‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 53 sur 71 · Biklerdîik». Luae · texte numérisé non relu

Biklerdîik». Luae

DE LA RÉPUBLIQUE AUX PAYS-BAS 3&a

qui ont protesté contre }a résolution Iranchaotô, et qiiii prennent parti pour les persécutés et cassent les arrêts des magistrats, les plaintes des prédicants^ les cris da peuple qui partout se soulève, arbore la couleur orangé^ appelle à son secours le fils de Guillaume et Tadjure de sauver la patrie, arrachent le sftadhouder à son inaction. Une réunion des arminiens à Utrecht, où Barneveldi» Uytenbogaert, Hoogerbeets, et d'autres hommes des plus considérables de la république, concertent les moyens de hâter la levée des waertgelders, précipite l'événement.

Autant Maurice est lent à prendre une décision, an-tant sa volonté éveillée est prompte et hardie. Sans rien dire à personne, contrairement à l'usage qui veut que le stadhouder ne s'éloigne pas du siège du gouvernement sans l'agrément du conseil ou des Etats, il quitte de nuit La Haye, emmenant avec lui son jeune frère Frédéric- Henri, que les arminiens s'étaient vainement flattés de gagner à leur cause, et, suivi de deux régiments, il court à la Brille.

Malgré les représentations des magistrats, il y entre avec sa troupe (29 septembre), ne doutant pas de l'appui du peuple, à qui l'on a fait accroire qu'un eomplot vient d'être découvert, dont Barneveldt est l'auteur et qui livré la ville aux Espagnols. Sous les yeux de la régence intimidée, il établit par sa seule présence Tomni-^ potence du pouvoir militaire. Encouragé par ce facile succès, Maurice croît pouvoir le poursuivra. Il éprit aqx

régences des villes de Hollande pour protester contre la levée des waertgelders, attentatoire à ses droits. Il les exhorte à s'unir aux cinq provinces qui demandent le synode*.

Mais rinfluence d'Olden Barneveldt l'emporte encore en Hollande sur le prestige du stadhouder. Loin de se ranger à Tavis de Maurice, les neuf villes principales se liguent entre elles. Elles signent, avec les provinces d'Utrecht et d'Over-Yssel, une sorte d'union secrète par laquelle elles s'engagent mutuellement à maintenir contre la généralité le droit provincial. Par un acte attribué à Barneveldt, elles protestent ensemble, et comme si elles formaient un corps séparé, contre la résolution des Etats-Généraux, qui viennent de lancer des lettres de convocation pour la tenue du synode à Dordrecht. Voyant cela, Maurice perd tout scrupule. Autorisé par une résolution prise antérieurement dans rassemblée des Etats-Généraux^, il décide de se rendre en personne dans les villes récalcitrantes pour y rétablir l'ordre.

Gomme il n'oserait affronter tout d'abord l'esprit de résistance de la province de Hollande, il va en premier lieu à Nimègue, où se font en ce moment même les élections. Là, il a plus d'apparence de droit, s'étant réservé, lors de la réduction de la ville en 1591, la faculté de nommer les magistrats pendant toute la durée de la guerre; et, pour appuyer ce droit, devenu douteux

1. Selon l'Union d'Utrecht, Je vote unanime des provinces était nécessaire pour la convocation légale d'un synode national.

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