‹ Histologic genérale; étude critique sur Virchow et La pathologic cellulaireChapitre 6 sur 6 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La patholog'ie cellulaire n'est qu'une tentative d'explication des maladies, par la vitalité des éléments fîg^urés de l'org^anisme. C'est un écho lointain et affaibli du solidisme de Broussais, moins la log*ique et rintellig^ence médicale du réformateur français.

Gomme Broussais, Virchow explique tous les phénomènes patholog^iques par Virritation^ seulement il remplace l'irritation des org^aneset des tissus, par Y irritation de la cellule; l'élève comme le maître nient les maladies, et si Virchow ne déclame pas continuellement contre X ontologie^ il reste, comme Broussais, dans l'explication par la physiolog^ie des phénomènes morbides, sans s'élever jamais à l'idée de maladie, c'est-à-dire à l'idée d'un état contre nature, un et défini, ayant sous sa dépendance immédiate un ensemble de symptômes et de lésions auxquels il communique une empreinte et un caractère propres; en sorte que chaque maladie est distincte de toute autre et constitue une espèce par analog*ie. Gomme doctrine g'énérale, la patholog'ie cellulaire n'a donc aucune valeur.

Les contradictions incessantes, les explications insensées, les affirmations sans preuve, les hypothèses, le mépris de la méthode expérimentale reviennent presque à chaque pag^e au secours d'une doctrine stérile et impuissante, et le niveau inférieur des intellig'ences ri^^ dicales à notre époque, joint à l'ensorcellement d'un faux positivisme, peuvent seules expliquer la vj^ritable autorité accordée au physiolog*iste prussien.

Considérée comme anatomo-pathologiste^ Virchow a un vrai mérite ; par des recherches minutieuses et mul-

- 9i -^ tipliées, il est arrivé, xnalg^ré les doctrines générales les plus fausses, à des vérités de détails qui marqueront sa place et dans Thistolog^ie et dans l'histoire des lésions. Il a ramené la microg^raphie à un rang plus modeste et plus vrai, en signalant ses incertitudes (1), et en démontrant son insuffisance pour le diagnostic (2); il est arrivé pour les néoplasies à des lois qui eussent été complétementvraies, si son esprit n'av6Ût pas été obscurci par les préjugés du solidisme.

Nous avons signalé, au courant de notre examen, les nombreux points de contact qui existent entre les lois d'anatomie pathologique, formulées, il y a plus de trente ans, par J.-P. Tessier, et la plupart de celles exposées par Virchow, dans sa Pathologie cellulaire; nous n'accusons pas le physiologiste prussien de plagiat, mais nous sommes étonné qu'en sa qualité d'Allemand, il n'ait jamais lu sinon les travaux originaux de J.-P. Tessier, au moins les critiques que ces travaux ont soulevées, ouïe développement et les controverses soutenues par ses élèves ; toujours est-il qu'il est fort curieux de voir l'école française accepter avec enthousiasme des vérités dont elle fait honneur à Virchow et qu'elle a combattues avec acharnement tant qu'elles n'ont été soutenues que par des médecins élevés dans son sein. Ceci nous rappelle une anecdote arrivée à un des généraux français, qui combattait à Sébastopol. Grand amateur d'horticulture, ce militaire s'était épris pour . beatix arbres verts qui ornaient les jardins de la ville ^^iégée; il obtint à grand' peine l'autorisation d'en- Çr, à travers mille obstacles, un parlementeûre au gtmeral russe, pour lui demander quelques graines de

(1) Chaq le jour apporte de nouvelles dëcouverteH, mais aussi de.nou* veaux doutes sur la valeur des découvertes antérieures. Y a-t-il quelque chose de positif en histologie? demande-t-on ; y a-t-il un point sur lequel tous les les observateurs soient d'accord ? Il n'y en a peut-être pas un. (Virchow, p. 3.)

(2) Voir le diagnostic du cancer, de la piohémie.

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