LIVRE 11. — CHAPITRE IV
cadre que nous nous sommes tracé, si nous recherchions cette dépréciation relativement à des choses d'une nécessité moins rigoureuse, moins surveillée par le gouvernement, enfin à des objets de luxe.
Poids et Mesures. — La loi cent onzième de Charlemagne ordonnait l'emploi des mêmes poids et des mêmes mesures dans toute Tétendue de l'empire.
Malgré ce décret , les diverses contrées de la
liOmbardie , nous dit Giulini , ne tardèrent pas
à reprendre leurs anciens erremens ou plutôt
elles n'y renoncèrent jamais ; elles ne firent en
cela qu'imiter ce que faisaient les Francs eux-*
n^êmes dans les Gaules.
Cet abus devint tel , que non seulement les villes , mais les bourgs et les villages finirent , ^u grand détriment du commerce, par avoir des poids divers et leurs mesures particulières c Les pinds et les mesures ont conservé de nos }ours, en Lombardie, à quelques légères subdivisions ou altérations près , les mêmes dénomi-^ nations, emplois et capacités déterminés par les lois et règlemens du ix^ siècle.
Comme aujourd'hui :
Le JM|/û et la jyertica étaient la mesure linéaire ;
Le fascio ou centenajo et leurs divisions ser valent à peser les objets volumineux et encombransy tels que le bois^ le foin^ la paille, etc.
Le stajo était la mesure de capacité pour le liquides : seulement la Lombardie a , de nos jours j une mesure trois fois plus forte que h stajo j que l'on appelle la brenta, et dont le stcgi n'est plus qu'une division ;
Le moggio est encore la plus forte mesim pour les grains et le charbon.
Mais ces poids , mais ces mesures continuent, comme autrefois, à recevoir une application différente , quoique sous les mêmes dénominations, dans les diverses villes de la Lombardie. Là et ailleurs un tel état de choses , profitable aux ruses de l'industrie et nuisible au développement loyal des relations commerciales de province à province et de peuple à peuple , aura un terme tôt ou tard. Seulement, pour la complète réussite de cette grande entreprise, il faut, chei les gouvernans, de la patience et une grande longanimité contre les obstacles incessamment suscités soit par la routine , soit par l'appât de gains frauduleux.
Les idées d'uniformité, quand on veut les appliquer indistinctement à tous les peuples, sans égard k leurs lois, à leurs plus ou moins