‹ Histore de la conquête de la LombardieChapitre 111 sur 380 · LIVRE III. — CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE III. — CHAPITRE l

L'empereur avait eu un fils de Judith , sa seconde femme.

Les historiens s'accordent presque tous à dire que^ trop faible pour Hermengarde, il le fut pour Judith , qui ne pouvait se résoudre à voir sans diadème le seul des quatre enfans de l'empereur qui fût né d'elle ; qu'obsédé par sa nouvelle épouse , l'imprudent monarque osa revenir sur le partage fait à ses trois fils aînés y partage confirmé par ses sermons , par ceux de ses fils et par le serment de ses seigneurs ; enfin que Is^ foi promise et reçue y ce premier rempart de toute autorité , surtout de celle qui ne sait pas ^^^er de la puissance du glaive y fut violée par l^ souverain lui-même. Les royaumes donnés ^Urent démembrés y affaiblis pour faire une part ^U jeune Charles. Le désordre fut dans la famille ^t la confusion dans l'État.

Ce fut im malheur sans doute , une imprudence, im fâcheux oubli de certaines formes comi^ixandées par la sagesse et par la force des choses ; mais nous hésitons à appeler injustice cet ^cte de Louis , qui ne tendait qu'à faire participer un quatrième enfant aux faveurs départies à ses trois frères aînés ; nous hésitons à appeler lin parjure la modification apportée à des enga- ^^ïHens que la naissance d'un nouveau fils chan-

332 PHEMIÈUE ÉPOQUE.

geait de nature et soumettait y selon les lois de Téquité , à une nouvelle appréciation.

Quoi qu'il en soit , les fils aînés de Tempereui en appelèrent au clergé qu'ils investirent de droits inouïs jusqu'alors. Agobard, embrassant avec feu la cause de ces jeunes rois j rappelle â Louis-le-Débonnaire les partages antérieurs, la sainteté des sermens qui les ont cimentés y et la punition réservée aux parjures ; vainement il s'efforce d'invoquer les droits de Lothaire, couronné empereur et roi à Rome, et à qui Toi enlève, pour la formation de ce nouvel État, le passages les plus commodes et les plus impor tans dans les Alpes : le vieil empereur se mon tre inflexible.

Lothaire avait plus de griefs à reprocher e était plus aigri que Louis et Pépin ; et cepen dant j soit que l'artificieuse Judith parvînt à 1 gagner par l'espérance de faire prévaloir so: crédit dans le gouvernement général, sur cek de ses frères ; soit que le jeune roi de Lombar die, voyant se former un orage , voulut pruden ment le laisser éclater loin de lui, et se tenir pr^ à en exploiter les suites sans en affronter le périls, il fut sourd à la voix de ses frères d Bavière et d'Aquitaine qui l'appelaient aux ar mes.

Page 1