CHAPITRE XX
Chine. — Russie et Chine. — Annam. — Siam et Cambodge.
Birmanie. — Japon.
De 1850 à 1870.
/. — La Chine.
L'empereur HienFoung (1851-1861). — Le quatrième fils de Tac Kouang, mort le 25 février 1850, Yih Tchou, en montant sur le trône, prit le nom de règne de Hien Foung ^ Les révoltes intérieures qui avaient ébranlé le Irône de son grand-père K*ia K'ing allaient redoubler de vigueur; la brèche ouverte dans Tempire sous le règne de son père Tao Kouang devait s'élargir. Hien Foung, ni comme homme, ni comme souverain, ne fut à la hauteur de sa tâche : il masqua par sa faiblesse et ses cruautés sa profonde incurie, et son empire dut le salut à ceux-là mêmes qui lui avaient déclaré la guerre : les Français et les Anglais.
Les Tai Ping. — Les sociétés secrètes, formées depuis la fin du xvn* siècle en vue du renversement de la dynastie mandchoue, avaient été un sujet de préoccupation constante pour les T'sing; sous des noms divers, leurs efforts étaient
\, Voir ci-dessus, t. X, j). 988.
incessants : nous avons vu sous le nom de Pei Lien Kiao un mouvement considérable sous Tempereur K*ia K*ing '; sous la direction de Hong Siu-tsuen, une révolte plus formidable encore allait ébranler le trône impérial.
Hong était le troisième et plus jeune fils d'un propriétaire paysan, et était né en 1813, dans un petit village du district floa, à dix lieues au nord-est de Canton. Quoique très intelligent, il échoua dans ses examens à Canton, où il fit la connaissance de missionnaires protestants (1833). Ses sentiments patriotiques, la connaissance de livres étrangers, puis, à la suite d^une maladie (1837), des visions, lui persuadèrent qu'il avait une grande mission à remplir et il chercha autour de lui des disciples pour Taider à l'accomplir. Il convertit à ses idées Foung Yun-san, qui devint un auxiliaire précieux; en 1844, Hong se rendit dans le Kouang-si pour prêcher ses idées, et dès 1850, le mouvement religieux devient politique. La mort de l'empereur Tao Kouang (25 février 1850) est en quelque sorte un signal, et, au mois d'octobre, Hong passe de la prédication à l'action. Alors commence une longue marche à travers la Chine ; une formidable armée de rebelles à la tète de laquelle Hong marche sous le titre de roi céleste. Tien Wang^ est commandée par quatre lieutenants, Yang^ Sieou, Foung y Wei^ rois de l'Est, de l'Ouest, du Sud et du Nord (Tong-Wang, Si- Wang, Nan-Wang et Pe-Wang); dans le Kouangsi ils font le siège de la capitale, Kouei-lin, puis ils pénètrent dans le Hou-nan, assiègent Tchang-Cha, et, par la rivière Siang, pénètrent dans le lac Toung-ting qu'ils traversent, jusqu'au Yang-tse, à Yo-tcheou (13 décembre 1852). Rien n'arrête leur descente sur le Kiang; toutes les grandes villes tombent successivement entre leurs mains : Hankeou (23 déc. 1852), Wou-tchang (12 janv. 1853), Kiu-kiang (18 févr.), Ngan-king (24 févr.). Les rebelles paraissent enfin le 8 mars en face de la grande ville de Nan King, qui capitule après un formidable assaut, quelques jours plus tard. Le chef des rebelles se proclame Fils du Ciel et sa dynastie devient celle des T'ai Ping, tandis que