‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 143 sur 176 · LE CONCILE ŒCUMÉNIQUE 1)U VATICAN · texte numérisé non relu

LE CONCILE ŒCUMÉNIQUE 1)U VATICAN

concile, c'est que Pie IX n*invitait pas les princes catholiques à s'y faire représenter, comme cela avait eu lieu pour les autres conciles œcuméniques, notamment pour celui de Trente. Getle décision n'avait pas été prise sans hésitation. Admise, puis rejetée, elle avait élé volée définitivement le 28 juin 1868, au risque de rendre irrévocable l'hostilité de certains chefs d'Etats C'était la rupture officielle de tout lien entre les pouvoirs séculiers et le pouvoir religieux; mais comme la rupture de fait préexistait, du chef des pouvoirs séculiers, la décision contraire, explicable au moyen âge, ne se fût pas comprise au xix*" siècle. Les gouvernements, sentant la différence des temps, se tinrent sur la réserve et n'osèrent pas réclamer.

Préparatifs du concile; le règlement du 27 novem-* bre 1869. — U n'y avait plus de temps à perdre pour préparer le concile. Pendant l'hiver 4868-1869, Pie IX appela auprès de lui un grand nombre de théologiens d'Italie, de France, de Belgique, d'Allemagne, d'Espagne, d'Amérique, pour élaborer les projets qui devaient être soumis au c'oncile. Ces théologiens furent répartis en sept commissions, présidées chacune par un cardinal, et ayant des attributions distinctes.

Pendant que les commissions travaillaient, les gens du dehors ne restaient pas silencieux. De tous côtés, on s'occupait du futur concile; et à son sujet paraissaient une foule d'écrits, de brochures, d'articles de journaux, dont quelques-uns devaient avoir un singulier retentissement. Le 6 février 1869, en effet, parut dans la Civilta cattolica une correspondance française qui indiquait, comme le but exclusif à atteindre et comme le désir de tous les catholiques, l'adoption par le concile des doctrines du «Si/Z/a^t^s et la proclamation de l'infaillibilité du pape. Le Catholique deMayence protesta, et cela suffit pour susciter dans les principaux pays d'Europe une vive polémique. Les germanistes d'Allemagne et les gallicans de France se montrèrent les plus ardents. En Allemagne, le chanoine DôUinger rédigea ou inspira les Lettres de Janus (mars 1869), qui furent réfutées

i. En avril 1868, le prince de Hohenlohe, ministre des AfTaires étrangères de Bavière, avait essayé de s'entendre avec les divers cabinets européens pour entraver la réunion du concile.

par Hei^enrôther. En France, M^ Maret, évèque in partibus de Sura, fit paraître en septembre un livre intitulé : Le concile et la paix religieuse^ et le mois suivant (10 octobre), le Correspondant publiait un article qui passa pour refléter les idées de M^ Dupanloup; etc. C*est au milieu de celte agitation que devait s'ouvrir le concile du Vatican.

Quelques jours avant Touverture, le pape promulgua, par la bulle Multipliées inter (27 novembre 1869), le règlement élaboré par la commission cardinalice pour la tenue du. concile. Ce règlement, qui différait assez sensiblement de celui du concile de Trente, reconnaissait aux Pères le droit de formuler des propositions, que le pape restait libre de soumettre ou non au concile, ordonnait le secret des délibérations, réglait la tenue des congrégations générales^ dans lesquelles on discutait les décrets conciliaires % et celle des sessions publiques^ dans lesquelles ou les publiait % etc. Les sessions publiques devaient être présidées par Pie IX lui-même, et les congrégations générales par le cardinal de Reisach. Ce dernier étant mort le 23 décembre fut remplacé par le cardinal De Angelis.

Ouverture et premiers travaux du concile ; nouveau règlement du 20 février 1870. — Le 8 décembre. Pie IX ouvrit le concile et tint Isl première session publique. Ce jour-là, Rome présentait un spectacle unique. Dans la grande basilique de Saint-Pierre, où la salle synodale avait été construite, étaient réunis 723 prélats, venus de toutes les parties du monde'. Après les prières et les cérémonies d*usage, la session fut occupée par la prestation du serment d*obéissance et par une allocution du pape. La seconde session publique fut fixée au jour de TEpiphanie (6 janvier 1870).

Elle fut précédée de plusieurs < congrégations générales ».

1. Chaque membre y votait oralement par oui (placel), non {non placel), oui avec amendement {placet juxta modum).

2. Dans ces sessions, on ne pouvait voter que par placet ou non placet.

3. Ces 723 Pères du concile se répartissaient ainsi : 49 cardinaux, 9 patriarches, 4 primais, 123 archevêques, 481 évêques, 6 abbés nulUus, 22 abbés généraux, 29 généraux ou vicaires généraux d'ordre. Â la date du 20 décembre, le nombre des Pères monta à 743. 11 fut réduit par suite de décès, de maladie, de congés, ou d^abstentions à 667 à la troisième session (24 avril 1870), à 335 à la quatrième (18 juillet).

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