‹ Histoires des commencements de la république aux Pays-Bas, 1581-1625;Chapitre 69 sur 71 · MiGHELET · texte numérisé non relu

MiGHELET

que le prince d'Orange, très-susceptible en ce qui touchait rhonneur militaire, mais au fond très-peu soucieux de porter le fardeau des affaires publiques, n'eût jamais conçu fortement le dessein qu'on lui prêtait, et qui lui avait été suggéré par la France d'abord, plus récemment par l'Angleterre \ il ne poussa pas sa victoire sur Barneveldt jusqu'à ses conséquences extrêmes. Le pouvoir qui était dans ses mains, il ne s'en servit pas, comme on s'y était attendu et comme le devait faire croire sa persistance à poursuivre la mprt de son adversaire pour s'emparer d'un titre nouveau ; on ne le vit prendre aucune initiative. S'il intervint dans les affaires de l'Église et de l'État, ce fut pour tempérer l'esprit de persécution et pour mettre un terme à ce qu'il appelait dédaigneusement les misères et les sor^ nettes de la théologie militante^.

Bientôt Texpiralion de la trêve le ramène sur le champ de bataille; il y retrouve Spinola, le glorieux rival de sa glorieuse jeunesse dont il avait pu dire, sans trop étonner Topînion, qu'il était le second capitaine de son siècle\ C'était là, vers le renom des armes bien plus que vers l'éclat du souverain pouvoir, que le portaient ses ambitions véritables. Mais la fortune distraite, ou ses esprits fatigués ne secondèrent plus son génie. La

1. Jeannin, Négociations; BuikiiyKh, Corresponàanee ; Carleton.

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