LES CULTES NON CATHOLIQUES
contribuèrent pour une large part à la diffusion du catholicisme dans la haute société anglaise. — En sens inverse, sept savants d'Oxford publièrent en 1866 des Essays and reviews, dans lesquels ils émettaient sur le caractère du christianisme des idées nettement rationalistes. La Haute Cour leur infligea un < blâme officiel », qui n'empêcha pas la nouvelle école essayist de se répandre. Elle finit par donner naissance au parti de la Broad
Church (large Eglise), qui tient le dogme pour peu important, et, par la témérité de sa critique, déconcerte TÉglise établie.
Aux Etats-Unis, où il n'y a pas d'Église officielle, la grande majorité de la population protestante n'appartient à proprement parler à aucune Eglise, et assiste indifféremment aux offices des diverses « dénominations », selon l'occasion. Il faut noter cependant l'influence considérable prise par les méthodistes, grâce surtout à la campagne active qu'ils ont menée contre les esclavagistes.
En 1865, l'Anglais W. Booth essaya de rajeunir le méthodisme par la fondation de 1* < Armée du salut » {Salvationarmy). Cette secte nouvelle, née à Londres, et organisée militairement, a pour but principal de s'emparer des classes populaires. Une « expédition conquérante » envoyée en Amérique y a recruté un certain nombre d'adhérents.
Rapports des catholiques et des protestants. — Si maintenant nous recherchons quels ont été, de 1846 à 1870, les rapports entre catholiques et protestants, nous constatons le progrès des idées de tolérance. Divers gouvernements, qui ne l'avaient pas encore fait, adoptent le principe de la parité politique des deux confessions. Dans les pays catholiques, ces mœurs nouvelles étaient tout à l'avantage des protestants, qui obtenaient une organisation ecclésiastique ; dans les pays protestants, tout à l'avantage des catholiques, qui obtenaient la liberté religieuse.
C'est ainsi qu'en 1856 les protestants hongrois se virent offrir par l'empereur François-Joseph une constitution ecclésiastique. Sur leur refus de l'accepter (1859), une loi de 1860 leur reconnut ^autonomie, dont ils jouissaient en fait depuis longtemps. Les prolestants germano -slaves d'Autriche se con-
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formèrent au contraire à l'organisation qui leur fut donnée en 1866. — En Italie, les Vaudois du Piémont obtinrent en 4848 les droits civils. — En Espagne au contraire, la lutte contre le protestantisme, qui s*y insinue par Gibraltar avec les prédicants anglais, fut d'abord menée vigoureusement Mais, après la chute de la reine Isabelle (1868), un temple évangélique fut construit i Madrid, et des prédicants allemands, aidés de quelques Espagnols, parvinrent à constituer en Espagne une vingtaine de communautés protestantes.
En sens inverse, la Hollande accorda en 1848 la liberté religieuse aux catholiques. — En Danemark, la Constitution proclama la liberté des cultes et Tégalité politique de tous les citoyens en 1849. — La Suède et la Norvège suivirent cet exemple en 1873. — En 1869, sur la proposition du ministère Gladstone, TEglise anglicane fut c désétablie » en Irlande, c'està-dire perdit dans ce pays son caractère d'Eglise d'Etat, et par suite sa juridiction et son droit de lever des dîmes. — En Suisse, la situation des catholiques était devenue moins favorable après la guerre du Sonderbund, qui donnait la prépondérance à l'élément radical et protestant. Toutefois les conflits entre protestants et catholiques restèrent localisés jusqu'en 1878; ils devaient devenir plus étendus et plus graves après le concile du Vatican.
Progrès de rémanoipation des Juifs en ESurope. — Le mouvement libéral de 1848 fut favorable aux Juifs et amena leur émancipation dans la plupart des pays qui avaient maintenu ou restauré les anciennes prohibitions.
En Allemagne, l'émancipation fut promise ou décrétée par la plupart des Etats* dès 1848. Retardée quelque peu par la réaction de 18S0, elle finit par prévaloir d'une façon complète ou
presque complète dans 29 Etats allemands, parmi lesquels la Prusse (1850), la Saxe, le Wurtemberg, la Bavière (1855). En fait, toutefois, les Juifs continuèrent à être exclus en Prusse des fonctions publiques. — L'émancipation leur fut accordée par les villes de Hambourg en 1861 et de Francfort en 1864. — En 1869, la nouvelle Confédération du Nord abolit sur -son territoire toutes les restrictions civiles et politiques qui subsistaient encore, notamment dans leMecklembourg; et cette déci-
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sion fut étendue deux ans plus tard à tout l'Empire allemand, notamment à la Bavière et aux autres Etats du Sud (1871).
En Autriche, la révolution de 1848 n*eut pas pour les Juifs des effets aussi durables qu'en Allemagne. L'ancienne législation avait été rétablie dès 1853, et les Juifs durent attendre la Constitution autrichienne de 1861, pour voir proclamer Tégalité do tous les habitants de TEmpire devant la loi. — La mémo année, les Chambres hongroises votèrent Témancipalion, sans toutefois inscrire les frais du culte israélite au budget de TEtat.
En Italie, les diverses révolutions de 1848 avaient supprimé les derniers € ghettos » ; mais ils furent rouverts après la réaction absolutiste. La Sardaigne seule les maintint fermée- II en résulta que la cause des Juifs se trouva liée à la politique de Victor-Emmanuel. A mesure que le royaume de Sardaigne
s*annexait de nouveaux Etats, les Juifs de ces Etats acquéraient leur liberté (Toscane, Modène, Lombardie, Romagnes, 1859; Ombrie et Marches, 1860 ; Sicile et Naples, 1861 ; Vénétie, 1866; Etats pontificaux, 1870).
Les Juifs furent émancipés en Suède en 1848, en Danemark en 1849, en Espagne en 1868; dans ce dernier pays toutefois,
leur culte public ne fut pas autorisé. — La Suisse, les Principautés danubiennes, la Russie, TEmpire ottoman se montrèrent seuls réfractaires à ce mouvement, auquel avait cédé, en moins de quatre-vingts ans, tout le reste de l'Europe.
BIBLIOGRAPHIE
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