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Germains, Slaves, Roumains et autres Latin

LES HONGROIS 7i9

exterminée , réduite en servage ou mise en fuite. Quand l'histoire fait de nouveau mention de la Moravie, plusieurs siècles après, elle n'est plus qu'une province de la Bohème.

Invasions hongroises. — Pendant un demi-siècle, les Magyars épouvantèrent l'Europe de leurs dévastations : l'Empire carolingien n'existait plus, l'Empire germanique n'existait pas encore, l'Italie et l'Allemagne étaient divisées et morcelées; dans cet intérim de tous les pouvoirs, la chrétienté tentait la cupidité de tous les coureurs d'aventures. A plusieurs reprises l'Italie fut envahie; des bandes magyares pénétrèrent en Provence, en Lorraine, en Champagne. On prétend que les habitants de quelques villages Hc la Lorraine ont ces Magyars pour ancêtres. L'Allemagne surtout fut effroyablement ravagée. En 907, elle avait subi une terrible défaite, dans laquelle « la race des Bavarois fut presque anéantie ». La domination des Allemands sur la Pannonie fut détruite pour toujours ; leurs colonies à l'est du Wiener- Wald disparurent, et la Marche orientale fut abandonnée aux Magyars. Pendant un demi-siècle, la Germanie presque entière fut ravagée par ces Barbares. Arrêtés devant Mersebourg par Henri de Saxe (933), ils furent enfin écrasés par Otto I" à la bataille du Lech (955). On a souvent exagéré les conséquences de la" bataille de 95S; ce qui est vrai, c'est que les Magyars avaient subi des pertes sensibles. L'Allemagne se réorganisait : ils auraient subi le sort des Huns et des Avars, s'ils n'avaient accepté le christianisme et fondé un véritable Etat. L'œuvre de transformation fut accomplie par Etienne P"" qui, bien plus qu'Arpad, doit être considéré comme le véritable introducteur des Magyars en Europe.

Conversion des Magyars — Quelques missionnaires étaient déjà venus de Byzance; ce fut cependant de l'Occident que les Hongrois reçurent le christianisme. Le zèle des prêtres chrétiens, qui ne voulaient pas abandonner à la perdition les milliers de prisonniers emmenés d'Allemagne, fut appuyé par l'ambitieux évêque de Passau, Pilgrim. Il espérait, en étendant de ce côté le territoire chrétien, justifier ses prétentions au titre d'archevêque. La conversion, préparée par le contact incessant des vainqueurs avec les populations chrétiennes, fut

singulièrement favorisée par le baptême du grand chef Geiza *, dont la domination immédiate comprenait la Hongrie occidentale et qui résidait à Gran. Il avait épousé la belle princesse y fille d'un chef déjà chrétien. Le baptême ne le changea guère, mais il tourna sa cruauté contre ceux qui repoussaient la foi nouvelle. Comme par le pfssé, cependant, il sacrifiait lui-même aux anciennes idoles ' ^^J^}^%ftf\^j ^'^'^^^ , z^\rrfW'}v\\[-i\ j\\vç reproches de son évèque», pour ser\;ir deux divinités. Des relations plus amicales avaient commencé à s'établir avec les princes allemands voisins. Geiza demande la main de Gisèle, sœur du duc de Bavière, Henri HI, pour son fils Etienne (995-1038). Etienne écrasa à Yesprim une insurrection du parti national et paten, et établit solidement le christianisme. Il fonda des cloîtres, des évèchés; Gran fut le siège de l'archevêque métropolitain. D'ordinaire, les Allemands ne voyaient pas sans irritation l'institution d'églises nationales et indépendantes : Etienne sut habilement mettre à profit les tendances mystiques de l'empereur Otton III. En l'an 1000, le pape Sylvestre II, pour le récompenser de son dévouement à la foi catholique, lui envoya la couronne royale : le titre de Majesté Apostolique, que portent les rois de Hongrie, rappelle encore ces origines.

Li'État hongrois; institutions de saint Etienne. ^- Etienne étaitpieux, mais il avait été surtout déterminé à accepter le christianisme par des considérations politiques. Il établit solidement l'autorité monarchique ou, plus exactement, il fit véritablement une monarchie de ce qui n'était auparavant qu'un haut commandement militaire. Il créa l'unité nationale, en soumettant le pays tout entier à des lois communes et à une administration semblable. Beaucoup des lois d'Etienne sont textuellement copiées des lois germaniques, mais d'autres aussi révèlent l'influence exercée sur les Hongrois par les Slaves au milieu desquels ils s'étaient établis. Le pays est divisé en comtés {comUats), dont le centre est le château royal et dont le chef est un comte, ispan (du mot slave joupan). Le roi, chef suprême de l'Etat et muni de pouvoirs très étendus, est

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