LÀ GRISB DE L*EMPIRE AU IIP SIÈCLE
à la chambre sacrée, maître des offices, questeur du palais sacré, comte des largesses sacrées, comte des affaires privées) et les comtes et ducs de la garde. Ensuite viennent les spectabiles : officiers qui ne sont pas chefs de service (primiceritis sacri cubiculi, primicerius nolarioî'um, magistri scriniorum)^ chefs de la chancellerie, gouverneurs des grandes provinces, vicaires, comtes et ducs. Puis les clarissimi : sénateurs sans fonctions, gouverneurs de province. Enfin les titres inférieurs de perfectissimi et egregii étaient donnés à des fonctionnaires plus modestes. Le rang acquis par ces fonctions se conserve après qu'on est sorti de charge et passe dans la famille : de là cette formation de classes sociales de fonctionnaires. Toute cette hiérarchie participe au caractère sacré de l'empereur qu'elle sert : elle est dite sacro-sainte.
Les fonctionnaires sont en service régulier (m a^itu j^ositi) ou extraordinaire (vacantes). Quand ils ont quitté le service, ils sont honoraires (honorarii). Il y a de plus des titres honorifiques spéciaux : i^patrice (palricius), dignité personnelle accordée depuis Constantin à ceux qui ont rempli de grandes fonctions; c'est une dignité très haute, sans attribution directe ; 2'' comte (cornes) y titre donné comme distinction à des fonctionnaires civils et militaire, il y a trois ordres de comtes depuis Constantin. Patrices et comtes joueront un grand rôle au v*' siècle.
Les fonctionnaires impériaux reçoivent leurs délégations selon des règles nouvelles : : 1"* ils ne sont pas les délégués de tout le pouvoir impérial ; 2* ils n'exercent pas ce pouvoir complet (imperium) délégué pour une région déterminée; ils ont des pouA'oirs d'une certaine nature : militaire, judiciaire, financière. Il y a sept ordres de fonctionnaires entièrement distincts : administration et justice, finances divisées en deux ordres (sacra? largitionesy res privatœ), armée, législation, service du palais, service privé de l'empereur. — 3** Le fonctionnaire n'est plus directement en communication avec l'empereur: il faut passer pour chaque service par une hiérarchie qui aboutit à un chef de service, lequel est en rapport avec le souverain.
Voici comment se groupent les services :
Les préfets de la Ville et du prétoire (prwfecti Urbi, prœfecli
prsetorio) sont comme des ministres de Tintérieur administrant chacun une partie de TEmpire; ils dirigent l'administration et la justice. Il y a un préfet de la Ville pour chaque capitale (Rome, Constantinople) et deux préfets du prétoire dans chaque Empire. Ce sont les préfets du prétoire de Gaule, Italie, lUyric, Orient. Au-dessous de chacun est une hiérarchie à ses ordres : les vicaires et leurs subordonnés, qui sont les gouverneurs.
Le préfet du prétoire surveille les gouverneurs, leur transmet les ordres du pouvoir central, reçoit les appels de leurs jugements, dirige les services d'intérêt général comme les postes. Le gouverneur, agent essentiel, rend la justice dans le chef-lieu de la province {metropolis); c'est sa principale affaire; il transmet aux cités les ordres du pouvoir; il doit les visiter; sa surveillance et son autorité pèsent chaque jour plus lourdement sur ce qui leur reste de liberté.
Pour l'administration des provinces, les cadres se sont compliqués en se perfectionnant. Le principal est toujours la cité, mais ses curiales sont devenus des agents financiers, des percepteurs de l'empereur. En Gaule, entre le Rhin et les Pyrénées, il y a 120 cités, beaucoup plus qu'au temps de Strabon, car il s'est fondé des villes nouvelles.
Au-dessus de ces cités, plus nombreuses et plus petites, est IvL province; elle aussi est plus petite. Dans chaque province est un agent de l'empereur, le président (prœses), chargé de lever les impôts et de rendre la justice. Quelquefois ce gouverneur porte les titres anciens de proconsul, consulaire, correcteur. Il y a au iv* siècle 108 provinces (au lieu de 47), auxquelles il faut ajouter les 12 régions italiennes. La Gaule, qui n'avait que six provinces, en compte maintenant 17. Au-dessus des provinces sont les diocèses ou vicariats, division nouvelle. Ily a 14 vicaires, dont chacun est le chef hiérarchique des présidents et le subordonné du préfet du prétoire.
Les quatre chefs des services civils sont :
1** Le maître des offices, qui est aussi le chef de l'armée;
2** Le quœstor sacri palatii, qui prépare les lois et joue, dans une certaine mesure, le rôle d'un ministre de l'intérieur;
3® Le comte des largesses sacrées {cornes sacrarum largitionum)