‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos joursChapitre 14 sur 180 · I. Code Théodosien, VHI · texte numérisé non relu

I. Code Théodosien, VHI

LA CRISE DE L*EMPIRE AU Iir SIÈCLE 21

fait comprendre que leur résistance à Finvasion n'ait pu être bien efficace.

Outre Fimpôt et le service militaire, le gouvernement impérial impose encore des services : aux clarissimes les fonctions d'Empire; aux curiales les fonctions municipales; d'autres obligations aux corporations. Il ne demande rien aux classes serviles, mais il les atteint indirectement. En échange de tout cela, il donne la paix et la justice. La rançon parait singulière* ment lourde; car cette rançon, c'est l'exploitation du monde.

Transformation dans le pouvoir Impérial. — La crise du ni* siècle a produit des conséquences pour les pouvoirs supérieurs de l'État. A la période du Haut-Empire succède celle du Bas-Empire. Désormais il est presque inutile de faire mention du sénat. Il y a bien encore un sénat distinct de l'ordre sénatorial, où il se recrute, et qui semble ne se composer que do consulaires. Il n'a plus de compétence, sauf en ce qui concerne les jeux, l'élection des consuls suppléants (suffecti), des préteurs et des questeurs, lesquels ont perdu leurs anciennes attributions. Consulté quelquefois par l'empereur sur la décision d'affaires judiciaires, jugeant par délégation les crimes de majesté commis par les hauts personnages, recevant communication des lois nouvelles sous forme de discours de l'empereur, il n'a plus aucun rôle effectif. Le consulat, honorifique, est un prétexte à cérémonies. De même les préteurs, les questeurs donnent des jeux. Tout cela nous pouvons le négliger pour arriver de suite à l'empereur.

Il est ce que la force des choses voulait qu'il devînt : absolu, sans restriction. Les vieilles formes ont disparu pour laisser paraître le maître; les titres des vieilles magistratures se sont effacés. Le maître (ce mot, dominuSy est aussi employé que celui iïimperaior) est une sorte de dieu personnel {j)rœsens et corporalis deus)y vêtu de pourpre, couronné du diadème, représenté avec l'auréole. Son palais, sa chambre, son trésor sont qualifiés de sacrés. Une grande partie de ces attributs divins persiste après le christianisme. L'empereur, chose singulière, n'est pas unique. Depuis Dioclétien, il y a presque constamment deux empereurs : l'un à Rome ou à Milan; l'autre. 4. Nicomédie, puisa

CoDstantinople. En 395 il se fait un partage en Orient et Occident, mais sans démembrement. Il y a la partie d'Orient et la partie dCOccident^ comme disent les textes officiels * : mais il n'y a pourtant qu'un Empire, régi par les mêmes lois, les actes législatifs étant communs. Les constitutions portent le nom des deux empereurs qui sont un seul maître en deux personnes, a qui Ton dit : « Vous, Votre Majesté », parce que Ton parle toujours aux deux en même temps. Lorsqu'il n'y aura plus d'empereur particulier à l'Occident, il n'y aura dans le monde aucun changement; on reviendra seulement à l'unité de la personne impériale. Si cette dignité impériale n'est pas absolument héréditaire, si le sénat est encore censé être consulté, en fait Tempercur désigne son successeur dans sa famille : son fils ou ses fils. L'héritier présomptif est César ^ l'empereur étant Auguste. Il y a bien quelques usurpations de chefs d armée, mais ce sont des exceptions. L'usage de juger les empereurs après leur mort, de valider ou de casser leurs actes, a disparu.

L'empereur a tout le pouvoir législatif. Il a absorbé en lui ce qui en restait au sénat, héritier du peuple. Le pouvoir législatif de l'empereur au temps du Haut-Empire était semblable à celui des anciens magistrats, faisant des décrets valables pour la durée de leur magistrature, n'ayant force de loi qu'après approbation du sénat à leur mort. L'empereur est maintenant la loi vivante {lex animata in terris) ; il fait des lois (leges) avec le seul consentement de son collègue. Il est la source de toute juridiction et de toute justice. Il se réserve de juger toutes les causes qui l'intéressent. Il a tout le pouvoir administratif, nomme et révoque tous les agents. Il a tout le pouvoir financier. L'impôt arrive dans deux trésors : œrarium sacrum^ alimenté par les impôts directs, indirects, d'enregistrement, etc.; œrarium privatutn, alimenté par les revenus des domaines de l'Etat et de l'empereur; mais il est impossible de voir à quoi correspond cette distinction dans la pratique; entre les besoins de l'État et ses besoins privés, l'empereur ne distingue pas. Il a tout le pouvoir militaire. En un mot, il a tout, il est tout.

i. \oiT SUT Xoui ceci là Notitia dignitatum.

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