LES PREMIERS EMPEREURS DE LA MAISON DE.GOMNENB
soumettant à Fempereur, reçoivent de lui des terres en Macédoine. En Asie surtout, l'Empire est compromis par Tapparition redoutable des Turcs Seldjoukides, hordes guerrières qui s'étaient réunies sous le commandement de Seldjouk, pour se jeter à la fois sur l'empire arabe et sur l'empire grec. Vers 1030, sous le commandement d'Arslan, fils de Seldjouk, ils franchissent l'Oxus, font la conquête du Khorassan. Ils s'étendent ensuite sur les provinces voisines de l'empire des Ghaznévides, puis envahissent l'Arménie, où ils se heurtent aux' Byzantins (1048). En 1064, ils sont maîtres d'Ani. Fidèle aux traditions de courage des grands empereurs de la maison macédonienne, Romain Diogène veut lui-même défendre l'Asie Mineure. Dans trois campagnes il lutte avec quelque succès; mais les armées dont il dispose manquent de cohésion; en 1071 , il est vaincu et fait prisonnier à Manzikert par Alp-Arslan, arrière-petit-fils de Seldjouk. Le vainqueur traita avec générosité l'empereur captif; il le remit en liberté moyennant une rançon et un tribut annuel; mais, quand Diogène rentra dans ses Etats, il y trouva un nouvel empereur. Il essaya vainement de ressaisir le pouvoir, dut se rendre, et eut les yeux crevés. L'avènement des Gomnène. — En 1081, une nouvelle dynastie s'établit avec Alexis Gomnène, descendant d'une famille noble de Paphlagonie qui déjà, avec Isaac I" Gomnène, avait occupé le trône (1057-1059). Habile général, il avait, sous le règne précédent, lutté victorieusement contre Oursel de Bailleul qui, à la tête de chevaliers francs et normands, s'était détaché du service de l'Empire. Par son courage, son intelligence, il semblait destiné à rendre à l'Etat la sécurité et l'ordre. Sans doute, s'il avait été libre, il aurait tourné ses efforts contre les Turcs; mais, du côté de l'Occident, s'élevait contre lui un redoutable ennemi. Robert Guiscard, maître de l'Italie méridionale, songeait à s'étendre aux dépens de l'Empire, peut-être même à s'emparer de la dignité impériale. Sous le règne de Michel VII, il avait traité avec l'empereur, dont le fils, Constantin, devait épouser sa fille Hélène. Il prétendit se poser en vengeur de son allié et opposa à Alexis Gomnène un imposteur qu'il faisait passer pour Michel VII. Exploitant
les ressentiments de la papauté contre les Grecs, il se fît accorder par Grégoire VII l'investi tu re de ses futures conquêtes. Avec 30 000 hommes, il aborde sur la côte orientale de l'Adriatique, assiège Durazzo. Alexis, obligé de faire face à ce danger, traite avec les Turcs, et, d*autre part, cherche des alliés en Occident; il excite contre Robert Guiscard son neveu Humphroi. Le Normand étant Tallié du pape, Alexis veut être celui de Tempereur d'Allemagne, et envoie à Henri IV 144 000 sous d'or, 100 pièces de soie. Il lui promet un fort subside s'il tente dans l'Italie du sud une expédition qui rappelle Robert Guiscard a la défense de ses Etats. Les Vénitiens, fidèles à leur politique traditionnelle, envoient contre les Normands occupés au siège de Durazzo une flotte commandée par le doge Domenico Selvo. En retour, ils obtiennent de nouveaux privilèges commerciaux à Constantinople, l'exemption de toute redevance sur leurs marchandises, la possession d'un quartier autonome à Péra. Alexis, qui a réuni 70 000 hommes, ne parvient pas à débloquer Durazzo; il est battu, la ville est prise (1082) et les Normands assiègent les places de l'Epire et de la Thessalie. L'empereur fait alors appel à tous les moyens : il ordonne, malgré les protestations du clergé, de fondre des objets d'or et d'argent appartenant aux églises ; il a recours à des auxiliaires turcs que lui envoie Soliman. En 1083, les Normands assiégés dans Castoria, tandis que Robert Guiscard a dû retourner en Italie au secours du pape, sont obligés de se rendre. Robert Guiscard tenta une nouvelle expédition en 1084. Elle fut interrompue par sa mort (1085), et l'empereur rentra même en possession de Durazzo.
Délivré de ce côté, Alexis voit recommencer bientôt les entreprises des Petchénègues. Dès 1085, ils ravagent la Thrace. Battus, ils reviennent l'année suivante. En 1088, il conduit lui-même contre eux une expédition, mais il est complètement vaincu à Drister. Il ne se débarrasse d'eux> par la victoire de Lebunion (1091), qu'à l'aide d'autres Barbares, les Koumans. Bientôt ceux-ci l'attaquent à leur tour, mais sont battus à Taurokomon (1094).
Alors seulement. Alexis peut songer à reprendre la lutte contre