‹ Histoires de villageChapitre 1 sur 16 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

et en os dans leur costume national. Seulement, en passant par le creuset de l’art, ils ont pris certains contours de mon idéal, et ils portent l’empreinte de mon esprit *.

Connaissant mon origine, la critique, pour se rendre la tâche facile et parfois sans m’avoir lu, m’a reproché ma forme germanique.

Un mot d’explication; je dis explication, mais nullement justification.

Avant 1830, l’Alsace francisée a produit des soldats, des magistrats, des législateurs, des professeurs, mais pas un Alsacien jusqu’alors n’avait osé s’aventurer dans la littérature française.

Or, si la pensée philosophique est universelle, la langue et la poésie seules constituent ce qu’on appelle : Patrie!

De bonne heure j’ai eu la conscience de cette

1. Mon premier essai a été fait en français, à l’école primaire île Marmoutier. En 1834, j’ai envoyé de Francfort une histoire de village à un auteur de Paris, mort depuis, et qui ne m’a jamais répondu. En 1836, j'ai écrit Stasi en allemand. Ce conte, après avoir voyagé pendant deux ans de journal en journal, toujours refusé, fut inséré en 1838 dans le Télégraphe. Encouragé par le succès, j’ai publié coup sur coup Frony et Gertrude , qui ont paru en 1840. Depuis, je n’ai plus rien écrit en allemand. Selmel a paru dans le Corsaire en 1845. Mes Histoires de village, publiées en 1850, diffèrent de l’allemand et par le fond et par la forme. Léns et Lory, Braendel et Kella, n’ont jamais été réunis en volume.

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