‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 15 sur 176 · LES RESTAURATIONS · texte numérisé non relu

LES RESTAURATIONS

nouvelle Assemblée législative, reprit les hostilités (3 juin) et se disposa à investir Borne, à la tête de 30000 hommes. Il commença les travaux de. siège le 4, le bombardement le 13 et s*empara le 30 d*une partie des murs. La défense était désormais impossible, et Garibaldi, qui commandait Tarmée, sortit de Rome avec 5 000 volontaires pour continuer la lutte dans les Apennins (2 juillet). L'Assemblée constituante, reculant devant une guerre des rues, reçut la démission de Mazzini, laissa à la municipalité le soin de traiter avec Tennemi et se sépara lors de l'entrée des troupes françaises, en promulguant, comme suprême protestation, la constitution républicaine qu'elle avait élaborée pendant le siège. Le 14 juillet, le général Oudinot proclamait la restauration de la souveraineté temporelle du pape. Garibaldi, traqué de tous cdtés par les troupes autrichiennes, réussissait à leur échapper et à s'embarquer pour Gênes.

Chute de Venise. — Le drapeau de l'indépendance italienne ne flottait plus que sur les murs de Venise. Les habitants de cette ville, bloqués depuis le mois de septembre 1848, allaient donner à l'Italie un admirable exemple d'héroïsme, de concorde et d'union. Quand la nouvelle de Novare leur eut enlevé tout espoir d'être secourus, l'Assemblée nationale publia ce simple décret : « Venise résistera à tout prix; Manin est investi de pouvoirs illimités ». Elle fit un emprunt forcé, et confia le commandement de ses volontaires au Napolitain UUoa; à l'investissement succéda le bombardement, quand les Autrichiens se furent emparés du fort de Malghera sur la Terre-Ferme (26 mars); au bombardement s'ajoutèrent bientôt la famine et le choléra. Quand la ville n'eut plus que pour dix-huit jours de vivres, Manin comprit que l'heure était venue, laissa la municipalité négocier la capitulation avec le général Gorzkowski, déposa le pouvoir et s'embarqua pour la France le jour même de l'entrée des Autrichiens à Venise (27 août 1849).

L'Italie républicaine succombait donc comme avait succombé l'Italie monarchique, et les deux partis qui avaient pris successivement la direction des événements s'étaient mdâtrés impuissants à réaliser leur programme : l'un avait trop compté sur les princes, réfractaires à l'idée italienne, l'autre sur le peuple.

inapte encore à se gouverner, lui-même; tous deux avaient cru trop facilement que Tltalie pourrait triompher toute seule d'un adversaire aussi redoutable que TAutriche. De Texpérience tentée ressortaient pourtant des motifs d'espérance en même temps que des leçons. Si le Pape avait trompé Tattente des Giobertistes, un prince s'était rencontré qui s'était fait le soldat et était devenu le martyr de l'indépendance. Si le peuple avait paru dépourvu des qualités politiques que lui attribuaient les Mazziniens, il avait prouvé par son héroïsme, à Milan et à Venise, à Rome et à Palerme, qu'il était accessible au sentiment national, et il avait pour la première fois pris part au mouvement patriotique autrement qu'en spectateur. L'immense effort qu'avait tenté l'Italie en 1848 et en 1849 n'était donc pas resté complètement infructueux; il lui avait donné conscience d'elle-même en prouvant que la cause nationale avait désormais une dynastie pour la représenter et un peuple pour la défendre.

BIBLIOGRAPHIE

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