CHAPITRE I
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L'invasion des Barbares et le démembrement de TEmpire romain ont mis fin à la civilisation antique et inauguré la période dite du moyen âge, qui forme la transition entre Tàge ancien et Tàge moderne.
Cette période de Thistoirc a été Tune des plus fécondes : c*cst alors que se forment les nations de TEurope nouvelle; que s*élaborcnt des institutions dont l'antiquité n avait aucune idée; que se crée une civilisation très différente de la civilisation gréco-romaine, mais qui, à certains égards, ne lui est point inférieure.
Les débuts du moyen âge furent marqués par le mélange ou plutôt la confusion d'idées et d'usages romains avec des idées germaniques, par le désordre dans les mœurs et dans les lois. Au-dessus de ce chaos persistèrent deux influences : le souvenir de l'unité romaine, de l'Empire, et l'Eglise en qui fut d'abord l'unité du monde moderne.
L'histoire du moyen âge commençant par l'établissement de royautés germaniques sur terre romaine, il faut savoir d'abord ce qu'étaient la terre romaine avant l'établissement des Barbares, les Barbares avant leur établissement sur la terre romaine.
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/. — U Empire romain jusqu'au IIP siècle.
Le pouvoir impérial. — Toute la région que baigne la mer Méditerranée, l'Europe occidentale et méridionale jusqu'à la mer du Nord et au Danube, l'Afrique septentrionale jusqu'au désert, l'Asie occidentale jusqu'à l'Euphrate, obéissaient à l'empereur {imperator, princeps, Cœsary Augustus). Il y était maitre absolu, sa volonté faisait loi.
Fustel de Coulanges a fort bien montré comment ce pouvoir absolu des empereurs est une conséquence naturelle de l'organisation romaine. Le principe fondamental du droit public a été de tout temps à Rome la souveraineté absolue de l'Etat. Les institutions ont eu pour objet non la liberté, mais l'obéissance des hommes. Ces règles ont régné sur l'esprit romain aussi bien avant César qu'après lui. Même sous la république, le pouvoir suprême était exercé par quelques personnes à qui l'Etat déléguait sa puissance; entre leurs mains l'autorité était absolue, complète, sans limites; la magistrature n'était pas une Tohction, elle était un pouvoir. On l'appelait d'un mot expressif : imperium (commandement).
Lorsqu'au lieu de plusieurs délégués il n'y en eut plus qu'un seul, l'empereur, concentrant en ses mains toute l'autorité, il se trouva maitre absolu. Les circonstances historiques ayant détruit l'ancienne constitution romaine, des pouvoirs multiples «et mutuellement pondérés furent remplacés par un pouvoir unique et sans limites. Quelques formes du passé avaient subsisté, respectées par Auguste, le fondateur du nouveau régime. L'empereur prince absolu, — voilà le fait, — a été comme l'héritier des anciennes magistratures, — voilà la forme. Ce respect de la forme créa une équivoque, aggrava les regrets des partisans du passé. Le plus grave inconvénient fut l'incertitude pour la transmission du pouvoir qu'on n'avait pas osé rendre héréditaire : de là une perpétuelle inquiétude de l'empereur. Dans la seconde période qui commence à la fin du in° siècle et à laquelle on applique le nom de Bas-Empire, les