‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos joursChapitre 117 sur 180 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

de 395 à 1087

/. — Période celtique et romaine.

Ga£l8 et Bretons. — Les lies qui forment aujourd'hui le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d*Irlande, étaient, avant Tëre chrétienne, occupées par des peuplades de race celtique. Ces Celleg se divisaient en deux groupes, qui parlaient des dialectes difTércnts. C*étaient dabord les Goideh ou Gaêls^ arrivés les premiers, et qui avaient supplanté dans Tile d'Albion une population dorigine ibérique. Uerse parlé en Irlande, le manx dans rilc de Man et le gaélique dans les Hautes-Terres d'Ecosse procèdent des idiomes parlés par ce groupe. Puis vinrent les Bry thons ou Bretons, qui donnèrent leur nom à la grande lie, où ils se substituèrent à leurs frères gaéliques. Leur langue est parlée aujourd'hui par les Gallois de la Grande- Bretagne et par les Bretons de France; elle l'était encore, au siècle dernier, par les habitants de la Cornouailles anglaise. Plus tard des Gaulois s'établirent sur la côte orientale de la Grande- Bretagne et des Belges sur la côte méridionale. Ces derniers étaient aussi des Celtes, mais avec un mélange d'éléments germaniques.

Tous ces peuples étaient barbares. Ils n*avaient pas de villes.

En temps de guerre, ils se peignaient le visage pour terrifier leurs ennemis ; repoussés en rase campagne, ils s*abritaient derrière des remparts en terre garnis d'une grossière palissade. Comme les Gaulois, ils sacrifiaient à leurs dieux des victimes humaines. Ils avaient des bardes et des druides. Les premiers chantaient les exploits des héros; très honorés en Albion, ils s'effaçaient, en Irlande, devant les devins ou voyants (filé). Les druides seuls savaient lire récriture dite ogamique * el employer certains mètres poétiques ignorés du simple barde, qui n'avait besoin de rien apprendre : « son intelligence naturelle lui suffisait ». Les druides, dans les Iles Britanniques comme en Gaule, étaient à la fois magiciens, prêtres et professeurs; ils étaient juges des peuples et des rois, et étaient exempts de toutes charges. En Irlande, ils devaient servir à l'armée et n'avaient pas de fonctions judiciaires. Les doctrines qu'ils enseignaient n'étaient pas secrètes : la principale, celle de l'immortalité de l'àme, était répandue dans tout le peuple. Ils avaient un grand renom de sagesse. C'est en Bretagne en effet qu'allaient s'instruire les jeunes gens de Gaule et d'Irlande. Comme ceux du continent, les Celtes de ces îles étaient divisés en tribus composées de familles unies par le sang, et commandées par des guerriers qui portaient le nom de rois. Ils ne formaient pas un corps de nation : les rivalités des tribus, toujours armées les unes contre les autres, facilitèrent la soumission du pays aux Romains.

La conquête romaine. — Commencée par César (55-34 av. J.-C), interrompue après lui pendant près d'un siècle, reprise sous l'empereur Claude (43 ap. J.-C), la conquête de la Bretagne fut achevée sous Domitien par Agricola. L'île ne fut pas cependant occupée tout entière : les montagnards de Càlédonie * déjouèrent les efforts d'Agricola aussi bien que de l'empereur Sévère, et les Romains durent se résigner à les contenir. Deux lignes de retranchements, munies de postes fortifiés, furent établies, l'une par Hadrien, du Solway à l'embou-

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