‹ Histoiree générale du IVe siècle à nos joursChapitre 163 sur 180 · Tunisie et Algérie · texte numérisé non relu

Tunisie et Algérie

royauté se perpétua. De môme, la Sicile eut ses émirs héréditaires, les Beni-Kelb, qui résidaient à Palerme et. qui guerroyaient sans cesse contre les empereurs allemands, les Grecs, les villes maritimes dltalie, cherchant à prendre pied dans la péninsule. L'Afrique et la Sicile devinrent donc comme des principautés annexes, qui tendirent à s*isoIer de plus en plus; Faction directe des successeurs de Moczz se restreignit àTEgypte et aux pays immédiatement limitrophes.

Les khalifes d*Egypte gouvernent comme ceux de Bagdad et de Cordoue : c'est le même personnel d'administration, le même système d'impôts, la même politique de tolérance à l'égard des non-musulmans, excepté toutefois, sous Hakam, à l'égard des Juifs. L'ai'mée, qui avait fait avec le général Djouher la conquête de l'Egypte, était composée de Berbères. Moezz et ses successeurs continuèrent d'en avoir à leur solde. On trouve encore des Berbères Ketania dans l'armée de Mostancer, près d'un siècle après Moezz. Les Fatimites eurent aussi des troupes nègres, des mercenaires turcs et plus rarement des Syriens ou des nomades arabes. On ne voit pas qu'ils aient demandé des soldats à l'Egypte.

Démembrement des khalifats. — La puissance fatimite est dans son plein à la fin du x° siècle, sous Moezz (935-975) et sous son fils El-Aziz (975-996). Le règne de Hakam' (996-1 021) fut une crise de tyrannie religieuse ; il malmena ses sujets musulmans, frappant tantôt sur les orthodoxes, tantôt sur les ultra- Chiites *. Mais les chrétiens et les Juifs surtout eurent à souffrir de son intolérance : les lois qui leur imposaient un costume distinct furent remises en vigueur; on édifia sur le toit de leurs temples de petites mosquées d'où le muezzin annonçait, la prière; plus tard on démolit tout simplement les églises et les synagogues. Tout à coup le khalife se convertit à de nouvelles croyances : il abolit presque toutes les pratiques du culte musulman, proclama qu'il était l'incarnation de la divinité. Seize mille habitants du Caire signèrent une déclaration par laquelle ils le reconnaissaient Dieu. Quand il disparut, en 1021,

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