‹ Histoires normandesChapitre 3 sur 38 · UNE PIÈCE DE CINQ FRANCS · texte numérisé non relu

UNE PIÈCE DE CINQ FRANCS

Une bouteille d'Aï, une bouteille d'esprit et de gaielé, une bouteille d'insouciance, une bouteille d'illusions.

TROIS riÈr.ES DE CINQ FliANCS, à lunisson.

Un beau bouquet pour la femme que Ton aime, des camellias rouges comme ses lèvres. Le bouquet, entre tous ceux qu'on lui a envoyés le malin, sera préféré, soigné, conservé, et le soir du bal on le tiendra à la main : les rivaux seront furieux. Et en sortant, au moment où on cachera de belles épaules sous un manteau de moire grise, on rendra à l'heureux son bouquet, sur lequel il aura vu, pendant le bal, appuyer une bouche charmante; et le baiser, il va le chercher toute la nuit sur les pétales de rubis des camellias.

UN LOUIS d'or

La discrétion de la femme de chambre de celle que tu aimes; la femme de chambre elle-même, si tu veux, si elle est jolie; un dîner avec un camarade fjue l'on n'a pas vu depuis longtemps, et (j[ue l'on rencontre sur le boulevard, marchant dans l'ombre pour que le soleil ne trahisse pas les coutures blanchies d'un habit trop vieux; les souvenirs de l'enfance au dessert, la jeunesse, les illusions, la gaieté, le souvenir des premières amours.

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