‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 145 sur 176 · IV. — Les cultes non catholiques · texte numérisé non relu

IV. — Les cultes non catholiques

Le protestantisme en Allemagne. — Le protestantisme se divise, on le sait, en trois confessions principales : luthérienne, calviniste, anglicane. Dans chacune d'elles, des tendances diverses ont abouti de 18i6 à 1870 à des groupements plus ou moins hostiles les uns aux autres.

Dès ISiS, les luthériens d'Allemagne organisent une Union évangélique^ qui tient depuis ce temps, à l'instar du Piusverein catholique, des assemblées périodiques. — En 1857, une autre association, V Alliance évangélique^ fondée à Londres en 1846 par l'Ecossais Chalmers, tint son onzième congrès à Berlin, SOUS la protection du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume IV, qui n'avait pas renoncé à l'espoir d'unir les différentes confessions de son royaume. Le diplomate prussien De Bunsen y embrassa publiquement le calviniste genevois Merle d'Aubigné, au grand scandale du parti orthodoxe. \j Alliance tint une nouvelle assemblée à Genève en 1862. Là, les méthodistes, très hostiles au rationalisme, entrèrent en lutte ouverte avec les protestants allemands, dont la plupart inclinaient du côté de la libre pensée. — Aussi, dès l'année suivante (1863), ces derniers fondèrent, en opposition avec Y Alliance évangélique, une association nouvelle {Protestanteiiverein), afin de « renouveler l'Eglise protestante par l'esprit de liberté évangélique et la mettre en rapport avec le progrès de la civilisation ». En fait, cette association se distingua surtout par sa négation du caractère surnaturel du christianisme.

De leur côté, les luthériens rigides, ayant à leur tôte le professeur berlinois Hengstenberg, repoussaient toutes ces unions, qu'ils trouvaient plus ou moins équivoques et beaucoup trop

€ libérales ». Pour lutter contre elles, ils formèreat des espèces <le confréries provinciales composées de purs luthériens. — La lutte entre les deux tendances, orthodoxe et rationaliste, n*a fait que s^accroltre avec le temps. La seconde devient un danger pour les Églises établies, qui ne se soutiennent plus que grâce à Tappui de TEtat.

Le protestantisme en Suisse, France, Hollande. — Une crise semblable agite le calvinisme franco-suisse. En Suisse d'abord, le principe de la libre association religieuse, proclamé sous rinfluence d*Alexandre Vinet, avait miné le crédit de rÉglise officielle. Lorsqu en 1864 elle voulut fêter le troisième centenaire de la mort de Calvin, il y eut contre le despotisme du réformateur des protestations, qui, pour être rétrospectives, n*en étaient pas moins ardentes.

En France, M. de Gasparin et un Suisse, M. Monod, fon-

dcrent en 1848 V Union des Eglises évangéliques de France^ qui fit une opposition déclarée à FEglise reconnue par TElat. Il y eut alors séparation entre les croyants, dont M. Guizot {7 4874) resta le chef respecté, et ceux qui avaient cessé de Tètre. Ces derniers formèrent bientôt un parti important, sous la direction de MM. Pécaut, Réville, Coquerel fils, Edmond Schérer. Ils adhérèrent aux principes rationalistes de Fécole de Tubingue, et éliminèrent tout élément surnaturel du christianisme. Un tiers parti, dirigé par MM. Coquerel père et de Pressensé (7 1891), chercha a conserver un peu de christianisme positif, tout en refusant d'adopter un symbole de foi arrêté.

En Hollande, un nouveau système synodal s'oi^anisa en 1850. Mais là encore TEglise officielle a à lutter contre des Eglises séparatistes et contre les progrès constants de Tincrédulilé sous ses diverses formes.

Le protestantisme en Angleterre et en Amérique. — En Angleterre, le mouvement « puséiste » continuait. Le D' Pusey était toujours sur la brèche, et, bien qu*il soit resté jusqu^à sa mort (1882) attaché à TEglisie anglicane, qu*il aOectait de considérer comme une partie intégrante de la catholicité au même litre que TEglise romaine, ses prédications et son influence, jointes à celles des convertis Newman et Manning,

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