LA CRISE DE L'EMPIRE AU III* SIÈCLE
C*est la force des choses qui avait amené cette transformation du pouvoir impérial. Il est devenu en droit ce qu'il était déjà en fait. Il faut tenir compte de cette circonstance qu'au m* siècle le pouvoir appartint à des empereurs orientaux ou vivant en Orient. L'Empire, dépouillé de son caractère de monarchie élective et déléguée ^ prend les airs d'une royauté asiatique. Héréditaire et sacré comme les anciennes monarchies orientales, il a de plus qu'elles une organisation qui assure une action régulière sur les sujets. C'est le pouvoir le plus fortement organisé que le monde ait connu. Mais en même temps l'Empire a pris cet autre caractère des monarchies orientales : souvent l'empereur est un personnage insignifiant, tout occupé à des cérémonies, laissant gouverner les fonctionnaires qui ^entourent, des favoris, des eunuques, des femmes.
L'entourage de rempereur : sa maison militaire et sa maison civile. — Chaque empereur a sa maison militaire : plus de prétoriens depuis Constantin, et le préfet du prétoire est devenu un simple agent de justice.
La maison militaire se compose : d'une garde du palais, divisée en plusieurs corps appelés scolœ et qui est sous les ordres du maître des offices {magister officiorum) ; d'une garde du corps {domestici et protectores équités et pédestres)^ qui a remplacé les anciens prétoriens, sous les ordres du comte des domestiques.
Il a son conseil, appelé depuis Dioclétien consistoire {consistorium sacrum) y composé des quatre grands chefs des services civils * de conseillers, des chefs des divers bureaux, du préfet du prétoire, chef de la justice. Ce conseil a les plus vastes attributions; il assiste l'empereur dans tous les actes du gouvernement. Les procès-verbaux sont rédigés dans les affaires non judiciaires par des secrétaires d'Etat {tiotarii), sous les ordres d'un primicerius notariorum.
L'empereur a une maison civile, qu'on peut regarder comme divisée en deux services : service du palais; service privé du souverain.