‹ Histoires à l'enversChapitre 18 sur 28 · SCÈNE VIL LE COMTE, LA BARONNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL LE COMTE, LA BARONNE

^ LE COMTE, sduant la baronne.

C'est bien madame la baronne d'Ëricourt que j'ai rhonneur de saluer ?

LA BARONNE, SOiuant.

Elle-même. (Inierrogeant.) M. le comte de Surville?

LE COMTE

Oui • madame.

LA BARONNE, à part.

C'est bien lui, toujours sérieux, distingué.

LE COMTE, à part.

Elle est charmante I soyons indifférent comme un étranger.

LA BARONNE, à part.

C'est qu'il ne me reconnaît pas ; que va-t-il me dire?

LE COMTE, haut.

Me pardonnerez-vous , madame, d'avoir avancé l'heure de ma visite?

LA BARONNE

C'est moi, monsieur, qui suis désolée de vous avoir fait attendre.

APRÈS L^ORAGË VIENT LE BEAU LEMPS. 287

LE COMTE

Je sais attendre, madame.

LA BARONNE

C'est un mérite qui devient rare.

LE COMTE

D'ailleurs, la solitude me plait beaucoup.

LA BARONNE

Je m'en suis aperçue.

LE COMTE

Est-ce un reproche?

LA BARONNE

Conunent donc I . . . Entre voisin son agit sans façons, et puis... à la campagne.

LE COMTE

Je craignais d'être indiscret.

LA BARONNE

Comment, indiscret?

Vous devez être assiégée de visites, si tous vos admirateurs du bal de la préfecture ont sollicité le bonheur de vous revoir.

La BARONNE.

Vous étiez à ce bal, monsieur? c'est singulier, je lie vous y ai pas yu^.. (A part.) Si je disais la vérité^ je lui donnerais trop d'amour-propre.

LE COMTE

Étranger dans ce pays, je n'aurais pas eu le bonlleUr d'attirer votre attention. Une jolie femme n*n pasdere^ gards pour tout le monde:

i88 APRÈS L'ORAGE VIENT LE BEAU TEMPS.

Page 1