Voir ci-dessous, chapitre xii
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Le règne de Philippe I~ lient donc, dans Thistoire des pro* grès de la royauté capétienne, une place moins insignifiante qu*on ne Ta cru généralement. Mais ce léger accroissement de territoire était encore loin de donner à Tautorité monarchique la force matérielle dont elle avait besoin pour accomplir sa tâche. Il s'en fallait que le roi fût le maître réel de toutes les parties de la région soumise à son pouvoir direct. Partout s!étaient élevées, dans les moindres recoins de llle-de-France, des dominations illégitimes, des lignées de châtelains hérédi* taires, qu'il était impossible d'extirper, une fois qu'on les avaîl laissées croître. Le sol capétien s'était hérissé de donjons hostiles, entraves permanentes pour la sécurité et le commerce des grandes cités, fléaux intolérables pour les habitants des campagnes. Bref, le roi de France, malgré la dignité de son titre, en était arrivé à ne plus oser se mouvoir dans son étroit domaine. Celui à qui les plus puissants seigneurs devaient l'hommage lige ne pouvait sortir de Paris sans se heurter aux forteresses construites par de nobles brigands, terreur des clercs, des marchands et des laboureurs. Dénuée d'argent et de soldats, végétant sur son patrimoine amoindri, la royauté, qiû avait conservé un certain prestige au dehors, dans les fiefs situés aux extrémités du territoire national comme dans les États étraih gersj n'obtenait plus chez elle ni o)>éissance ni respect. La terre ennemie commençait à deux pas de sa capitale : la grosse tour de Montlhéry suffisait à faire vieillir de chagrin l'héritier des deux dynasties franques, le successeur de Charlemagne.
Pour faire rentrer la dynastie régnante dans ses propriétés et dans ses droits, libérer le pays capétien des tyrannies qui l'opprimaient et supprimer le brigandage, les négociations et la diplomatie ne suffisaient plus. La guerre s'imposait, et une guerre ardente, impitoyable, contre des ennemis aussi nombreux que redoutables par leur ténacité et leur perfidie; une guerre de hardis coups de main et de furieux assauts, telle qu'il la fallait, en un mot, pour réduire des adversaires solidement retranchés derrière les murailles de leurs donjons. Cette action militaire, continue et toute d'offensive, n'était plus le fait d'un roi comme Philippe I", envahi par l'obésité, affaibli par les excès.
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L'heureuse étoile de la dynastie fît naître, au moment voulu, Fhomme qui convenait merveilleusement à la situation. Il se trouva que le prince royal, le futur Louis le Gros était le plus énergique des soldats \
BIBLIOGRAPHIE
Doeuinente. — Les textes relatifs à Vhîsieire de la France, au x* et au xi« siècle, ont été réunis dans la collection des Historiens de France et des Gaules, t. IX, X, XI et XII, mais beaucoup d'entre eux ont été améliorés et réimprimés à part dans des éditions critiques que nous ne pouvons énuniérer ici.
Eilvre*. — Parmi les ouvrages d*intérét général relatifs à cette période» on consultera avec fruit : Die Kii1akrtflin,»to Lutte des Robertiens et des Carolingiens, t. I et unique d'une Histoire du royaume de France sous les premiers Capétiens (en allemand), 1877; — F. Lot, les Derniers Carolingiens, Lolfiabe, Louis V, Charles de Lorraine (954-991), fasc. 87 de la Bibliothèque de l École des hautes études, 1891, ouvrage d*une érudition précise et sûre, mais où les théories générales et les portraits historiques sont sujets à caution ; — A. Luchaire, Histoire des Institutions monarchiques de la France sous les premiers Capétiens, 2 vol., 2® éd.. 1891; le méme,.ifanue/ des Institutions /Vofiçatses, période des Capétiens directs, 1892; — Pltoter, Études sur le règne de Robert le Fieux (996-1031), 1885; le même. De Fulberti Camotensis episcopi vita et operibus, 1886; «—. J. Havat, Introduction aux Lettres de Gerbert (1889); — Monod, Études sur l'histoire de Hugues Capet {Revue historique, t. XXVlIi). ;
Pour les rapports de la France capétienne avec l'Allemagne, voir \e& Jahrbûcher des deutschen Reicbs, sous les règnes d'Otto II (Giesebrecht)^ d'Otto ni (Wilxnans), d'Heinri^i U (Hineh, Pabst et Breslau), de Konrad II (Breslau), d'Heinrich III (SteindoifT).
Pour les rapports avec. la papauté, voir, outre les ouvrages généraux sur la papauté du x« et du xi® siècle, notamment sur Grégoire VII, dont la bibliographie sera donnée ailleurs, les monographies suivantes : Hoffmann, Das Verhâltniss Gregorius VU zu Frankreich, 1877 ; — Wiedemann, Gregorius VU und Erzbischof Manassés I von Reims, 1885; — Brôcking, Die fr(mzôsische Politik Papst Leo's IX, 1891.
Pour les rapports avec la Normandie et l'Angleterre : Marion, De Normannorum ducum cum Capelianis pacta ruptaque socictate, 1892; — Freemann» Norman Conquest, 5 vol.
Les ouvrages relatifs aux provinces, et les biographies des personnages de la féodalité et de TÉglise qui intéressent Fhistoire générale, pendant cette période, sont fort nombreux. On se bornera à citer : D'Arbois de Jubain-villë, Hisfoire des ducs et comtes de Champagne, t. 1 ; — Vaissette, Histoire de Languedoc (éd. Privai), t. III; — E. Petit, Histoire des ducs de Bourgogne de la troisième race (1887), t. I; — De Salies, Histoire de Foulqtte Nerra, 1874; — Lex, Eudes U, comte de Blois, 1892; — De Certain, Amoul, évéque d'Orléans (dans Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XIV).
1. Voir la suite de celte histoire au tome II de cet ouvrage.