‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos jours (volume 5)Chapitre 95 sur 176 · I. Voir ci-dessus, t. X, p · texte numérisé non relu

I. Voir ci-dessus, t. X, p

dans le peuple on désigne les insurgés sous le nom de Tchang Mao (longs cheveux), parce qu'ils ont renoncé à la coutume tartare de se raser le haut de la lèle et qu'ils laissent pousser tous leurs cheveux comme à l'époque des Ming. Cependant les étrangers s'émeuvent de ce mouvement considérable et le gouverneur de Hong Kong, Sir George Bonham, à bord de r/Ter/wès (mai 1853), M. de Bourboulon, sur le Cassini {30 nov.), et le vapeur américain Susquehanna (mai 1854), se rendaient à Nan King pour visiter les rebelles.

Marche vers le nord. — Maîtres de Nan King, les T'ai Ping traversent le Kiang, battent les Tartares à deux reprises (12 et IS mai 1853), s'emparent de Fong Yang (28 mai); de la province du Kiang-sou, ils sont passés dans le Ho-nan, dont ils ne peuvent prendre la capitale Kai-foung; ils traversent le Fleuve Jaune, passent dans le Chan-si et pénètrent enfin dans leTche-li (29 sept.). Leurs éclaîreurs paraissent devant Tien-tsin (30 oct.) : Peking va tomber entre leurs mains. Est-ce frayeur? est-ce changement de plan? ou les inondations, ou le manque d'approvisionnement? Ils rebroussent brusquement chemin et reprennent la route du sud. De nouveau, ils traversent le Fleuve Jaune (17 mars 1854), ils s'emparent de la ville importante de Lin-tsing (12 avril), et enfin regagnent le Kiang.

D'autre part, ils avaient consolidé leur position sur ce grand fleuve. Une campagne dans le Kiang-si leur avait livré le lac Po-yang; ils mettaient le siège devant Nan-tchang (juin 1853), puis ils étaient remontes le long du fleuve et ils reprenaient Wou-tchang, capitale du Hou-pe (26 juin 185i), qu'ils évacuent et reprennent pour la troisième fois au mois de mars l'année suivante.

Ghang-haX. — Cependant les T'ai Ping allaient se trouver en présence des étrangers. Du 7 septembre 1853 au 17 février 1855, les rebelles occupèrent la ville chinoise de Chang-haï, mais leur présence devait être la source de conflits entre les résidents européens et eux-mêmes ou avec les troupes impériales. Ces dernières menaçant les concessions étrangères, un contingent de résidents et de matelots anglais et américains les repoussa par la force le 4 avril 1854 (bataille de Muddy

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Fiai, sobriquet donné à Chang-liaï, à cause de sa position dans une plaine boueuse). Le 9 décembre 1854, Tamiral Laguerre bombardait les rebelles et, le 6 janvier suivant, ses deux navires, la Jeanne d'Arc et le ColbeiHy achevaient de dégager notre concession avec ses compagnies de débarquement; nous perdîmes dans cette action deux officiers et sept soldats de marine tués sur le coup; trente-quatre autre avaient été blessés.

Mais nous devons abandonner un instant les T*ai Ping pour parler d'autres événements, qui à la même époque menaçaient la Chine.

Les Musulmans au Yun-nan. — Cette rébellion commença au Yun-nan entre mineurs musulmans et chinois, qui se prirent de querelle. A cinq jours de marche de Ta-li-fou, se trouvaient des gisements de galène argentifère mis en pleine exploitation et en commun par des Chinois et des Musulmans. Le Chinois, âpre au gain, tenta bientôt d'évincer son compatriote musulman, mais celui-ci, peu heureux au début de son travail, avait vu ses efforts réussir et refusa d'employer à son tour le Chinois moins prospère : de là rixes, quelques hommes tués, les Chinois repoussés, et le mandarin, pris de peur, qui au lieu de calmer l'effervescence, s'enfuit à Yun-nan-fou pour rédiger un rapport foudroyant contre les Mahomélans, et mettre ainsi le feu aux poudres. Craignant d'être attaqués, les Musulmans se fortifièrent, mais les Chinois, revenus en nombre, les attaquèrent vigoureusement et massacrèrent tous ceux qu'ils purent saisir dans les villages voisins. Grâce aux mandarins, le calme revint, les troubles cessèrent, mais pour renaître bientôt.

Un massacre général des Musulmans fut organisé par un certain Houang Tchoung, vice-président du ministère de la Guerre et leur ennemi acharné; mais, prévenus, les Matiométans ayant à leur tête leur grand prêtre Ma Teh-sing, et Tou Wen-Sieou, tous deux fort considérés par leurs coreligionnaires, se mirent en mouvement, et s'emparèrent de Ta-li-fou, qui resta désormais la capitale et la forteresse des Musulmans dans le Yuu-nan.

Un certain Ma H*sien, dont le frère avait été un des premiers mineurs tués près de Ta-li-fou, fut le second chef militaire de ces 20000 hommes, mis en marche par Ma Teh-Sing. Sa témérité, son énergie, donnèrent une telle impulsion à ses coreligionnaires que les Musulmans, en 1860, étaient vainqueurs sur tous les points. Malgré leur immense succès, les deux Ma, qui auraient pu dicter les plus dures conditions aux troupes impériales, se soumirent et se contentèrent d'obtenir du gouvernement de Peking, pour Ma H'sien, qui changeait son nom en celui de Ma Ju-Lung, le grade de général de brigade, des grades correspondants dans Tarmée impériale aux chefs subalternes, et de larges gratifications aux soldats.

La soumission des deux Ma (1860) fut une faute irréparable; elle am^oa la ruine du parti musulman; nous verrons ultérieurement * que les succès temporaires de Tou Wen-Sieou, resté sultan de Ta-li, n'empêchèrent pas son écrasement définitif (janvier 1873).

Premières difficultés avec F Angleterre. — Le traité de Nan King^, du 29 août 1842, avait été complété par un traité supplémentaire, signé par Sir Henry Pottinger, à Hoomun-Chae, le 8 octobre 1843, relatif principalement à la réglementation du commerce. Conformément à l'article XII du premier traité, et à l'article XI du second, les îles Chousan et Koulangsou avaient été évacuées' aussitôt après le paiement des indemnités. Par une convention, signée le 4 avril 1846 à Bocca Tigris, par le gouverneur de Hong Kong, Davis, les conditions d'admission des étrangers à Canton étaient réglées ; il était également stipulé que Tile Chousan, évacuée par les Anglais, ne serait jamais cédée par la Chine à une autre puissance occidentale; que même, si elle était attaquée par des étrangers, la Grande-Bretagne la reprendrait pour la restituer à la Chine; cette convention fut complétée par un arrangement conclu par le haut commissaire impérial Ki Ying deux jours plus tard.

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