LIVRE II. — CHAPITRE lY
autres écrivains, que, sous la première race de nos rois , la monnaie avait à peu près la même valeur que celle de l'empire romain depuis Constantin. Le sou d'or était le solidum rotnanum, qai équivalait à quarante deniers d'argent , lequel pesait, l'un portant l'autre, trente grains. Ce fut Charlemagne qui, le premier, changea Fancien numéraire romain , en instituant un denier de vingt à l'once , à la place du denier ou drachme du sixième de ce poids , « à Teffet de quoi , dit Germain Garnierj il partagea la livre en vingt soHdçs, ou cylindres, ou sous d'argent ^ dans chacun desquels il fit tailler douze deniers, c'est à dire autant de deniers que la livre contenait d'onces. »
On voit dansGiulini, que ces changemens s'opérèrent aussi en Lombardie , par suite de la conquête des Francs.
On voit aussi , dans le même auteur, qu'en Lombardie , outre ces monnaies réelles d'or et d'argent, on se servait, comme en France, dans les calculs, d'une autre dénomination.
On s'exprimait souvent en monnaie de comp-r ^y monnaie fictive ou irféate , selon l'exprès- ^^on de Montesquieu (1), et qui n'était, comnie^
(1) Esp. des Lois, liv. xxii, chap. nu
aujourd'hui y qu'une manière de compter.
« Pendant deux siècles, dit Voltaire (1), les » monnaies restèrent sur le pied où Gharlemagnc » les avait mises ; mais petit à petit les rois i y> dans leurs besoins y tantôt chargèrent le son » d'alliage 9 tantôt en diminuèrent le poids , de » sorte que, par un changement qui est presque » la honte des gouvernemens de l'Europe, le sou » d'argent , qui était autrefois ce qu'est à peu » près un écu , n'est plus qu'une légère pièce » de cuivre avec un onsûèine d'argent tout au » plus ; et la livre, qui était le signe représen- D tatif de douze onces d'argent , n'est plus es » France que le signe représentatif de vingt » de nos sous de cuivre. Le denier , qui était b » deux cent vingt-quatrième partie d'une livn » d'argent , n'est plus que le tiers de cette vili » monnaie qu'on appelle un liard. »
La connaissance des variations qu a subies I< prix de l'or et de V argent à diverses époques étant indispensable dans l'étude de l'histoin pour apprécier, le plus exactement possible, le forces des peuples , leurs richesses , leur commerce et leur économie , on a beaucoup écrii sur ce sujet.
(1) Hisl. gnlir.,c\\^\ xv.