LA MÉTROPOLE ET LES COLONIES DE 1848 A 1870 Q
de la vente dés concessions et de payer le transport des journaliers et des ouvriers est confié aux Emigration Commissioners & Londres. A côté de cette administration de TÉtat, diverses Compagnies se forment (celles de l'Australie du Sud par exemple» ou celle de la Nouvelle-Zélande) , obtiennent de TEtat une énorme concession de terres, un ou plusieurs prêts importants et font de rémigration suivant le système Wakefield une entreprise commerciale au profit de leurs actionnaires. Les autres tentatives pour encourager Témigratiôn sont peu importantes.
Les émigrants libres se dirigent naturellement vers les pays déjà peuplés et choisissent les traversées les plus courtes. Ils vont en masse au Canada et aux Etals-Unis. L'application du système Wakefield et Tinstitulion d*une caisse et d'un office d'émigration après 1831 ont eu pour but précisément de détourner vers TAustralasie et le Cap une partie du courant qui s'écoulait vers l'Amérique du Nord.. La tentative a réussi. De 1837 à 1872, dernière année où ils aient fonctionné, les commissaires pour l'émigration ont expédié 369961 personnes en Australie et 14 531 au Cap. L'émigration totale du Royaume- Uni s'élève progressivement de 23 000 personnes en moyenne par année avant 1830 à 100 000 entre 1840 et 1846. La population blanche des colonies s'est élevée de 50 000 personnes en 1783 a un million et demi. La perte des habitants des Etats-Unis n'est pas encore compensée.
Vers 1847, le Canada reçoit un afflux de population considérable par suite de la misère irlandaise En 1845 éclate la maladie de la pomme de terre : la récolte ayant manqué, la population irlandaise est en proie à une famine épouvantable (1846-47). Les afl'àmés mangent de l'herbe, du lichen, viennent dans les villes ramasser les épluchures; on trouve des Irlandais morts de faim sur les routes; une foule d'entre eux s'embar* quent pour l'Amérique. En 1846, on compte 110 000 Irlandais sur un chiffre total de 130 000 émigrants du Royaume-Uni; le nombre des émigrants irlandais s'élève à 218 000 en 1847, et monte par une progression constante (sauf en 1848, 188 000) à 255 000 en 1851 (sur une émigration totale de 336 000 per, tonnes). Eii 1847, on essaya dé diriger sur le Canada le gro»
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des émigrants irlandais. Les malheureux s'eatassaient sur toute espèce de navires ; les entrepreneurs d'émigration les embarquaient sur des vaisseaux en mauvais état, sans médicaments, sans médecins; la phtisie, les maladies contagieuses, la fièvre se déclarèrent dans presque tous les départs : plus de 16 pour 100 des émigrés moururent sur \eê navires ou dans les quarantaines qu'on leur imposa à l'arrivée. Le gouvernement du Canada, les associations philanthropiques et religieuses donnèrent aux émigrés une aide qui fut insuffisante à cause de leur nombre excessif. Dans les années suivantes, les émigrants irlandais se dirigèrent de préférence vers les Etats-Unis. Une partie des survivants de 1847 les y rejoignit.
L'émigration irlandaise diminuait à peine que la découverte de mines d'or en Australie précipita les émigrants vers ce pays. On y vint de toutes les parties du monde occidental, mais surtout du Royaume-Uni. Le total des émigrants britanniques s'éleva de 248 000 en 1848, année de baisse légère, à 370000 en 1852, année où le chiffre d'émigration a été le plus élevé. Ensuite il n'y a plus de crise grave en Angleterre ni d'attraction puissante aux colonies. Le chiffre s'abaisse à 450 000 après 1854, époque où l'on augmente le nombre des engagements pour l'armée; il tombe à 65 000 en 1861, mais il se relève ensuite, pour monter fortement à partir de 1871.
En somme, de 1846 à 1870, plus de 4 600000 émigrants ont quitté le Royaume-Uni (contre 1600000 environ do 1815 i 1846). Cette émigration a augmenté beaucoup la population du Canada et de l'Australasie, mais elle a profité aux États- Unis dans une proportion beaucoup plus grande.
Le développement de l'émigration libre a fait négliger, puis abandonner l'émigration d'Etat. Les commissaires pour l'émigration continuèrent à fonctionner jusqu'en l'année 1873, où ils furent supprimés. Mais leur caisse ne recevait presque plus d'argent depuis que la vente des terres publiques avait été abandonnée par la métropole aux colonies autonomes (1855)« Celles-ci furent libres d'employer le produit de la vente i encourager l'émigration ou à d'autres dépenses. Quelquesunes fondèrent des agences d'émigration à Londres. Mais^