé aux puissances catholiques pour leur demander leur concours contre la république. La France, l'Autriche, l'Espagne et le royaume de Naples répondirent à son appel, mais ne purent s'entendre, i la conférence de Gaête (mars-avril 1849), sur les conditions de l'intervention. Gomme l'Autriche semblait décidée à agir seule, Louis-Napoléon, Président de la République française depuis décembre 1848, résolut de brusquer les choses et de la devancer à Rome, afin de ne pas lui permettre d'acquérir une influence prépondérante dans le centre de l'Italie. Après avoir obtenu un vote favorable de l'Assemblée constituante, il envoya un corps de 7 000 hommes, sous Oudinot, débarquer i Gività-Vecchia (26 avril). Cette petite armée avait une mission assez mal définie : elle devait c se trouver présente aux événements dans le double intérêt de l'influence française et de la liberté qui pourrait courir des dangers ». Quand elle se présenta devant les murs de Rome, où elle comptait être reçue en libératrice, elle fut attaquée et battue (30 avril) et dut conclure une suspension d'armes.

La république romaine avait marqué nettement son intention de repousser par la force toute tentative d'intervention. Elle vit aussitôt ses frontières envahies : au nord par les Autrichiens, qui s'emparèrent de Bologne (8 mai) ; au sud par les Napolitains, que Garibaldi put arrêter et battre à Velietri (19 mai); à l'ouest par les Espagnols, qui débarquèrent à Terràcine. Enfin le général ^Oudinot, dur l'ordre de Louis-Napoléon soutenu par la

Page 1