‹ Histoires normandes Alphonse KarrChapitre 3 sur 37 · ONE PIÈCE DE CINQ FRANCS · texte numérisé non relu

ONE PIÈCE DE CINQ FRANCS

Une bouteille d’A'i, une bouteille d’esprit et de gaieté, une bouteille d’insouciance, une bouteille d’illusions.

TROIS PIECES DE CINQ FRANCS, à l' unisson.

Un beau bouquet pour la femme que l’on aime, des camellias rougescomme ses lèvres. Le bouquet, entre tous ceux qu’on lui a envoyés le matin, sera préféré, soigné, conservé, et le soir du bal on le tiendra à la main : les rivaux seront furieux. Et en sortant, au moment où on cachera de belles épaules sous un manteau de moire grise, on rendra à l’heureux son bouquet, sur lequel il aura vu, pendant le bal, appuyer une bouche charmante; et le baiser, il va le chercher toute la nuit sur les pétales de rubis des camellias.

un louis d’or

La discrétion de la femme de chambre de celle que tu aimes; la femme de chambre elle-même, si tu veux, si elle est jolie; un dîner avec un camarade que l'on n'a pas vu depuis longtemps, et que l’on rencontre sur le boulevard, marchant dans l’ombre pour que le soleil ne trahisse pas les coutures blanchies d'un habit trop vieux; les souvenirs de l’enfance au dessert, la jeunesse, les illusions, la gaieté, le souvenir des premières amours.

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